Les réformateurs magistériaux sont les leaders les plus connus de la Réforme, mais non pas les seuls réformateurs en activité aux XVIe et XVIIe siècles. La présente leçon concerne certains mouvements de réforme moins connus ayant marqué cette période.
Nous étudierons les réformateurs radicaux qui estimaient que la rupture des réfor-mateurs magistériaux avec les pratiques de l’Église catholique était incomplète. Nous verrons les débuts de la Réforme anglaise, un mouvement qui emprunta une voie bien différente de la Réforme continentale. Nous verrons également la réaction catholique à la Réforme. Bien que beaucoup d’entre nous soyons familiers à l’inqui-sition et la persécution des protestants par les catholiques, il existait également un mouvement de réforme actif au sein de l’Église latine. Enfin, nous parleront de la montée des dénominations au sein du mouvement protestant.
Date (A.D.)
Événement
1517
Les quatre-vingt-quinze thèses de Martin Luther
1525
Anabaptistes chassés de Zurich
1534
Acte de suprématie établit l'Église d'Angleterre
1536
William Tyndale martyrisé pour avoir traduit la Bible en anglais
1611
Version King James de la Bible
1648
Fin de la paix de Westphalie
Les réformateurs radicaux
Dans la leçon 1, nous avons étudié les réformateurs magistériaux- Luther, Zwingli et Calvin. Zwingli s’est révélé plus radical que Luther en n'autorisant uniquement les pratiques cultuelles prescrites dans les Écritures. En rejetant toute pratique non prescrite dans les Écritures, Zwingli chercha à rétablir le christianisme du Nouveau Testament à Zurich. Cependant, Conrad Grebel et Felix Manz, deux des disciples les plus proches de Zwingli, estimaient que l'église suisse était loin d’être similaire au christianisme du Nouveau Testament. Ils sont devenus les ‘Réformateurs radicaux’.
Il y avait beaucoup de réformateurs radicaux. Certains priorisaient le mysticisme et rejetaient toutes les traditions de l'église. D’autres abandonnèrent la doctrine ortho-doxe pour se lancer dans la quête des révélations mystiques. Dans le cadre la présente leçon, nous étudierons les réformateurs radicaux issus de l’Église suisse. Ils sont les prédécesseurs de la tradition anabaptiste / mennonite.
Bien qu’on les désigne sous l’appellation de ‘réformiste’, ces derniers croyaient que la Réforme n’allait pas assez loin. En fait, certains réformateurs radicaux qualifiaient les Luthériens de «nouveaux papistes». Au lieu de réformer l’église de leur période, ils cherchaient à restaurer l’héritage de l’église du premier siècle. Ils se considé-raient comme des «restaurateurs» plutôt que des «réformateurs».
Les principes caractérisant les réformateurs radicaux de l'église suisse sont:
La séparation de l'Église et de l'État
L'une des grandes différences entre les réformateurs magistraux et les radicaux réside dans leur vision de la relation de l'Église avec l'État. Les magistraux cro-yaient en un magistrat chrétien et dans la coopération étroite de l'Église avec l'État, et ont même approuvé le concept d'une église d'État (c’est le cas des luthériens en Allemagne, des Zwingliens à Zurich et des calvinistes à Genève).
À Zurich, cette question s'est posée lorsque Felix Manz soutint que le culte du Repas du Seigneur devait être célébré dans la langue du peuple plutôt qu'en latin. Zwingli amena la question par devant les autorités de la ville. Mais Manz et ses partisans lui firent savoir avec insistance que ce n'était pas une question pour les autorités, mais une question pour les Ecritures.
Puisqu’il n’y a pas de provision dans le Nouveau Testament en faveur d’une alliance entre l’Église et l’État, les réformateurs radicaux rejetaient le concept d’une église d’État dans laquelle le gouvernement civil pouvait faire appliquer des vérités d’ordre théologique. Suivant cette logique, les réformateurs radicaux s’opposaient aux dîmes imposés de force et luttaient pour l’autonomie des églises. Ils estimaient que la seule responsabilité de l'État vis-à-vis de l'église était de protéger la liberté de conscience de chaque citoyen. Cette opposition à la suprématie d’une autorité civile sur l’Église se poursuit dans la tradition de «l’Église libre» en Europe.
Le baptême du croyant
Lorsque Grebel et Manz se mirent à sonder les Écritures en quête de réponse, ils remarquèrent que le Nouveau Testament n’a jamais commandité le baptême des enfants. Les réformateurs radicaux ne trouvèrent aucune base biblique soutenant le baptême des enfants. De plus, sur le plan de la vie chrétienne pratique, ils croyaient que le baptême des enfants nourrissait une fausse assurance chez les personnes qui n'avaient aucune relation personnelle avec Jésus-Christ.
Par conséquent, les réformateurs radicaux éliminaient le baptême des enfants et ne baptisaient que les «croyants» ayant professé sa foi. Pour cette raison, ils reçurent le nom d’anabaptiste («ceux qui baptise à nouveau»). Cette question fut le principal sujet de discorde entre les réformateurs radicaux et Zwingli. Au seizième siècle, le baptême était plus qu'un témoignage de foi ou une condition d'adhésion à l'église. Puisque l'Église et l'État étaient étroitement liés, le baptême était la manière dont un nouveau-né devenait partie intégrante de la société civile. En baptisant les croyants, les anabaptistes séparèrent l’appartenance à une église de l’appartenance à la communauté.
