L'une des principales croyances de John Wesley était la sanctification intégrale du croyant.[1] Wesley prêchait qu’il était possible d’obtenir un cœur purifié par le biais d’une vie d’abandon à Dieu et de la foi en ses promesses. Il affirma que l’ordre de Jésus dans Matthieu 5:48 impliquait une promesse pouvant être reçue par la foi. Grâce aux efforts des Wesley et des prédicateurs méthodistes, ce message s'est rapidement répandu dans le monde entier.
Après la mort de Francis Asbury en 1816, le méthodisme entra dans une phase de mutation. Les changements étaient subtils, progressifs, jusqu’à ce que les églises méthodistes ne mettaient plus l’accent sur la doctrine de la sanctification intégrale. Même si le méthodisme ne renonça pas à la doctrine de la perfection chrétienne, elle n’était pas souvent le thème principal des sermons des pasteurs ni le principe directeur du mode de vie des laïcs.
Date (A.D.)
Event
1837
Timothy Merritt et Phoebe Palmer enseignent l'entière sanctification
1865
Fondation de l'Armée du Salut
1867
Première réunion de camp de la National Holiness Association
1874
Robert et Hannah Smith ont prêché la sainteté en Angleterre
1908
Fondation de l'Église du Nazaréen
Quatre facteurs ont contribué au détournement de l’attention des méthodistes du XIXe siècle sur la doctrine de la sanctification intégrale du croyant. Les facteurs qui ont liquidé le message de la sainteté sont les suivants:
Le succès économique. La situation économique de nombreux méthodistes du XIXe siècle était très enviable. Ils vivaient comme s'ils n'avaient pas à compter entièrement sur Dieu.
Le prestige. Les églises méthodistes voulaient être respectables. Elles combattaient la manifestation émotionnelle dans le culte et s’évertuaient à soigner leur image aux yeux de la communauté.
L’idéologie libérale. Au XIXe siècle, de nombreux pasteurs et érudits méthodistes se réclamaient du courant théologique libéral allemand. En outre, l’émergence de la haute critique projetait une ombre sur la pertinence des doctrines fondamentales des Écritures.
La perte de vision. Alors que les méthodistes cherchaient à résoudre des problèmes internes, le mouvement s’engouffra dans la stagnation et la stérilité. Aucune nouvelle vision pour l'avenir du méthodisme n’était à l’ordre du jour.
Outre ces quatre problèmes, la guerre civile ravageait les États-Unis. Le pays était divisé sur de nombreuses questions, notamment sur le droit des États et la pratique de l’esclavage. L'église méthodiste épiscopale ne parvenait pas à trancher sur ces questions et, en 1844, la dénomination se scinda en deux : les églises méthodistes nord américaines et les églises méthodistes du sud.
En dépit de ces problèmes, et comme d’habitude, l’Esprit de Dieu était à l’œuvre dans le cœur des hommes et des femmes. Il y alluma les flammes du mouvement de la sainteté pendant cette période. La présente leçon étudie cette période de l’histoire de l’Église marquée par une passion pour la sanctification et la pureté du cœur malgré les obstacles rencontrés par la dénomination méthodiste.
►Après analyse des quatre problèmes ayant causé le détournement de l’attention des méthodistes sur la doctrine de la sanctification intégrale au XIXe siècle, répondez aux questions suivantes:
Lequel (ou lesquels) de ces problèmes voyez-vous dans votre société?
En quoi ce problème affecte-t-il l'église et son intérêt pour la sanctification intégrale du croyant?
[1] Ce chapitre se base entièrement sur les travaux du Rev. Robert Booth, éditeur de God’s Missionary Standard.
La diffusion de la doctrine de la perfection chrétienne aux États-Unis (1835-1858)
Les origines du développement du message
Le 21 mai 1835, à New York, Sarah Lankford fit l’expérience d’une purification du cœur. Elle était en charge des réunions de prière dans deux églises méthodistes à New York. Dès août 1835, elle organisa ces réunions de prière dans une pièce de sa propre maison.
Ces réunions de prière se firent connaitre à New York sous le nom de réunions du mardi pour la promotion de la sainteté. Phoebe Palmer, la sœur de Sarah, fit égale-ment l’expérience de la sanctification complète pendant qu’elle assistait à ces réunions en 1837.
Phoebe Palmer et son époux Walter, médecin, allaient bientôt animer ces réunions en compagnie des centaines de personnes avides d’une vie sainte. Les réunions du mardi sont devenues la principale source d'inspiration pour la diffusion du message de la perfection chrétienne au milieu du XIXe siècle.
En juillet 1839, le révérend Timothy Merritt inaugura un magazine intitulé Guide de la perfection chrétienne. Dans l'éditorial principal, Merritt exposa l'objectif du maga-zine puis posa cette question: «Que faire pour relancer l'œuvre de sainteté dans l'Église?»
Le Guide de la perfection chrétienne joua le rôle de catalyseur dans la diffusion du message de sainteté à travers les États-Unis. Dans ce périodique mensuel, Merritt incluait des témoignages sur la sanctification intégrale, publiait des textes sur le message de la sainteté écrits par d’autres auteurs et faisait de la promotion pour des événements liés au mouvement de la sainteté. C'était un magazine consacré à la diffusion du message de la sainteté.
Personnalité chrétienne à connaître Phoebe Palmer (1807-1874)
Phoebe Palmer[1] représente plusieurs tendances évangéliques en vigueur au XIXe siècle telles que l’intensification de la participation des femmes dans le ministère, l'emphase méthodiste sur la perfection chrétienne, la passion pour l'évangélisation et l’obsession d’enrayer certains problèmes sociaux.
Bien que les réunions du mardi pour la promotion de la sainteté aient été organisées pour les femmes, des hommes commen-çaient à y assister. Environ 300 personnes assistèrent à chaque réunion et des centaines de ministres méthodistes firent l’expé-rience de la sanctification intégrale.
