Dans les leçons précédentes, nous avons examiné en long et en large les traditions catholiques, orthodoxes orientales et protestantes. Néanmoins, les dernières leçons du cours étudient en l’occurrence la tradition évangélique et accordent une atten-tion spéciale à l’expansion des missions mondiales aux XIXe et XXe siècles.
En 1800, le protestantisme était quasi exclusivement occidental. Seulement 1% des chrétiens protestants vivaient en Afrique, en Asie et en Amérique latine. À la fin du XIXe siècle, 10% des protestants vivaient dans ces régions du monde. Aujourd'hui, environ 67% des chrétiens protestants vivent dans des pays autrefois considérés comme des «champs missionnaires internationaux».
Date (A.D.)
Événement
1789
Révolution française
1790-1840
Deuxième grand réveil
1793
William Carey arrive en Inde
1854
Hudson Taylor arrive en Chine
1864
Samuel Crowther nommé premier évêque anglican africain
1905-1910
Le renouveau mondial commence au Pays de Galles
1914
Début de la Première Guerre mondiale
À présent, les régions les plus protestants du monde sont l'Asie, l'Afrique et l'Amé-rique latine. Le pourcentage des chrétiens d’Afrique avoisinait les 9% en 1900 pour passer à 46% en 2005. En 1900, l'Asie comptait seulement 2% de chrétiens, mais en 2005, ce chiffre grimpa à 9%. Les causes profondes d’un tel revirement remontent au mouvement missionnaire du XIXe siècle. Dans les leçons 12 et 14, nous verrons comment le christianisme a fait le tour du monde aux XIXe et XXe siècles.[1]
L'empire britannique atteignit le sommet de sa puissance durant le XIXe siècle. Londres, la plus grande ville du monde, était le centre financier et commercial de l'Europe. Par le biais de la marine britannique, l’Angleterre assura le développe-ment du commerce mondial et le contrôle de colonies. À la fin du XIXe siècle, l’Angleterre régnait sur le plus grand empire de l’histoire.
Pendant tout le dix-neuvième siècle, l’Angleterre fut le théâtre de vastes réformes évangéliques. Le réveil évangélique du dix-huitième siècle qui avait mis l'accent sur la nouvelle naissance, la transformation des cœurs et l'engagement au service, avait entrainé de profondes réformes dans la société anglaise du XIXe siècle.
Le mouvement méthodiste au début du XIXe siècle
La mort des frères Wesley ne ralentit point l’expansion du mouvement méthodiste ni en Angleterre ni aux États-Unis. Avec Adam Clarke en Angleterre et Francis Asbury en Amérique comme leader du mouvement, le méthodisme allait poursuivre sans interruption un rythme de croissance constant.
Adam Clarke, né en Irlande du Nord en 1760, se convertit à l'âge de 19 ans sous le ministère d'un prédicateur méthodiste et devint prédicateur à l'âge de 22 ans.
L'un des esprits les plus brillants au début du XIXe siècle, Adam Clarke était toutefois un véritable autodidacte. Il apprit tout seul au moins dix langues et rédigea un commentaire de six volumes sur la Bible. Le commentaire d'Adam Clarke a été pendant près de deux siècles un document d’une valeur inestimable.
Clarke publia vingt-deux autres livres en plus de son commentaire, prêcha pendant plus de cinquante ans dans près de vingt-quatre circuits méthodistes et présida à la fois les conférences méthodiste irlandaise et anglaise. Il passa également dix ans à réviser des journaux pour le gouvernement britannique. En l'honneur de son travail scientifique, Clarke reçut un doctorat honorifique de l'Université d'Aberdeen.
Dr. Clarke était très impliqué dans l'évangélisation. En 1818, il rencontra deux prêtres bouddhistes venus de Ceylan en Angleterre. Il passa deux ans avec ces hommes et finit par les baptiser pour les renvoyer apporter l'évangile à Ceylan.
Dr. Clarke était également attaché au message de la sainteté. Même au soir de sa vie en 1832, il ne cessait de prêcher sur la possibilité d'avoir un cœur «rempli de toute la plénitude de Dieu».[1]
La secte de Clapham
Avant le dix-neuvième siècle, la plupart des activités religieuses prenant place sur le sol anglais avaient eu lieu au sein même des confessions traditionnelles –l’Église anglicane, baptiste, congrégationaliste ou méthodiste. Mais au XIXe siècle, les acteurs de certains changements opérés dans la société étaient des individus qui rejoignaient des organisations religieuses formées dans un but de réforme sociale, de réveil spirituel ou pour promouvoir des activités missionnaires.
Un groupe d'évangélistes issus de l’aristocratie de la région de Clapham, près de Londres, se fit connaitre sous le nom de la «secte de Clapham». Ce n'était pas une dénomination ni même une organisation proprement dite, mais une communauté informelle de chrétiens engagés dans la réforme sociale et spirituelle de la société anglaise. Le chef spirituel de la secte se nommait John Venn, un ministre de l'Église anglicane. Se comptaient parmi les membres laïcs de ce groupe, le gouverneur général de l'Inde, le président de la Compagnie des Indes et, plus particulièrement, William Wilberforce, éminent membre du Parlement.