►Les partisans du baptême des bébés ont fait valoir qu'Actes 16: 30-33 impliquait que l’on baptisait des enfants sans tenir compte de leur profession de foi personnelle. Les partisans du baptême des croyants ont fait référence à Actes 2:38 et à d’autres références similaires pour soutenir que le baptême n'a de sens s’il n’est pas l’expression manifeste de la foi intérieure. Lisez ces passages et précisez votre position : vous êtes pour le baptême des croyants ou le baptême des enfants.
La question du discipulat
Les réformateurs radicaux insistaient notamment sur le fait que le christianisme est plus qu'une doctrine, une appartenance à une église d'État ou même une expéri-ence personnelle intérieure. Ils croyaient qu’une véritable vie de disciple influençait tous les aspects de la vie. Pour cette raison, leur engagement à vivre la foi chré-tienne était manifeste dans leur rapport avec les besoins de la société.
L'église locale occupait une place de choix pour les réformateurs radicaux car elle était la communauté dans laquelle étaient formés les disciples. Par le soutien mu-tuel des membres, l’église locale contribuait au développement de chaque croyant à la stature parfaite de Christ.
Le congrégationalisme
Ce principe est lié à l'importance de l'église locale dans la formation du disciple. Au départ, Luther et Zwingli supportait le principe de l'autorité de la congrégation, mais ils l’abandonnèrent par la suite. Les réformateurs radicaux par contre tenaient fermement au congrégationalisme. Les décisions étaient prises par l’assemblée des membres. Pour les réformateurs magistraux, une communauté entière pouvait être considérée comme luthérienne ou calviniste, quelles que soient les croyances personnelles des individus. Mais les réformateurs radicaux insistaient notamment sur le fait que l’Église locale se compose de membres qui se sont volontairement affiliés à elle et qui partagent ses objectifs.
Le pacifisme
Les anabaptistes et les dénominations issues de ce mouvement enseignent que le chrétien ne peut prendre part à la guerre au nom de l’amour du Christ. Étant donné que les anabaptistes s’engageaient à obéir pleinement aux commandements de Jésus, ils ne voulaient « pas résister au mal ».[1] Ils ne se défendaient point lorsqu’ils subissaient des attaques. Si les catholiques romains et les protestants magistraux eurent recours à l'épée pour défendre l'Église, les réformateurs radicaux prati-quaient la non-violence.
Malheureusement, l'histoire des réformateurs radicaux fait ressortir les divisions qui prévalaient entre les réformateurs. En 1525, Zwingli était encore pasteur à Zurich. La ville était protestante et tous les nourrissons furent baptisés dans l'église.
Lorsque Félix Manz refusa de faire baptiser son nouveau-né, le conseil municipal le chassa avec ses disciples de la ville. En janvier 1525, la première congrégation anabaptiste s’établit dans le village de Zollikon, près de Zurich. En mars 1526, le conseil zurichois décida d’administrer le supplice de la noyade à toute personne surprise en train de se faire rebaptiser.
Manz fut noyé en tant que martyr en janvier 1527. En 1600, près de 10 000 ana-baptistes furent martyrisés, notamment par des protestants. Ils finirent par émigrer en Moravie, où ils furent accueillis par des princes plus tolérants envers leurs convictions.
Menno Simon[1] (1496-1561) devint un dirigeant anabaptiste à un moment critique de l'histoire de la Réforme radicale. Entre 1525, date à laquelle les anabaptistes furent chassés de Zurich, et 1535, plusieurs dirigeants anabaptistes se mirent à enseigner des hérésies. Le fait que ces faux enseignants rejetaient toute autorité extérieure à l'église locale, ils pouvaient facilement rallier des adeptes à leur cause. Certains d’entre eux allaient jusqu’à prêcher le renversement du gouvernement par la violence. Vers 1535, la Réforme radicale risquait de perdre le chemin de la vérité. Menno Simon fut celui qui épargna les anabaptistes du gouffre de l'hérésie.
Menno Simon[2] fut ordonné prêtre catholique à 28 ans. Bien que prêtre, il ne connaissait rien des Écritures. «Je craignais de me tromper en les lisant (les Écritures)!» rapporta-t-il par la suite. Il assuma son office de prêtre tout en passant ses soirées à boire et à jouer au hasard.
Après deux ans passés dans la prêtrise, Simon commença à étudier la Bible. Après plusieurs années d'études, il finit par comprendre que sa foi catholique était fausse. Il commença à prêcher la doctrine protestante depuis la chaire de son église catholique après avoir expérimenté une véritable conversion personnelle. Un an plus tard, il quitta l'église et s'associa aux réformateurs radicaux.
Simon savait que les anabaptistes étaient rejetés à la fois par les catholiques et les protestants. Il savait également que de nombreux anabaptistes suivaient des ensei-gnants hérétiques. Simon se mit donc à enseigner l'orthodoxie aux anabaptistes. Pendant vingt-cinq ans, il écrivit et publia des textes sur les anabaptistes, prêcha dans toute l'Allemagne et aux Pays-Bas et structura le mouvement anabaptiste.
Il passa une grande partie de sa vie dans la clandestinité, car l’empereur avait promit de récompenser quiconque le capturerait. Un homme fut exécuté pour l’avoir seulement logé. Simon accepta toutes ces choses comme le résultat naturel du fait de suivre Christ. «Si le Maitre de la maison a dû subir de telles tortures, des angoisses, des misères et des souffrances, qu’en est-il de ses serviteurs, de ses enfants et des autres membres de la famille ? Doivent-ils s'attendre à jouir de la paix et de la liberté dans leur chair? »
Simon libéra la Réforme radicale des hérésies dangereuses pour l’amener dans la foi chrétienne orthodoxe. Son influence était si déterminante que les anabaptistes portent désormais le nom de « les mennonites ».