En 1842, Palmer publia The Way of Holiness (La voie de la sainteté), qui prônait le second miracle de la grâce devant s’accomplir instantanément dans la vie du cro-yant. Durant la même époque, elle devint la rédactrice en chef du magazine Guide de la perfection chrétienne de son mari, Walter Palmer. Elle prêcha des réveils et des campagnes d’évangélisation aux États-Unis et en Grande-Bretagne. Par le biais de son ministère, près de 25 000 personnes ont été converties.
La célébrité de Palmer repose principalement sur ses enseignements sur la sancti-fication, mais elle était passionnée du social et du ministère évangélique. Parmi ses réalisations, Phoebe Palmer:
Contribua à la fondation de la mission Five Points, la première mission permanente basée au cœur d’une ville américaine.
Engagé dans le ministère des prisons.
A été l'un des principaux partisans de la première mission méthodiste en Chine.
Tentative d'établir une mission en Palestine.
Organisation de la Ladies Christian Association, prédécesseur de la YWCA.
Palmer influença d'autres réformateurs sociaux tels que William et Catherine Booth. Ce fut grâce à l'influence de Palmer que Catherine Booth se mit à prêcher aux côtés de William. Dans son livre, La promesse du père, Phoebe Palmer fit l’apologie du devoir des femmes de s’impliquer dans le ministère de leur époux. La lecture de ce livre et les conversations avec Phoebe Palmer ont influencé le ministère public de Catherine Booth.
Les enseignants de la doctrine de la sanctification croyaient que le message de la sanctification intégrale encourageait le croyant à s’engager dans l'évangélisation des perdus et le secours des nécessiteux. Ils étaient convaincus que l’amour parfait nous rend attentifs à tous les besoins humains.
[1] Image : "Mme Phoebe Palmer", La vie et les lettres de Mme Phoebe Palmer (1881), extraite de https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Mrs._Phoebe_Palmer.jpg, domaine public.
La propagation du message de la sainteté en Amérique (1835-1858) (suite)
La formation de l'Église méthodiste wesleyenne
En 1833, la vie d’un bûcheron converti devenu évangéliste et pasteur dans l’église méthodiste, allait connaitre un tournant décisif. Orange Scott, lors d’un dialogue avec un confrère pasteur, se rendit compte que l’église méthodiste ignorait le péché de l'esclavage américain. Il constata également que l'église s’était compromise sur la question de l'esclavage même si John Wesley, le fondateur du mouvement, en était un opposant farouche.
Dès lors Scott se mit à lire sur l’abolitionnisme. Il s’abonna au Liberator, un journal abolitionniste édité par William Lloyd Garrison, et en envoya des copies à 100 pas-teurs méthodistes de la Nouvelle-Angleterre. D'autres pasteurs rejoignirent Scott dans son tollé contre l'église méthodiste et la question de l'esclavage. Les évêques de l'Église méthodiste ne tardèrent pas à accuser Scott de diffamation. L’évêque de son district lui a même ordonné de faire un choix- devenir anti-esclavagiste ou garder son poste de pasteur méthodiste, mais il ne pouvait pas faire les deux.
Toutefois, Orange Scott eut la conviction que la sainteté du cœur devrait se traduire par une vie sainte et qu’il est du devoir des saints hommes de chercher à mettre fin aux péchés sociaux. Le 8 novembre 1842, lui et deux autres ministres se retirèrent de l'église méthodiste épiscopale.
Pendant plusieurs années, Scott édita un périodique intitulé The True Wesleyan. Et le 31 mai 1843, il présida une convention réunie à Utica à New York devant organiser une nouvelle dénomination appelée la Connexion méthodiste wesleyenne.
Scott est décédé en 1847 à l'âge de 47 ans. Sa dernière exhortation était: «Que tous nos ministères et l’ensemble de nos membres conservent l'unité de l'esprit dans le lien de la perfection et nous n’aurons à craindre de rien.»
La formation de l'Église méthodiste libre
Il y eut de vives tensions au sein de l'église méthodiste entre 1835 et 1858 sur la question de la sainteté. Jusqu'en 1858, on s’efforçait d’apporter des réformes au mouvement méthodiste. Mais dès 1859 une autre approche allait tout basculer.
Le révérend Benjamin Titus Roberts était un pasteur influent au sein de l'Église méthodiste. Il s’associa avec d'autres pasteurs pour protester contre ce qu'ils appe-laient les «méthodistes de la nouvelle école». Ils s’étaient insurgés contre plusieurs tendances dans l'Église méthodiste:
La tendance à nier l’importance de la sanctification intégrale. De nombreux pasteurs méthodistes considéraient la justification et la sanctification intégrale comme la même expérience.
La volonté manifeste d’organiser dans les moindres détails le culte et l’église, abandonnant la simplicité qui avait marqué les premiers méthodistes.
La soif de la réussite financière. La pratique de se faire réserver des sièges dans l'église en échange d’une compensation monétaire témoignait du favori-tisme envers les riches.
Le refus d’affronter le péché de l’esclavage.
En réponse à ces problèmes, l’Église méthodiste libre fut organisée en 1860 à Pékin dans l’État de New York. Les crédos de cette église se résumaient comme suit:
Libre du péché. Ils croyaient et enseignaient la sainteté et la séparation du monde.
Libre de l'esclavage. Ils croyaient en l’égalité de tous les hommes et s’opposaient à l’asservissement de l’homme par l’homme.
Libre de tout secret. Ils interdisent à leurs membres de rejoindre des groupes secrets tels que la Loge maçonnique.
Libre du pouvoir politique de l'église. Ils croyaient que l'église méthodiste avait abandonné ses racines et qu’elle exerçait trop de contrôle sur le fonction-nement des églises locales.
Libre de la liturgie. Ils prônaient un culte sans liturgie, s’opposant ainsi au culte formalisé de l'église méthodiste.