Les membres de la secte de Clapham fondèrent de nombreuses organisations, notamment la Société missionnaire de l’Église anglicane, une société biblique, ainsi que d’autres organisations dévouées au service des pauvres et l’amélioration des conditions de détention. Mais l’impact de la secte se fit principalement sentir dans sa lutte contre l'esclavage. Bien que la pratique de l'esclavage ait été interdite par la plupart des nations chrétiennes au Moyen Âge, l'Angleterre relança la traite des esclaves africains en 1562. Dès 1770, les navires britanniques transportaient tous les ans près de 50 000 esclaves depuis les côtes de l'Afrique de l'Ouest.
William Wilberforce (1759-1833) était convaincu que Dieu l'avait placé au Parle-ment pour combattre la traite des esclaves. Sa campagne antiesclavagiste débutée en 1789 allait durer des décennies. Entre-temps, la secte de Clapham publie des ouvrages et organise des conférences sur les méfaits de l'esclavage.
Après des années de lutte, la traite des esclaves fut interdite en 1809. Sans tarder Wilberforce s’en prit directement à l'esclavage même. La loi de l'émancipation qui libéra tous les esclaves de l'Empire britannique fut adoptée le 25 juillet 1833, donc quatre jours avant la mort de Wilberforce. Si Wilberforce était le leader principal de la lutte antiesclavagiste, les membres de la secte de Clapham en jouaient une part assez active. Ils croyaient que l’Évangile ne s’occupait pas uniquement des affaires «spirituelles». Mais il pouvait être un outil de transformation pour que la société puisse refléter la justice chrétienne.
William Booth et l'Armée du Salut
Si au début du XIXe siècle, la communauté de Clapham s’activa parmi les classes supérieures pour réformer la société anglaise, vers la fin du siècle, William Booth (1829-1912), un ministre méthodiste, entama une campagne d’évangélisation dans les rues de Londres et mit sur pied un programme d’assistance au bénéfice des per-sonnes les plus vulnérables de la société.
William Booth commença ce ministère en 1864. En 20 ans, il avait à son actif près de 1 000 collaborateurs. Organisés selon le modèle militaire, ce corps de volon-taires s'appelait l'Armée du Salut, laquelle avait pour guide le général Booth. Une fois de plus, une nouvelle organisation formée de volontaires s’était engagée dans la réforme sociale. La prochaine leçon considérera de plus près le ministère de l'Armée du Salut.
Les organisations bénévoles chrétiennes
La secte de Clapham et l'Armée du Salut mettent en évidence l'importance des «associations bénévoles» dans le christianisme du XIXe siècle. Ces associations ont permis aux chrétiens de diverses confessions religieuses de travailler en commun accord pour répondre à un besoin spécifique et ont contribué à la l’expansion des missions, la diffusion de la Bible, la réforme carcérale, l'aide humanitaire et enfin, l'abolition de l'esclavage.
Le mouvement de l'école du dimanche est un autre exemple de la contribution des chrétiens laïcs œuvrant pour apporter une solution à un problème d’ordre social. En 1780, l’éditeur de journal de foi anglicane Robert Raikes, mit sur pied une école devant éduquer les enfants d’origine modeste. Du fait que l’Angleterre ne disposait pas de système scolaire public à l’époque, les enfants des familles pauvres gran-dissaient avec très peu d'éducation. Comme ils travaillaient dans des usines durant toute la semaine, Raikes proposa des cours de lecture et de religion tous les dimanches. Le taux de criminalité diminua considérablement dans la ville de Raikes et les responsables prirent la résolution de promouvoir l’implantation des écoles du dimanche dans d'autres villes du pays. En 1830, 1 250 000 enfants dans toute l'Angleterre (environ le quart de la population) fréquentaient les écoles tenues le dimanche.
Les sociétés bénévoles chrétiennes ont mis en pratique le principe de Luther selon lequel tous les chrétiens sont appelés à servir Dieu, quelle que soit leur carrière. Par le biais de ces organisations, les laïcs se sont placés à l’avant de la scène en matière de leadership.
[2]«Être rempli de Dieu est une grande chose; Être rempli de la plénitude de Dieu est encore plus grand; Être rempli de toute la plénitude de Dieu est le plus grand de tous.»
- Adam Clarke
L’activité missionnaire des évangéliques dans le monde
En 1800, le protestantisme était quasi une confession de l’Europe et de l’Amérique du Nord. Dix-huit siècles après la Grande Commission de Jésus, la plus grande partie du monde n'avait pas encore entendu l'Évangile. Ce qui n’implique pas pour autant que l’activité missionnaire était inexistante avant le XIXe siècle. Car des mis-sionnaires moraves avaient participé activement dans la traduction des Écritures, ils avaient créé des écoles pour permettre à plus de gens de lire la Bible et même formé des pasteurs pour le ministère local.