[1] Mark Galli et Ted Olsen, 131 chrétiens que tout le monde devrait connaître (Nashville, TN : Broadman & Holman Publishers, 2000), 166–168.
[2] Image : "Meno simonis", extraite de https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Meno_simonis.jpg, domaine public.
La réforme et le puritanisme en Angleterre
Les débuts politiques de la réforme anglaise
À l’opposé du mouvement des luthériens, des anabaptistes ou des calvinistes, la réforme survenue en Angleterre fut amorcée notamment par un problème politique, et non par une question doctrinale. Ce n’était ni la justification par la foi, ni le bap-tême du croyant, ni une compréhension particulière de la souveraineté divine, mais une question de successeur qui poussa Henri VIII à se séparer de Rome.
Après dix-huit ans de mariage, le roi Henry voulait divorcer de sa femme Catherine d'Aragon qui ne pouvait lui donner un enfant mâle pour lui succéder, et épouser Anne Boleyn. Lorsque, pour des raisons politiques, le pape refusa d'annuler son union, Henry persuada un tribunal religieux d’annuler son mariage avec Catherine. Il épousa donc Anne qui mit au monde un enfant, mais une fille.
Après que le pape eut l’excommunié, le roi persuada le Parlement de voter l'Acte de Suprématie en 1534, qui fit du roi le chef suprême de l'Église d'Angleterre. Henry accorda l'autorité religieuse (la consécration des évêques, l’élaboration de la doc-trine et l'organisation de la liturgie) à Thomas Cranmer, l'archevêque de Cantor-béry. Sous Henri VIII, la scission avec Rome était avant tout politique.
Personnalité chrétienne à connaître : William Tyndale
Dans le premier tome de l’histoire de l’Église, nous avons passé en revue la vie de John Wycliffe qui fut à l’origine de la première traduction de la Bible en anglais. Cette traduction manuscrite ne fut jamais imprimée. Ce fut William Tyndale (1494-1536)[1] qui imprima la première Bible anglaise.[2]
William Tyndale étudia à Oxford et plus tard à Cambridge. Il était très doué pour les langues. Il parlait sept langues couramment et lisait le grec et l'hébreu ancien. À l'instar de Luther, de Zwingli et d'innombrables autres personnes, Tyndale subissait grandement l’influence de l'édition grecque du Nouveau Testament d’Erasme. Sa lecture du Nouveau Testament lui fit découvrir la doctrine de la justification par la foi.
Tyndale était très instruit. Mais à son époque, la parole de Dieu n’était pas disponible en anglais pour la plupart de ses contem-porains. Il allait donc con-sacrer sa vie à rendre la Bible disponible aux gens ordinaires.
Après ses études à Oxford et à Cambridge, Tyndale entreprit des démarches auprès des autorités pour obtenir l’autorisation de traduire le Nouveau Testa-ment en anglais. L’évêque d’Angleterre rejeta la demande. Tyndale comprit qu’il n’était en sécurité nulle part en Angleterre. À ce sujet il commenta ce qui suit : «Non seulement il n’y avait pas de place au palais de mon seigneur à Londres où je pouvais traduire le Nouveau Testament, mais il n'y en avait point dans toute l'Angleterre.»
Tyndale se rendit sur le continent européen pour trouver un endroit sûr où il pourrait travailler paisiblement sur la traduction. Il ne reviendrait jamais en Angle-terre. Après avoir voyagé dans plusieurs villes, Tyndale s’installa à Worms et termina la première traduction anglaise du Nouveau Testament en 1525.
Ce nouveau testament fut introduit clandestinement en Angleterre. L'archevêque de Canterbury ordonna aux autorités d'acheter et de détruire tous les exemplaires rencontrés. Tyndale prit l'argent généré par ces exemplaires pour imprimer une nouvelle édition du Nouveau Testament épurée de certaines erreurs qui avaient été glissées dans la première édition lors de l'impression.
Tyndale savait pertinemment que sa vie tenait à un fil pour avoir traduit la Bible sans l'approbation de l'Église. Mais tout ce qui lui importait était d’accomplir sa mission de rendre les Écritures disponibles dans la langue de son peuple. «…si Dieu, écrivit-il, est pour nous, qui sera contre nous, qu'il soit évêque, cardinal ou pape». Tyndale quitta l’Allemagne et s’installa à Anvers où il passa neuf ans à réviser le Nouveau Testament et débuta la traduction de l'Ancien Testament.
La traduction de Tyndale était d’une importance capitale de par sa qualité d’être la toute première traduction complète et son exactitude. Lorsque la version King James de la Bible fut réalisée 100 ans plus tard, elle utilisait environ 90% des mots de William Tyndale. Même la version standard anglaise de 2001 utilise un bon nombre de mots de Tyndale. L’influence de Tyndale perdure près de 500 ans après sa traduction.
En 1535, Tyndale fut dénoncé aux autorités qui l’arrêtèrent pour «hérésie». En octobre 1536, il fut conduit sur la place de la ville où se trouvait érigé une croix. Lorsqu'il refusa de se rétracter, on l’attacha à la croix et le brûla après l’avoir étranglé.