Ces cinq crédos ont conquis le cœur de nombreux citoyens lambda et l'Église méthodiste libre se répandit bien au-delà des frontières de New York. Cette déno-mination a grandement contribué à la diffusion du message de la perfection chrétienne.
Le message de perfection chrétienne dans les périodiques et livres
Parallèlement aux périodiques influents, tels que Guide de la sainteté et Le wesle-yen authentique, de nombreux ouvrages sur la sainteté ont été publiés au XIXe siècle. Randolph Foster publia Nature et bénédiction de la pureté chrétienne en 1851. Cinq ans plus tard, Jesse Peck publia L'Idée centrale de la perfection chré-tienne. Ces livres enseignaient que tous les croyants étaient appelés à vivre dans la sanctification.
Thomas Upham, un prédicateur et éducateur, fut encouragé par son épouse à assister à la réunion du mardi de Phoebe Palmer à New York. Au cours des réunions du mardi, Upham fit l’expérience d'une consécration plus profonde. Peu après, il se mit à enseigner le message de la sainteté et écrire des articles dans le Guide de la sainteté des Palmer.
Upham était un brillant intellectuel qui s’était particulièrement intéressé aux mem-bres de l’intelligentsia du pays qui voulait s’enquérir sur la doctrine de la sainteté. Son livre intitulé Principes de la vie cachée futlargement apprécié.
William Boardman de confession presbytérienne était un autre pasteur qui avait l’habitude d’assister aux réunions du mardi de Palmer. En 1858, il publia un livre intitulé The Higher Christian Life [Lavie chrétienne supérieure], basé sur ses expé-riences personnelles et ses désirs de voir le christianisme à un niveau supérieur. Même si Boardman n’avait pas l’étoffe d’un savant, son livre a séduit les lecteurs ordinaires et est devenu populaire aux États-Unis, au Canada et en Angleterre.
La plupart des premiers auteurs de périodiques et de livres sur la sainteté ont été directement influencés par les réunions du mardi. Des hommes comme Thomas Upham, Matthew Simpson et John Inskip y ont assisté et ont expérimenté le miracle de la sanctification intégrale. Ces hommes et d'autres ont transmis le message de la sainteté à leurs églises.
Dans les années 1850, les Palmers décidèrent d’exposer leur enseignement à un public plus vaste que le cercle des réunions du mardi. William et Phoebe Palmer entreprirent des voyages d’évangélisation, intervenant dans les camps meetings et les réveils sur les merveilles de la sainteté. En 1857, ils se rendirent au Canada et y organisèrent une série de campagnes visant à diffuser le message de la perfection chrétienne dans ce pays.
[1] Les cœurs saints devraient être vu dans les vies saintes.
La diffusion du message de sainteté en Europe et en Amérique
La guerre civile qui éclata aux États-Unis en 1861 freina la course de la diffusion du réveil de la perfection sans l’arrêter complètement. Walter et Phoebe Palmer passè-rent une grande partie de cette période en Angleterre et en Écosse. Les livres de William Boardman et de Thomas Upham qui avaient été largement acceptés en Angleterre ouvrirent la voie aux Palmer. Ce fut au cours de ces années que Phoebe Palmer rencontra William et Catherine Booth, fondateurs de l'Armée du Salut. Cette dernière, créée officiellement en 1865, acquit une notoriété mondiale. L’influence de Palmer sur les dirigeants de cette organisation évangélique était plus que déterminante.
Le mouvement de sainteté américaine de 1867
John Inskip, pasteur méthodiste ayant fait ses études au collège de Dickinson en Pennsylvanie, s’intéressait à la doctrine de la sainteté depuis qu’il était étudiant. Pourtant il croyait que beaucoup de ceux qui recherchaient la sanctification inté-grale étaient des écervelés et des fanatiques.
En 1864, son épouse Martha, assista à un camp meeting à Sing Sing dans l’État de New York. Elle s’y rendit dans le but exprès de combler un vide spirituel énorme dans son âme et put expérimenter durant la réunion la grâce de la sanctification intégrale. Une fois rentrée chez elle, elle en parla à son mari John, qui neuf jours plus tard, alors qu'il prêchait sur l’importance de la sanctification, fit lui-même la même expérience.
Peu de temps après, Inskip assista à une réunion du mardi de la sainteté, puis fit venir les Palmer qui organisèrent des réunions spéciales dans son église pour ensei-gner et prêcher sur la sainteté. Ce fut le début d’une campagne de réveil de sainteté menée par John qui s’étendrait un peu partout à travers le pays.
Il arriva qu’en 1866, un prédicateur de la doctrine de la sanctification, le pasteur J. A. Wood et la dame Harriet Drake entamèrent des discussions sur les moyens de diffuser le message de la sainteté. Mme Drake lui conseilla d’organiser un camp sur le message de la sainteté et accepta également de financer la moitié des dépenses.
Les leaders avaient prévu d’organiser ce camp meeting national devant promouvoir la sainteté à Vineland dans le New Jersey. Des voix s’élevèrent pour critiquer et signaler la nature irréalisable de ce projet. Mais le camp débuta le 17 juillet 1867 avec près de 10 000 participants. À la fin du camp, il fut décidé de fonder une organisation dénommée « Association nationale de réunions d’évangélisation pour promouvoir la sainteté». Le révérend John Inskip fut désigné pour en être le premier président.
L’organisation décida d'organiser le prochain camp en Pennsylvanie au sein de la communauté germanophone, en vue de leur transmettre le message de la sainteté. Le 14 juillet 1868, l’association débuta ses activités à Manheim, en Pennsylvanie. Près de 10 000 à 15 000 personnes assistèrent au premier service nocturne, et ce chiffre grimpa à 25 000 personnes avant la fin de la soirée. Les orateurs de circonstance étaient entre autre, John S. Inskip, Alfred Cookman, J. A. Wood, William McDonald, George Hughes, Phoebe Palmer et Matthew Simpson.