Les dernières paroles de Tyndale étaient une prière: « Seigneur, ouvre les yeux du roi d'Angleterre ». Sa prière fut exaucée en quelques années. En 1539, Henri VIII ordonna à chaque église de mettre à la disposition de ses membres une copie de la Bible en anglais. La traduction approuvée, la toute première Bible complète en anglais, fut publiée par Miles Coverdale. Le roi ne permit pas que le nom de Tyndale soit retenu en tant que traducteur, mais une grande partie de la traduction se basait sur le travail de Tyndale. Tout comme la traduction de la Bible par Luther amorça la Réforme allemande, celle de Tyndale était déterminante pour la Réforme anglaise.
[2] Sources:
Mark Galli et Ted Olsen, 131 chrétiens que tout le monde devrait connaître (Nashville, TN : Broadman & Holman Publishers, 2000), 349–350
John Woodbridge, Grands dirigeants de l'Église chrétienne (Chicago : Moody Press, 1988), 201-205
[3]Cinq siècles de traduction de la Bible Romains 12:1 Guillaume Tyndale (1526) "Je vous supplie donc, frères, par la miséricorde de Dieu, de faire de votre corps un sacrifice rapide, saint et agréable à Dieu, ce qui est votre service raisonnable de Dieu." Version du roi Jacques (1611) « Je vous supplie donc, frères, par la miséricorde de Dieu, d'offrir vos corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui est votre service raisonnable. Version standard anglaise (2001) "Je vous demande donc, frères, par la miséricorde de Dieu, de présenter vos corps comme un sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu, qui est votre culte spirituel."
La Réforme et le puritanisme en Angleterre (suite)
La propagation de la Réforme anglaise
Du fait que la motivation d’Henri VIII était essentiellement politique, il initia unique-ment deux réformes significatives dans l'Église d'Angleterre: l’interdiction de fonc-tionnement des monastères et l’autorisation d’utiliser la Bible dans les églises.
Après la mort d'Henri en 1547, son fils Edouard VI, âgé de dix ans, lui succéda sur le trône.[1] Pendant le règne de six ans d'Edouard, un groupe de conseillers orien-tèrent l'Église anglaise vers le protestantisme. L'archevêque de Cantorbéry, Thomas Cranmer, prenait les rennes de cette réforme. Il remplaça la liturgie latine par le Livre de la Prière Commune. Il résuma les croyances doctrinales de l'Église d'Angleterre sur la base des principes protestants.
Edouard mourut en 1553, et Marie, la fille de Catherine, première épouse d’Henri, s’empara du trône. Catholique dévouée, elle fut surnommée «Marie la Sanguinaire» pour avoir brûlé sur le bûcher près de 300 protestants, dont l'archevêque Cranmer et les évêques Ridley et Latimer.
Après la mort de la reine Marie en 1557, Elizabeth I (fille d'Anne Boleyn) accéda au trône. Au cours de son règne de quarante-cinq ans, l'Église anglicane prit la voie du protestantisme et reconnut la Bible comme l'autorité ultime. Elle fit adopter ‘Trente-neuf articles’ qui définissaient la doctrine de l'Église anglicane à la manière protes-tante.[2] L'Église d'Angleterre conserva de nombreuses pratiques catholiques tout en adoptant la doctrine protestante. Cette situation est connu sous le nom de Via Media, la «voie médiane».
[1] Après l’échec d’Anne Boleyn de concevoir un enfant mal pour le roi Henry VIII, ce dernier le fit exécuter pour adultère, puis épousa Jane Seymour qui lui donna enfin un garçon.
[2] Les trente-neuf articles étaient une révision des quarante-deux articles précédents de Thomas Cranmer.
[3]« Soyez de bonne humeur, monsieur Ridley, et jouez à l'homme ! Nous allumerons aujourd'hui une telle bougie par la grâce de Dieu, en Angleterre, car j'espère qu'elle ne s'éteindra jamais. »
- Mgr Latimer à Mgr Ridley alors qu'ils étaient brûlés sur le bûcher
Personnalité chrétienne à connaître : Le martyre de Thomas Cranmer
L'histoire fascinante de Thomas Cranmer fait ressortir l’envergure de la grâce de Dieu et de sa fidélité dans les moments difficiles. Mgr Cranmer était un chef de file de la Réforme anglaise. Cependant, lorsque la très catholique Marie monta sur le trône, elle menaça de tuer Cranmer au cas où il aurait refusé de renoncer à ses convictions protestantes. Il fut arrêté et emprisonné avec la menace d'être brûlé sur le bûcher. Craignant pour sa vie, Cranmer se rétracta de ses enseignements.
Le 21 mars 1556, Cranmer fut conduit à l'église universitaire d'Oxford. En échange de sa libération, Marie lui demanda de se rétracter publiquement en lisant un document écrit pour la circonstance. Une grande foule assistait à la scène espérant d’entendre la déclaration de Cranmer.
Cranmer se mit à lire le texte approuvé par les autorités. Mais il arrêta brusque-ment la lecture pour dire: «Et maintenant, je tiens à considérer cette situation particulière qui trouble si profondément ma conscience, plus que tout ce que j'ai jamais fait ou déclaré de toute ma vie…». Cranmer abjura de sa rétractation et proclama sa foi en l'évangile.
La déclaration suivante de Cranmer fut un vibrant témoignage. Cranmer déclara que, puisque sa main droite avait signé la fausse rétractation, «que ma main soit punie la première. Que le feu la consume avant le reste de mon corps. Et en ce qui concerne le pape avec toute sa fausse doctrine, je le considère comme l’ennemi du Christ et comme l’antéchrist. Sur ce, des soldats s’emparèrent de Cranmer et l’emmenèrent au poteau pour le bruler vif. Lorsque les flammes commencèrent à s’élever, Cranmer étendit sa main dans les flammes. Il mourut avec les paroles d'Etienne sur les lèvres: «Seigneur Jésus, reçois mon esprit. Je vois les cieux ouverts et Jésus debout à la droite de Dieu. »
La foi de Thomas Cranmer vacilla dans un moment de faiblesse. Il renia son maître comme le fit Simon Pierre au procès de Jésus. Toutefois, comme dans le cas de Simon Pierre, Dieu dans sa fidélité ramena Cranmer à la foi. Enfin, il mourut en martyr comme Pierre, laissant à la postérité un témoignage de la puissance de l'Évangile.
La Réforme et le puritanisme en Angleterre (suite)
Les puritains anglais
Entre 1567 et 1660, les puritains s’évertuaient à transformer la société par le biais d’une seconde réforme anglaise. Les puritains ne s’opposaient pas à l'unité de l'État et de l'Église ni cherchaient à se séparer de l'Église anglicane. Ils voulaient tout simplement purifier l'Église de l'intérieur. Les puritains croyaient que l'Église angli-cane conservait trop de pratiques de l'Église catholique romaine: la liturgie offi-cielle, les vêtements du ministre, les fêtes des saints, le signe de la croix, etc.
L’influence du mouvement puritain se fit sentir dans l’histoire d’Angleterre durant ces trois périodes.
Période 1
Sous la reine Elizabeth I (1558-1603), les puritains attentèrent d’opérer une réforme au sein de l'église. Elizabeth s’enquit de leurs plaintes sans apporter le moindre changement dans le mode de fonctionnement de l'Église. En 1593, l’influence des Puritains étaient si considérable qu'Elizabeth convainquit le Parle-ment d'adopter une loi contre les Puritains afin d'affaiblir leur pouvoir.
Période 2
Jacques Ier et Charles Ier (1603-1642) ne voyaient pas les puritains de bon œil. Après la mort d'Elizabeth en 1603, Jacques prit le pouvoir. Puisqu'il avait subi l’influence des calvinistes, les puritains espéraient qu’il doterait l'Église anglicane d'Angleterre d’un gouvernement presbytérien ; gouvernement dans lequel les croyants choisissent leurs propres ministres. D’ailleurs, un millier de ministres puritains signèrent la «Pétition Millénaire» pour demander le roi de «purifier» l'église. Mais le monarque ne prit pas la requête des puritains en considération ni accorda le droit de l’autodétermination aux congrégations. Il s’accrochait au titre du «droit divin» pour rester à la tête de l'Église anglicane. En outre, il dissout le Parlement et dirigea en monarque absolu. Charles Ier, le successeur de Jacques, était encore moins sympathique envers les Puritains.
Si certains puritains continuaient à espérer une réforme pendant le règne de Jacques et de Charles, d'autres quittèrent l'Église anglicane pour se faire connaître sous le nom de séparatistes. Certains des séparatistes s’installèrent à Amsterdam, prirent la résolution de baptiser des adultes et fondèrent l'église baptiste anglaise. Un autre groupe de séparatistes s’était installé pendant dix ans à Leyde avant de prendre le navire dénommé Mayflower pour se rendre dans la colonie de Plymouth, dans le Massachusetts. Environ 20 000 puritains immigrèrent en Amérique entre 1630 et 1640.
Période 3
En 1637, Charles Ier nomma William Laud archevêque de Cantorbéry. Laud tenta d'imposer le «Livre de la prière commune» à l'Église d'Écosse, provoquant ainsi une rébellion des Écossais. En fin de compte, le conflit dégénéra en une guerre civile entre les royalistes (qui souhaitaient conserver l'épiscopat anglais) et les Puritains (qui souhaitaient un contrôle presbytérien). Les armées des puritains étaient dirigées par Oliver Cromwell. Les Puritains voyaient dans cette guerre une croisade pour la pureté. Ils priaient avant les batailles et chantaient des cantiques tout en se battant. Charles I capitula en 1646 et fut exécuté trois ans plus tard.
Les puritains dirigèrent l'Angleterre jusqu'en 1660. C’était la période durant laquelle le pouvoir politique des puritains était à son paroxysme. Ils tentèrent d’organiser l'Angleterre sur le modèle de Genève avec Calvin. Cependant, les divisions entre les puritains affaiblirent leur influence, et après la mort de Cromwell, les Anglais saluèrent le retour de la monarchie et adoptèrent une forme de gouvernement épiscopal. Après cette période, le puritanisme survécut dans la peau d’un mouvement dissident.
À partir de ce moment, le christianisme anglais comprenait trois embranchements:
L'Église anglicane
Les dissidents qui acceptaient l’union de l'Église avec l'État (les puritains et les catholiques)
Les non-conformistes qui s'opposaient au mariage de l'Église avec l'État (les indépendantistes, les séparatistes, les congrégationalistes, les presbytériens, les méthodistes, les quakers et les baptistes)
Les puritains qui immigrèrent en Amérique fondèrent la colonie de la baie de Massachusetts. Leur influence sur l’établissement des colonies américaines est considérable. Bien qu'ils aient été souvent ridiculisés en tant qu'extrémistes, les premiers Puritains cherchaient à obéir fidèlement à la Parole de Dieu.
La contre-réforme
L’Église catholique romaine a réagi à la Réforme en condamnant les protestants et en adoptant des réformes internes. La réponse catholique incluait trois aspects:
Le pape Paul III attaqua les idées protestantes et donna l’ordre à l'Inquisition de chercher et de tuer les protestants. Par ailleurs, il publia un «Index» de livres interdits à tous les catholiques. Cet index, qui a été maintenu jusqu'en 1959, comprenait des livres des réformateurs ainsi que des Bibles protestantes.