George Hughes nous laisse une description de Matthew Simpson dans l’un de ses sermons: «Les mains levées vers le ciel, sa voix puissante planait par-dessus la brise nocturne. On pouvait enten-dre le bourdonnement des pleurs et des gémissements de l’assem-blée. Il semblait que Matthew Simpson avait littéralement arrêté le temps. Les cris d’Alléluia, pareils au bruit de grosses eaux, arpen-taient toute l’enceinte sacrée. Combien d’âmes ont été plongées dans le fleuve de la purification cette nuit-là ? Nous ne le saurons jamais. »
Avant la fin des activités, William McDonald rappela aux participants que «le camp de Manheim ne serait pas le dernier», puis, il les conseilla de faire preuve de tolérance et même de compassion envers ceux qui n’ont pas encore expérimenté la plénitude de la délivrance et d’éviter la controverse et l’ascétisme, car la sainteté chrétienne s’accompagne toujours de l’humilité. Il conclut en soulignant «qu’il ne faut pas se laisser dominer par ses sentiment mais plutôt par la foi en ce qui concerne l’accomplissement de ses devoirs religieux».
L'Association Nationale de Réunions d’Évangélisation pour Promouvoir la Sainteté multiplia dans différents endroits des États-Unis les camps meetings qui attirèrent des milliers de personnes venues du Canada, de l'Angleterre, de l'Inde, de l'Alle-magne et d’autres pays européens.
La fondation de l'Armée du Salut
William Booth se convertit sous l’influence du ministère de prédication de James Caughey, un ministre méthodiste américain. William et son épouse Catherine Booth furent grandement influencés par Walter et Phoebe Palmer quand ces derniers séjournaient en Angleterre. Les Booth étaient attachés au message de la sainteté.
Les Booth ressentirent l'appel de Dieu pour un ministère à l’endroit des exclus de la société vivant dans un quartier de Londres. Ce couple avait la conviction que l'évangile devait servir à la fois les besoins spirituels et physiques des pauvres. En 1865, William et Catherine Booth fondèrent l’Association Chrétienne pour le Réveil, qui s'appellera plus tard la Mission Chrétienne de l’Est.
Après avoir passé près de deux ans à prêcher en plein air, les Booth acquirent en 1867 un bar abandonné qu'ils transformèrent en quartier général de la mission. Cette mission avait une double finalité : évangéliser et assister les démunis. En quelques années, la mission fut dénommée «Armée du Salut » et intégra dans son carnet la terminologie militaire. Les membres de l'Armée du Salut édifièrent des stations missionnaires appelées «corps ». Ils portaient des uniformes et avaient des grades allant des cadets aux généraux. Catherine Booth a conçu le premier drapeau de l'Armée du Salut. À la fin de 1878, l’Armée comptait 127 «officiers». 101 d’entre eux avaient été convertis lors de réunions de l'Armée du Salut.
L’Armée du Salut était connue dans toute la ville de Londres comme l’organisation qui évangélise et assiste les personnes vulnérables. Cette organisation croyait que l'évangile pouvait non seulement amener les pauvres à Jésus, mais aussi réduire la pauvreté de ceux qui ont été libérés de l'esclavage de l'alcool et du péché.
Les Booth s'appuyaient sur les dons et les aides humanitaires pour le ministère de l'Armée du Salut. En 1890, Booth publia In Darkest England and the Way Out, un livre portant sur le ministèrede l'Armée du Salut. Ce livre a beaucoup attiré l'atten-tion sur William et Catherine Booth ainsi que sur l'Armée du Salut.
[1]Descriptifs des Réunion du camp de Manheim
« Un éclat simultané d'agonie et de gloire se fit entendre dans toutes les parties de la congrégation ; et pendant près d'une heure, la scène n'a pu être décrite. » - Révérend John Inskip
« La scène était au-delà de toute description. Ce fut l'une des manifestations les plus puissantes de la puissance divine que nous ayons jamais vues. Plusieurs milliers de personnes semblaient prosternées sous l'influence puissante d'un pouvoir surnaturel. » - le journal Lancaster Daily Express
Personnalités chrétiennes à connaître William et Catherine Booth
William Booth[1] naquit dans la misère. La mort de son père –il avait treize ans à l’époque- laissa la famille dans une situation financière très difficile. Devenu adoles-cent, William travaillait comme prêteur sur gages à Nottingham pour supporter sa famille. Un jour, pendant qu’il rentrait chez lui, Booth prit part à un service dans la chapelle de Wesley et donna sa vie au Seigneur. Il était âgé de quinze ans. Peu de temps après, il fit l’expérience de la purification du cœur après qu’il eut entendit un sermon de l'évangéliste James Caughey. Deux ans plus tard, William Booth s’était déjà lancé dans la prédication.
Le ministère de prédication de Booth visait notamment les exclus et les pauvres de Nottingham. Un jour, il invita à l'église un groupe de garçons pauvres vivant dans la rue. Cet acte suscita la colère du pasteur de l’église méthodiste. L’histoire se répète drôlement. John Wesley, le fondateur du méthodisme, avait été chassé des églises anglicanes lorsqu'il y avait introduit des mineurs de charbon. Alors que, des années après, les pasteurs méthodistes de l’aristocratie fermaient les portes de l’Église méthodiste aux gens de classe inférieure.
Quelques années plus tard, Dieu amena William Booth à Londres avec pour mission de faire revivre spirituellement l’une des plus grandes villes du XIXe siècle. En 1865, Booth se mit à prêcher sous une tente dans les bidonvilles. Il fit savoir qu'il faisait enfin ce que Dieu l'avait recommandé de faire. Ce ministère serait relogé dans un autre bâtiment et prendrait le nom de Mission Chrétienne de Londres de l’Est.