Formation de la « Société de Jésus »
Comme Martin Luther, le soldat espagnol Ignace de Loyola eut une expérience de conversion assez dramatique. Alors qu'il se remettait d'une blessure au combat, il se mit à lire des articles sur la vie du Christ. À l'âge de trente ans, Ignace aban-donna sa carrière de soldat, se rendit en Terre sainte pour un pèlerinage et entama des études pour devenir prête. L’apport d’Ignace à la réforme de l'Église catholique romaine comprend deux contributions majeures.
Premièrement, Ignace introduisit une série d’activités spirituelles pour la formation spirituelle. Les disciples devaient passer quatre semaines dans la prière et la méditation. Et chaque semaine était consacrée à un sujet différent:
La condition dépravée de l'homme
La royauté du Christ
La passion du Christ
La vie ressuscitée du Christ
Deuxièmement, Ignace créa la «Société de Jésus» (jésuites) en tant que «soldats du Christ». Les jésuites restaurèrent la vision de l'Église romaine dans le domaine de la mission. Francis Xavier, le premier missionnaire jésuite, prêcha en Inde, en Asie du Sud-est et au Japon.
Le concile de Trente
Parallèlement aux attaques contre le protestantisme, l'Église catholique résolut d’amorcer quelques réformes en son sein même. Le pape Paul III convoqua un concile à Trente, dans le nord de l'Italie, pour discuter des problèmes de l'église. Le concile de Trente se réunit en trois sessions entre 1545 et 1563.
Des réformes furent effectuées par ce concile au sein de l'église. Étant donné que beaucoup de prêtres étaient très peu éduqués au point qu'ils ne pouvaient lire correctement la messe, le concile organisa des sémi-naires de formation pour les prêtres. Le conseil recommanda aux prêtres de dire la messe dans la langue du peuple, puisque la majorité des fidèles ne comprenaient pas le latin. Le conseil réprimanda également les prêtres et les musiciens qui traitaient le service avec légèreté.
Le concile de Trente rejeta les doctrines des réformateurs et réaffirma la doctrine de la transsubstantiation. Elle réfuta la justification par la seule foi comme « un poison qui détruit la liberté».[1] Cette position réaffirme l'enseignement catholique selon lequel l'Église romaine est le seul interprète des Écritures. Le concile réaffirma aussi les sacrements médiévaux, la messe en sacrifice, la prière par l'intermédiaire des saints et la confession à un prêtre.
[1] Bruce L. Shelley, Church History in Plain Language, 3rd ed. (USA: Thomas Nelson, 2008), 277.
[2]« Apprends-nous Seigneur, à servir comme tu le mérites; Donner et ne pas compter le coût; Se battre et ne pas tenir compte des blessures; Travailler dur et ne pas chercher le repos; Travailler et ne demander que la récompense de savoir que nous faisons ta volonté.
- Ignatius of Loyola
L'Évangile arrive au Japon
Francis Xavier (1506-1552) fut le premier missionnaire occidental dans de nom-breuses régions de l'Inde et du Japon. Dans une lettre adressée à ses supérieurs en Europe, il invita d’autres personnes à le suivre: «Dites aux étudiants de renoncer à leurs petites ambitions et d’aller à l’est pour prêcher l’Évangile».
Après avoir prêché en Inde, il se rendit en Indonésie et au Japon. Xavier fut le premier à apporter l'évangile au Japon. Bien qu'il soit décédé trois ans après son arrivée, sa mission fut un succès total. En 1577, un missionnaire prédit: «Dans dix ans, tout le Japon sera chrétien si nous avons suffisamment de missionnaires. «À la fin du siècle, l’ile comptait des centaines d'églises, deux universités chrétiennes et 300 000 chrétiens.
Puis, en 1596, le gouvernement japonais résolut de détruire cette «religion étran-gère». En 1597, ils crucifièrent vingt-six chrétiens japonais. Au cours d'une période de cinquante ans, au moins 4 000 chrétiens furent martyrisés. Vers le milieu du dix-septième siècle, il ne restait qu'une faible quantité de chrétiens. Au cours des quatre derniers siècles, les chrétiens eurent du mal à y implanter une église plus ou moins forte. Cependant, le succès de Francis Xavier donne de l'espoir à ceux qui cherchent encore une fois à atteindre cette nation avec l'évangile.
Xavier appliquait un principe dont les missionnaires protestants ultérieurs allaient en faire un joyau. Tant qu'une coutume locale ne violait pas les principes bibliques, il ne demandait pas aux convertis d'abandonner leurs traditions. Il comprit qu'un chrétien japonais était japonais, et non pas un italien. Il établit une nette distinction entre la culture européenne et la foi chrétienne.
Bien que de nombreux missionnaires n'aient pas réussi à contextualiser l'Évangile de cette manière, Hudson Taylor utilisa cette approche pour l'évangélisation de la Chine au XIXe siècle. Laquelle approche serait le modèle des missions protestantes du XXe siècle. Le christianisme n'exige pas aux convertis d’abandonner leur culture.
[1] «Dans une hutte d'écorce brisée Le tendre bébé a été trouvé, Une robe en lambeaux de peau de lapin Enveloppé sa ronde de beauté.»
- Un chant jésuite qui contextualise l'histoire de Noël de la tribu huronne
La guerre de trente ans et la montée des dénominations
Qui est chrétien? La plupart des chrétiens admettent que l'Église universelle est composée de tous les vrais croyants et que le corps de Christ est plus vaste qu'une dénomination. Cependant, cette compréhension est relativement nouvelle.
Au Moyen Âge, les chrétiens se voyaient unis dans une seule église catholique apostolique, indépendamment des différences de doctrine et de pratique des parti-culiers. Mais pendant la Réforme, cette vision particulière de l’Église compliquait la situation. La Réforme ne déboucha pas immédiatement sur la liberté de conscience. Les régions de l’Allemagne de confession luthérienne exigèrent à tous leurs sujets de devenir luthériens, interdirent toutes les autres églises protestantes et confis-quèrent la propriété des évêques catholiques. Le luthéranisme devint donc une religion d'État.
Au cours des années 1540 et 1550, les princes luthériens combattirent les armées catholiques en Allemagne. Lors de la paix d'Augsbourg en 1555, les deux parties adoptèrent le « principe du territoire ». Il revenait au souverain de chaque région de déterminer la foi de tous les sujets vivant sur son territoire. Comme le montre la carte ci-dessous, la l’Europe était divisée en fonction de la religion du souverain.
À la fin du XVIe et au début du XVIIe siècle, les catholiques et les calvinistes (huguenots) en France, ainsi que les calvinistes néerlandais et les dirigeants catholiques espagnols aux Pays-Bas se livraient une guerre de religion sans merci. Comme les papes de l’ère médiévale, les premiers réformateurs tentèrent de faire usage du pouvoir politique pour résoudre des différends doctrinaux.
La guerre de trente ans (1618-1648) fut la guerre de religion la plus longue de cette période. Elle débuta sous le couvert d’un simple conflit religieux en Allemagne pour se terminer par une guerre à caractère politique. En 1618, le nouveau roi catholique de Bohême, Ferdinand II, tenta d'imposer le catholicisme à ses sujets protestants. Les Bohémiens se révoltèrent et offrirent la couronne à Frédéric V, souverain calviniste d'une partie de l'Allemagne. Ce fut l’événement déclencheur d’une guerre entre les catholiques et les calvinistes.[1]
Deux ans plus tard, les catholiques eurent raison des Bohémiens. Le roi luthérien du Danemark, Christian IV, attaqua Ferdinand et les armées catholiques. Mais il fut vaincu comme les Bohémiens.
Le roi suédois Gustave Adolphe de confession luthérienne entra en Allemagne pour diriger les forces armées protestantes. Il remporta de nombreuses victoires avant d'être tué au combat en 1632. Au cours des quinze dernières années, le conflit était plus politique que religieux. Loin d’être une guerre de religion, c’était une lutte pour le contrôle territorial. Au cours de ces années, catholiques français et espagnols s’affrontèrent pour conquérir de nouveaux territoires.
La paix de Westphalie mit fin à la guerre en 1648. Au lieu du principe territorial de la paix d'Augsbourg, ce traité permettait aux princes de tolérer les protestants et les catholiques sur leurs territoires. Il était interdit au pape de s'immiscer dans les affaires allemandes. L'Église et l'État étaient considérés désormais en Allemagne comme des entités séparés.
Avant 1648, la plupart des chrétiens insistaient sur le fait que seul un groupe de croyants (leur église) représentait la foi chrétienne. Cependant, en 1648, les deux camps en présence étaient tous épuisés par les guerres de religions. À partir de ce moment, la plupart des chrétiens acceptent l'idée de dénominations - des commu-nautés de foi distinctes au sein de l'Église universelle.
Entre 1642 et 1649, l’Assemblée de Westminster se réunit pour rédiger la Confes-sion de foi de Westminster. Certains membres de cette assemblée (les congréga-tionalistes) énoncèrent quatre principes qui résument le fondement des dénomi-nations au sein de l'Église universelle:
Puisque l'homme ne peut pas toujours voir clairement la vérité, il y aura toujours des divergences d'opinion sur les formes extérieures de l'Église.
Ces différences ne concernent peut-être pas les principes fondamentaux de la foi, mais elles sont importantes. Cette importance découle du fait que le chrétien doit pratiquer ce qu'il croit être un enseignement biblique.
Étant donné qu'aucune église n'a une compréhension définitive de la vérité divine, l'Église universelle ne peut être représentée par aucune organisation religieuse ecclésiastique.
La séparation ne nécessite pas de schisme. Il est possible de maintenir les différences en tant que dénominations tout en restant unis en Christ.
Ces principes sont devenus la base du dénominationalisme moderne. Une loyauté confessionnelle rigide et extrême peut conduire à la division. Cependant, avec une meilleure compréhension, les dénominations permettent aux chrétiens individuels d'adorer en fonction de leurs convictions tout en respectant la foi de leurs compa-gnons de foi partageant des convictions différentes.
►Les conflits entre les partisans de Luther, Zwingli, les réformateurs radicaux et Calvin montrent à quelle vitesse le réveil spirituel est basculé dans un conflit personnel, doctrinal et politique. Quels sont les aspects doctrinaux ou pratiques pouvant provoquer la division dans l'église aujourd'hui? Comment pouvons-nous rester fidèles à nos convictions tout en évitant qu’un conflit jette le déshonneur sur le nom du Christ?
[1] Le traité de la paix d'Augsbourg ne prenait pas en compte les calvinistes, mais seulement les luthériens et les catholiques.