Désormais, Booth prêchait à tous ceux qui étaient disposés à l’entendre. Et la présence et la puissance de Dieu repo-saient souvent sur l’assistance. Durant l’année 1879, grâce au ministère de prédication de 127 officiers, l’Armée du Salut organisa 75 000 services. En 1880, le mouvement gagna les États-Unis, puis la France en 1881. Un an plus tard, ils envoyèrent des ouvriers en Inde.
Même si le principal ministère de l’Armée du Salut était l’évangélisation, cette organisation se forgea une réputation de secouriste et de bienfaitrice à l’endroit des plus pauvres. Dès 1887, cette réputation reposait sur les trois principaux axes d’intervention de l’Armée du salut: «soupe, savon et salut». Booth comprit que l'environnement physique et social des pauvres constituait un obstacle majeur au message de salut et de sainteté ; il se chargea donc de traiter les questions sociales afin de libérer la voie pour l'évangile.
Dans son ouvrage intitulé In Darkest England and the Way Out, Booth proposa des formules pour l’éradication de la pauvreté en Angleterre. Booth constatait que la criante inégalité entre les riches et les pauvres constituait une nuisance à la nation tant sur le plan spirituel qu’économique. Ce livre devint un best-seller et permit à l'Angleterre de gérer certains problèmes sociaux. Les propositions de Booth se révélaient très efficaces lorsqu'elles étaient mises en application. Des milliers de personnes échappèrent à la pauvreté grâce au ministère de l'Armée du Salut.
Catherine, l’épouse de Booth, était aussi importante pour l'Armée du Salut que son mari. Elle travaillait aussi durement que lui. Et son caractère avenant permit à l’organisation d’obtenir le soutien de l’aristocratie anglaise. Lorsqu’elle mourut en 1890, le défilé de son cortège funèbre dans les rues de Londres s’étendit sur plus de six kilomètres. Le ministère de ce couple dans l'Armée du Salut dura vingt-cinq ans, et en 1890, l'armée comptait 2 900 centres répartis dans trente-quatre pays.
À la fin de sa vie, le général Booth fut honoré par des personnalités notoires telles que Charles Spurgeon, Winston Churchill et le cardinal Manning. Le prince de Galles Albert Edouard se fit protecteur de l'Armée du Salut. Il avait même invité William Booth à la cérémonie de son couronnement en 1902.
Malgré sa renommée, la passion de général Booth pour l'évangélisation ne s’éteignit point. Au cours d'une visite au palais de Buckingham, le roi questionna Booth sur son passe-temps de prédilection. Booth répondit: « Mon roi, certains hommes se passionnent pour l'art, la gloire et l'or, mais mon unique passion ce sont les âmes. » Dominé et attisé par une passion sincère pour les perdus, un jour il s'écria: « Oh Dieu ! Que dirais-je? Des âmes! Des âmes! Des âmes! Je suis affamé d'âmes!
Quand on lui interrogea sur le secret de son succès, William Booth déclara:
Je vais vous en donner le secret. Je me suis abandonné complètement et sans réserve à Dieu. Il y eut des hommes bien plus intelligents, bien plus chanceux que moi. Mais depuis le jour où j'ai prit à cœur la misère des pau-vres de Londres et que j'ai eu une vision de tout ce que Jésus-Christ pouvait en faire, j'ai décidé que Dieu pourrait se disposer de William Booth. Et s'il y a quelque chose de puissant dans l'Armée du Salut aujourd'hui, c'est que Dieu a eu toute l'adoration de mon cœur, tout le pouvoir de ma volonté et toute ma vie.
Il est estimé que Booth parcourut plus de 8 millions km et délivra près de 60 000 sermons. Son principal cri d’encouragement était: «En avant pour les âmes et en avant pour le pire!» Évidemment, William Booth se donnait complètement à Dieu.
[1] Image : "Mme Catherine Booth, Mme William Booth" par Elliott & Fry - Université catholique de Louvain, Belgique, extraite de https://www.europeana.eu/en/item/2024903/photography_ProvidedCHO_KU_Leuven_9983097240101488, domaine public.
La diffusion du message de la sainteté en Europe et en Amérique (suite)
L'Armée du Salut et le message de sainteté
En 1877, William Booth fit la déclaration suivante: «La sainteté envers le Seigneur nous est une vérité fondamentale; elle occupe la première place parmi nos doctrines.» S’adressant à ses soldats peu de temps après, il écrivit:« Permettez-moi de demander qui vous a sauvé? N’est-ce pas le Dieu vivant ? Alors, il vous sanctifiera certainement....» Général Booth était attaché au message de la sainteté.
Dès le début, l'Armée du Salut était basée sur les enseignements et les principes de la sainteté. Des officiers de l'Armée du Salut, tels que le brigadier général Samuel Logan Brengle, prêchaient des réveils de la sainteté et organisaient des camps meetings pour ‘l'Association nationale de réunions d’évangélisation’. Brengle publia de nombreux livres sur la sainteté qui sont encore édités aujourd'hui.
À l’instar d’Orange Scott, William et Catherine Booth croyaient que des cœurs saints devaient se traduire par des vies saintes et que les hommes saints devaient chercher à mettre un terme aux maux sociaux. Ce désir poussa les Booth à se pencher sur les pires misères de l'Angleterre. Ils fondèrent des centres de secours et des centres de réhabilitation pour les prostituées et les alcooliques.
Evidemment, les Booth et l'Armée du Salut n’attiraient pas la sympathie de tous. Ils se firent des ennemis pour diverses raisons. Ils subissaient des attaques et des moqueries pour avoir permit à des femmes de prêcher et pour avoir exercé le ministère de prédication en plein air. Certains jugeaient la musique des salutistes trop bruyante. Lorsque l’on ne leur jetait pas de la nourriture en décomposition, on essayait de perturber leurs réunions. Mais malgré l'opposition, ils gagnèrent le soutien et l’amitié de plus d’un. Charles Spurgeon écrivit un jour que «cinq mille policiers ne pourraient pas faire autant que l'Armée du Salut dans la prévention du crime et du désordre».