Conclusion: l'histoire de l'Église parle aujourd'hui
Lors de l’élaboration de cette leçon, je fis cette réflexion: «Comme il est découra-geant d’écrire sur l'histoire de l'église! Des catholiques brûlent des protestants. Des Luthériens font la guerre aux catholiques. Des calvinistes tuent des anabaptistes par la noyade. L'histoire de l'église n’est pas si impressionnante.
Puis, je me suis rappelé une devise de la Réforme: «L’Église se réforme toujours par la Parole de Dieu.» Aussi longtemps que l’Église soit composée d’hommes et de femmes faillibles, il faut retourner continuellement à la source de la Parole de Dieu pour la réformation.
L'étude de l'histoire de l’Église constitue une source d’inspiration à l’humilité et la joie. Elle inspire l'humilité dans le sens que personne ne dispose de la totalité de la vérité. Les générations précédentes avaient des angles morts; il en est de même pour nous. Quels sont nos angles morts? Je l’ignore - c'est pourquoi ils sont des angles morts! Nous devons faire preuve d’humilité et d’ouverture d’esprit à la direction de Dieu. Nous devons lui permettre de nous réformer par le moyen de la connaissance approfondie de sa Parole.
L'étude de l'histoire de l'Église devrait nous inspirer aussi de la joie. De même que Dieu se servit de chrétiens faillibles dans le passé, il nous utilisera sans aucun doute aujourd'hui, et ce, en dépit de nos limitations. Si nous demeurons fidèles à Dieu, il réalisera ses desseins au travers de notre personne.
Les racines des dénominations protestantes
Luthérienne
Réformée
Réformé radical
Anglicane
• Presbytérien
• Anabaptiste
• Méthodiste
• Néerlandais et réformé allemand
• Mennonites
• Sainteté / Dénominations Wesleyennes
• Certains baptistes
• Certains baptistes
• Baptistes anglais
Leçon 2 Événements clés de l'histoire de l'Église
Date (A.D.)
Événement
1525
Les anabaptistes sont chassés de Zurich.
1534
L’Église anglicane est fondée par l’adoption de l’«Acte de suprématie».
1536
William Tyndale martyrisé pour avoir traduit la Bible en anglais.
1545-1563
Le concile de Trente se réunit pour réformer l'Église catholique romaine.
1611
La version King James de la Bible montre l'engagement des anglais ayant réformé l’église de traduire les Écritures dans la langue du peuple.
1618-1648
La guerre de trente ans
Leçon 2 Personnes clés dans l'histoire de l'Église
Cranmer, Thomas (1489-1556). Archevêque de Canterbury, il tenta de promou-voir les principes de la Réforme en Angleterre et dirigea la rédaction du Livre de la Prière Commune. Il fut brulé vif comme un martyr sous le règne de la reine Marie.
Ignace de Loyola (v. 1491-1556). Moine et fondateur des Jésuites (Société de Jésus). Il fut le leader de la «Contre-réforme» dans l'Église catholique romaine.
Latimer, Hugh (c. 1485-1555) : réformateur protestant anglais et évêque de Worcester. Il fut brûlé sur le bûcher par la reine Marie en 1555.
Ridley, Nicholas (c. 1500-1555). Réformateur anglais protestant et évêque de Londres. Brûlé sur le bûcher de la reine Marie en 1555.
Simons, Menno (1496-1561), leader anabaptiste et mennonite. Simon était un prêtre catholique romain qui avait embrassé la doctrine de la Réforme, mais se divergeait des principaux réformateurs sur la question de baptême du croyant, l'usage de la force et la nature de l'Église.
Tyndale, William (1494-1536), publia la première complète Bible en anglais. Il fut martyrisé par le roi Henri VIII.
Leçon 2 Devoirs
(1) Que l’étudiant(e) passe un test sur cette leçon. Lequel test doit inclure des dates de la chronologie des «Événements clés de l’histoire de l’Église» (1517-1648).
(2) Que l’étudiant (e) résume la vie de l’un des leaders chrétiens suivants: Nicholas Ridley, Ignace de Loyola ou Francis Xavier. Ce résumé doit comprendre les trois parties que voici:
Biographie: Quand a-t-il vécu? Où a-t-il vécu? Où et quand est-il mort?
Événements: Quels sont les événements les plus importants de sa vie?
Influence: Quelle a été son influence durable sur l'église chrétienne?
Il est possible de présenter ce résumé soit en:
Soumettant un article de 2 pages au moniteur de la classe.
Faisant une présentation orale de 3 à 5 minutes pour la classe.
Leçon 2 Question du test
(1) Luther, Zwingli et Calvin sont appelés les réformateurs _________________.
(2) Gretel, Manz et les anabaptistes sont appelés les réformateurs _______________.
(3) Citez trois des cinq principes sur lesquels insistaient les anabaptistes.
(4) ________________________ devint l’un des chefs de file des anabaptistes et détourna la Réforme radicale de l'hérésie.
(5) La Réforme anglicane débuta comme un mouvement politique sur la question de la succession au trône. Elle fut dirigée par le roi _______________________.
(6) __________________________ imprima la première Bible anglaise.
(7) L'archevêque ________________________________ orienta l'Église d'Angleterre au protestantisme. Il remplaça les services latins par les ___________________.
(8) Entre 1567 et 1660, les ______________________ opérèrent une deuxième réforme anglaise.
(9) La Contre-réforme était amorcée par un Concile qui s’était réuni à _____________ entre 1545 et 1563.
(10) ____________________ fut le premier missionnaire occidental au Japon.
(11) La paix de ____________________ en 1648 mit fin à la guerre de trente ans.
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