Frank Crossley, un riche homme d'affaires vivant dans le nord de l'Angleterre, et qui avait connu les Booth, les invita à tenir les réunions de l’organisation chez lui. Toujours dans le but de promouvoir le message de la sainteté, il fit l’acquisition d’une ancienne maison de divertissement –le Starr Hall- dans un quartier défavorisé de Manchester pour loger la mission. Pendant de nombreuses années, le Starr Hall était un foyer du message de sainteté à Manchester en Angleterre.
L’Armée du Salut se mit à envoyer progressivement des groupes missionnaires de par le monde. Il existe aujourd'hui plus de 15 000 groupes dans 126 pays.
►William Booth croyait que le message de l’Évangile concerne à la fois les besoins spirituels et les besoins matériels de l’homme. Certains chrétiens se concentrent uniquement sur le côté spirituel du message tout en ignorant les besoins physiques. D’autres par contre se préoccupent des besoins matériels sans parvenir à proclamer le message du salut éternel. Votre église adresse-elle ces deux catégories de besoins? Si l'une d’entre elles est négligée par votre église, discutez de ce qu’il faudra faire pour équilibrer le message de la croix.
Autres groupes de sainteté en Europe
Vers la fin du dix-neuvième et au début du vingtième siècle, on a pu assister à l’émergence de plusieurs groupements religieux attachés à la doctrine de la sainteté soit en Angleterre ou en Europe. Reader Harris, l’un des premiers participants de la convention Star Hall parrainée par Frank Crossley, avait choisit de travailler au sein des églises existantes plutôt que d’implanter sa propre église. Il fonda la Ligue Pentecôtiste de Prière pour encourager les chrétiens de toutes dénominations à chercher la purification du cœur. En fin de compte, la Ligue Pentecôtiste de Prière comptait dans ses rangs 13 000 membres.
David Thomas faisait partie de la Ligue Pentecôtiste de Prière. Il craignait que certains croyants ayant expérimenté la sanctification intégrale par le biais du minis-tère de la Ligue ne se refroidissent une fois qu’ils n’y sont plus. En réponse, il fonda la Mission Internationale de sainteté qui disposa près de vingt stations mission-naires en Angleterre. Un de ses convertis se rendit en Afrique du Sud où il fonda une autre station pour la mission.
Peu de temps après, Maynard James qui avait fait l’expérience de la sainteté inté-grale fonda une station missionnaire au nom de la Mission internationale de sain-teté. James et son église Calvary HolinessChurchs’étaient engagés à promou-voir le ministère des prédicateurs de la sainteté tels que Norman Grubb, Leonard Ravenhill et Duncan Campbell. James collaborait souvent avec l’Église du Nazaréen, une dénomination évangélique attachée à la doctrine de la sainteté. Il était aussi impliqué dans la création de African Evangelist Band, une organisation intercon-fessionnelle de la sainteté.
Outre la prédication des Palmer et des Booth, Robert Pearsall et Hannah Whitall Smith constituaient une troisième équipe qui prêchait la sainteté à la fin du XIXe siècle. Ils organisaient des conventions dans le cadre du Mouvement de Keswick.
Les Smith étaient un couple Quaker de Philadelphie en Pennsylvanie. Ils furent comptés parmi les principaux prédicateurs du message de la sainteté aux États-Unis et en Angleterre. Hannah expérimenta la sanctification intégrale après avoir assisté à une réunion de prière organisée par des femmes méthodistes. Quand Robert constata le changement opéré dans la vie de Hannah, il voulut faire la même expérience avec Dieu. Ce qui lui arriva lors d’un camp meeting à Vineland en 1867.
En 1874, les Smith se rendirent en Angleterre car ils devaient intervenir publi-quement dans des conventions sur la sainteté. Leur renommé se répandit rapide-ment parmi l’aristocratie anglaise et dans le milieu universitaire. On donna à leur enseignement le nom de «Vie supérieure» ou mouvement de Keswick.
Laissant l’Angleterre, les Smith se rendirent en Europe continentale, prêchant en France, en Allemagne et en Suisse. Le message de sainteté séduisit les piétistes allemands qui s’y adhérèrent en grande partie. Robert Smith prêcha le message de la sanctification dans des églises luthériennes et réformées où de nombreux croyants firent l’expérience de la purification de l’âme.
Le Gemeinschaftsbewegung (le mouvement de la fraternité) fut l’un des groupes évangéliques allemands issus du renouveau de Smith. Ce groupe évangélique allemand attaché à la sainteté se donnait les trois objectifs que voici: la communion entre chrétiens, l'évangélisation et la promotion de la doctrine de la sainteté.
Une fois rentré en Angleterre, Smith organisa la convention de Brighton. Plus de 8000 personnes participèrent à cette convention qui en essence s’apparentait aux camps meetings américains. Le mouvement Vie supérieure attira des prédicateurs célèbres tels que J. Hudson Taylor, D. L. Moody, Evan Hopkins, Charles Cullis etc. Les Smith et leurs associés appuyaient également le ministère de l'Armée du Salut et la Ligue pentecôtiste qui proclamaient le message de la sainteté.
La fondation de l'Eglise du Nazaréen
À l’aube du XXe siècle, tout indiquait que les prédicateurs de la sainteté avaient échoué de réformer l'Église méthodiste américaine. En réponse, les leaders du mouvement fondèrent des dénominations parallèles à l'Église méthodiste.
En octobre 1895, Phineas Bresee et environ une centaine d’autres croyants jetèrent les fondements de l'église du Nazaréen à Los Angeles. Ils croyaient que la sancti-fication intégrale pouvait s’obtenir par la foi en Jésus-Christ et prêchaient la néces-sité pour les chrétiens sanctifiés de suivre l'exemple du Christ et de proclamer la Bonne Nouvelle aux pauvres.
En 1907, l'Association des Églises pentecôtistes d'Amérique et l'Église du Nazaréen se sont fusionnées en une seule et unique association. Le processus d’unification fut abouti en 1908 sous le nom d’Église pentecôtiste du Nazaréen. Des années après, le mot pentecôtiste fut supprimé, et le nom de la dénomination devint l’Église du Nazaréen. Cette dénomination compte environ 30 000 églises et plus de 2 millions de membres dans le monde à l’heure actuelle.
Le message wesleyen au vingtième siècle
Le début du vingtième siècle était une période de tension pour le méthodisme qui à l’époque faisait face aux critiques du libéralisme allemand.[1] Même si beaucoup de méthodistes britanniques avaient accepté l’idéologie du modernisme, de nombreux méthodistes américains s’efforçaient de restaurer la vitalité du méthodisme originel.
Dans l’optique de renouer au message originel de sainteté, la Sainte Église du Pèlerin et l'Église du Nazaréen se séparèrent de l'Église méthodiste. Au début du XXe siècle, une toute nouvelle Association évangélique de la sainteté renouvela son attachement aux traditions méthodistes traditionnelles priorisant le réveil et la sainteté du chrétien.
Tandis que la dénomination méthodiste empruntait avec d'autres dénominations majeures la voie du libéralisme et du déclin, les partisans de la doctrine de la sainteté organisaient de nouvelles congrégations en vue de préserver l’héritage du premier réveil méthodiste. Les églises de la sainteté envoyaient des missionnaires, érigeaient des maisons d'édition, imprimaient des périodiques et fondaient des séminaires devant former des pasteurs et des ouvriers chrétiens.
Durant tout le XXe siècle, de nombreuses dénominations attachées à la doctrine de la sainteté ne cessaient point de proclamer le message prêché par les Wesley - à savoir la possibilité pour le croyant d’avoir un cœur pur rempli d’un amour parfait envers Dieu et envers son prochain- et la promesse sous-entendue dans l'invitation de Jésus à être «parfaits comme votre Père céleste est parfait» selon laquelle Dieu nous sanctifiera si nous le recherchons dans la foi.
De nos jours, comme au temps de la naissance du mouvement méthodiste, le croisement de la culture avec les exigences de la Bible provoque des heurts. Il faut que les méthodistes du monde entier apprennent à adapter le message originel en vue de répondre aux besoins du monde actuel. Car le message selon lequel tous les hommes ont besoin d’être sauvés, peuvent être sauvés, peuvent savoir qu'ils sont sauvés et peuvent être parfaits comme le Père céleste après avoir été sauvés est nécessaire aujourd'hui comme il l'était au dix-huitième siècle. Le monde actuel continue de bénéficier du message d'espoir en Christ proclamé par les méthodistes.
[1] Cette section a été adaptée de William Snider, «Paper on Twentieth Century Methodism».
La sainteté en action: L’amour pour Dieu et l’amour pour son prochain
John Wesley définit la «perfection chrétienne» comme l’amour parfait pour Dieu et pour le prochain. Il avait comprit que l’ordre d’être parfait selon le standard divin exprimé dans I Pierre 1.15-16 et Matthieu 5:48 ne se référait ni à la perfection absolue de Dieu ni à celle des anges ou d'Adam avant la chute. Etre «parfait comme votre Père céleste est parfait»[1] traduit le fait d’aimer comme Dieu.
Cette norme de perfection se voit dans le ministère de John et Charles Wesley. Ils aimaient Dieu de toute leur âme et s’efforçaient de vivre cet amour avec circons-pection et dans la discipline. Ils s’étaient engagés dans le service de Dieu, voya-geant sans cesse pour répandre sa Parole.
Les Wesley aimaient Dieu, ils aimaient aussi leur prochain. Ils se sacrifiaient pour servir ceux qui souffraient. Charles passait des nuits avec des condamnés à la potence. John combattait les maux sociaux qui engendraient une odieuse pauvreté insurmontable par les victimes. Dans l'une de ses dernières lettres, il encourageait William Wilberforce à poursuivre son combat contre l'esclavage. La sainteté était le crédo des Wesley. De plus, ils aimaient Dieu et aimaient leur prochain.
Phoebe Palmer, adepte de la sainteté, avait également compris que la sainteté était de l’amour pour Dieu et pour son prochain. Mme Palmer était passionnée d’une vie sainte caractérisée par la prudence. Elle s’engageait également corps et âme dans l’assistance des besoins des pauvres des bidonvilles de New York, des prisons et tout autre endroit où la misère humaine l’avait interpelée. La sainteté était le crédo de Phoebe Palmer. De plus, elle aimait Dieu et elle aimait son prochain.
William et Catherine Booth aimaient Dieu. Ils ont fondé une organisation évangé-lique si disciplinée spirituellement qu'on pourrait la considérer comme une ‘armée’. Ils aimaient aussi leurs prochains. Les Booth n’acceptaient pas un évangile promet-tant un paradis céleste qui ne s'attaque pas à la misère de ce monde. Ils se sont appropriés de la première déclaration publique de Jésus et l’ont appliquée dans leur ministère.
L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres; Il m'a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux captifs la délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés.[2]
►Dans le meilleur des cas, les croyants du mouvement de la sainteté étaient connus à la fois pour leur amour pour Dieu et leur amour pour les autres. Quand les gens pensent à votre église, pensent-ils à une église qui aime Dieu et qui aime les hommes? Comment pouvez-vous mieux communiquer cet amour à votre entourage immédiat?
Le monde a connu bien de mutations depuis le mouvement de la sainteté du XIXe siècle. Certaines organisations initiatrices de la doctrine de la sainteté n'existent plus. Tandis que le mouvement a eu son lot de problèmes et de divisions.
Mais malgré les difficultés rencontrées, il existe à l’heure actuelle plus de groupes évangéliques qui proclament le message de la sainteté. Même lorsque certaines entités pionnières dans le mouvement ont abandonné par la suite la voie de la sain-teté, d'autres dénominations attachées à la doctrine persévèrent dans la proclama-tion de la possibilité d'avoir un cœur pur et la victoire sur le péché volontaire.
L'invitation à la sainteté semble revivre dans de nombreuses églises. La volonté de ressembler à Jésus et d’expérimenter sa puissance qui nous habite se fortifie. Des chrétiens soupirent après une doctrine de sainteté énoncée clairement et correc-tement. Le message d’Orange Scott, fondateur de l’Église méthodiste wesleyenne, est digne donc d’occuper une place dans notre mémoire: les cœurs saints doivent se traduire par des vies saintes.
Leçon 5 Événements clés de l'histoire wesleyenne
Date (A.D.)
Événement
1837
Timothy Merritt fonde le Guide de la perfection chrétienne, plus tard Guide de la sainteté.
Orange Scott organise la Wesleyan Methodist Connection.
1857
Walter et Phoebe Palmer se rendent au Canada pour prêcher et enseigner la sainteté. Un renouveau transformateur a lieu au Canada.
1860
B.T. Roberts fonde l'Église méthodiste libre.
1865
William et Catherine Booth ont fondé l'Armée du Salut.
1867
Le premier camp meeting de la National Holiness Association (NHA) a lieu à Vineland, New Jersey.
1868
Le deuxième camp meeting de la NHA attire environ 25 000 personnes à Manheim, en Pennsylvanie. Cela s'appelle "Pentecôte".
1874
Robert Pearsall Smith et sa femme Hannah Whitall Smith se rendent en Angleterre pour prêcher la sainteté.
1908
L'Église du Nazaréen est fondée.
Leçon 5 Personnes clés dans la tradition wesleyenne
Booth, William (1829-1912) et Catherine (1829-1890) : fondateurs de l'Armée du Salut, une organisation de sainteté dédiée au service des pauvres.
Bresee, Phineas (1838-1915) : A aidé à former l'Église du Nazaréen avec C. W. Ruth et d'autres.
Inskip, John (1816-1883) : prédicateur méthodiste et aumônier de l'armée du Nord pendant la guerre civile, il devint le premier président de la National Camp Meeting Association for the Promotion of Holiness. Cette organisation a contribué à promouvoir le message de sainteté à la fin du 19e siècle.
Merritt, Timothy (1775-1845) : pasteur méthodiste qui a lancé le Guide de la perfection chrétienne. Les Palmers ont ensuite acheté ce magazine et l'ont renommé le Guide de la sainteté.
Palmer, Phoebe (1807-1874) : Considérée comme la mère du mouvement de la sainteté. Elle a été influente à travers la réunion du mardi pour la promotion de la sainteté, le Guide de la sainteté et ses livres. Elle a promu les femmes dans le ministère public et a été influente dans le ministère de Catherine Booth et Hannah Whitall Smith.
Roberts, Benjamin Titus (1823-1893) : fondateur de l'Église méthodiste libre. Résistant à la formalité de l'Église épiscopale méthodiste, il a fondé une église qui prêchait la doctrine de la sainteté qui existe encore aujourd'hui.
Scott, Orange (1800-1847) : A contribué à la fondation de la Wesleyan Methodist Connection, qui est devenue l'Église méthodiste wesleyenne. Il était consterné par le manque d'accent mis sur la sainteté et la tolérance de l'esclavage dans l'Église méthodiste.
Smith, Robert (1827-1898) et Hannah Whitall (1832-1911) : ont contribué à faire passer le message du Mouvement pour la Vie Supérieure en Europe. Cela est devenu connu sous le nom de mouvement de Keswick. Hannah est connue pour son best-seller, Le secret chrétien d'une vie heureuse.
Devoirs de la leçon 5
(1) Que l’étudiant(e) passe un test sur cette leçon. Lequel test doit inclure des dates de la chronologie des «Événements clés de l’histoire de l’Église» (1837-1908).
(2) Que l’étudiant (e) résume la vie de l’un des leaders chrétiens suivants: Phoebe Palmer, William Booth ou Johan Inskip. Ce résumé doit comprendre les quatre éléments que voici:
Biographie: Quand a-t-il vécu? Où a-t-il vécu? Où et quand est-il mort?
Événements: Quels sont les événements les plus importants de sa vie?
Influence: Quelle a été son influence durable sur l'église chrétienne?
Application: Leçons à tirer de la vie de ce leader pour l'église actuelle.
Il est possible de présenter ce résumé soit en:
Soumettant un article de 2 pages au moniteur de la classe.
Faisant une présentation orale de 3 à 5 minutes pour la classe.
Leçon 5 Questions du test
(1) Citez les quatre facteurs ayant provoqué le déclin de l’intérêt des méthodistes du XIXe siècle pour la doctrine de la sanctification intégrale.
(2) Sarah Lankford et sa sœur __________________ ont dirigé les réunions de mardi pour la promotion de la sainteté.
(3) Le fondateur de l'église méthodiste wesleyenne était ______________________. La fondation de cette église fut motivée par sa conviction que les cœurs saints devraient se traduire par des vies saintes.
(4) L'Église méthodiste libre croyait que le chrétien est
Libre de ___________
Libre de ___________
Libre de tout secret
Libre du ____________ l'église
Libre de ____________________
(5) ___________________ était le premier président de l’Association nationale de réunions d’évangélisation pour promouvoir la sainteté.
(6) _______________________ ont fondé l'Armée du Salut, une organisation engagée dans l'évangélisation, le message de la sainteté et la satisfaction des besoins des pauvres.
(7) Robert Pearsall et Hannah Whitall Smith ont établi des conventions de sainteté en Angleterre qui sont devenues connues sous le nom de ______________________.
(8) Phineas _______________ participa à la mise en place de l'Église du Nazaréen.
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