Mais les missions se faisaient généralement à petite échelle, édifiant que «des îlots dans le vaste océan du monde païen».[1] Vers le début du XIXe siècle, William Carey, par sa vision de transformer des sociétés entières, allait modifier radicalement la perception de l'Église sur les missions. Dès lors, d'autres croyants allaient adopter la vision d’une évangélisation globale et universelle.
William Carey rejoignit la dénomination baptiste de l’Angleterre après son baptême en 1783. Peu de temps après, il devint professeur d’école puis pasteur d'une église locale. La lecture de La vie de David Brainerd écrit par Jonathan Edwards pour relater les efforts de Brainerd pour évangéliser les Amérin-diens, alluma la passion de Carey our l'évangélisation.
À l'époque, de nombreux baptistes anglais n’estimaient pas les missions utiles. Puisque Dieu finirait par sauver les élus, il était œuvre vaine, croyaient-ils, de prêcher aux non-élus. Lorsque William Carey suggéra, lors d’une réunion de ministres que c’était le devoir de tous les chrétiens de répandre l’Évangile, un pasteur respecté lui répondit: «Jeune homme, asseyez-vous ! Quand Dieu voudra bien convertir les païens, il le fera sans votre apport ou le mien.» Quelques années plus tard, Carey publia un document sur les obligations des chrétiens de travailler pour la conversion des païens. Lequel document fut un appel à l'évangélisation du monde.
Carey n'était certainement pas le premier à constater que le monde avait besoin d'être évangélisé. En 1784, le leader méthodiste Thomas Coke proposa à une société missionnaire un «Plan de direction de missions parmi les païens». La même année, le pasteur anglican Joseph White prêcha à Oxford dans Marc 16:15 «sur le devoir de s’engager dans la propagation de l'Évangile parmi les mahométans et les hindous de l’Inde.»
Carey n'était pas le seul non plus à avoir une passion pour l'évangélisation. Mais il a pu surpasser ses contemporains en parvenant à transformer une nation entière. Carey avait compris que toute transformation sociale vient de l'intérieur. Il avait mis un accent particulier sur la traduction des Écritures dans les langues autoch-tones, le respect de la culture et des traditions nationales (dans la mesure où elles ne contredisent pas les principes bibliques) et la formation des ministres locaux.
[1] Bruce Shelley, Church History in Plain Language, 3rd ed. (Nashville, Thomas Nelson, 2008), 374.
[2]«Attendez-vous à de grandes choses de Dieu; Tentez de grandes choses pour Dieu.»
- La devise de William Carey
L'Évangile arrive en Inde
William Carey n'était pas le premier à avoir apporté l'évangile en Inde. Selon la tra-dition de l'Église, l'apôtre Thomas y exerça son ministère vers l'an 52. Au IVe siècle Eusèbe, l'historien de l'Église, rapporta la présence d'une communauté chrétienne dans ce pays.
En 1705, deux piétistes allemands, Bartholomäus Ziegenbalg et Heinrich Plätschau, foulèrent le sol indien en tant que missionnaires protestants. Ils traduisirent la Bible en tamoul et en Hindoustan. Cependant, l’effort missionnaire le plus significatif en Inde durant l’époque moderne fut mené par William Carey de 1793 jusqu’à sa mort en 1834. Du fait que la Compagnie britannique des Indes orientales s'était opposée à toute activité missionnaire en Inde, Carey s’est installé à Serampore, une région administrée par les Néerlandais.
Au cours de ses quarante et une années de ministère en Inde, Carey y jeta les bases de l'évangile. Avec ses collègues, Carey traduisit la Bible en bengali, en sanscrit et dans quatre autres langues, et des portions de l'Écriture dans vingt-quatre autres. Carey composa des cantiques évangéliques en bengali. Il fonda la première université d’Asie (Serampore College) en vue de former des pasteurs et dispenser une éducation en arts libéraux aux gens de toutes les castes.
William Carey s’est demandé: «À quoi ressemblerait l'Inde si Jésus était le Seigneur de la nation?» Grâce à cette vision, Carey transforma la culture de la nation tout entière. La vision de Carey du royaume de Dieu en tant que modèle pour la société affecte des domaines bien au-delà du «spirituel». Tous les aspects de la société indienne ont subi l’influence de la foi chrétienne.
Parallèlement à l'enseignement hindou selon lequel la nature est une «illusion» à éviter, Carey la considérait comme étant la bonne création d'un Dieu aimant. Pour cette raison, il publia les premiers manuels de sciences en Inde et organisa des réformes pour améliorer la productivité agricole.
Contre la pratique hindoue consistant à brûler vif les lépreux pour les «purifier», Carey brandissait en avant l’amour de Dieu pour ces malheureux. Par conséquent, il initia des campagnes de traitement en faveur des victimes de la lèpre.
Puisqu’il avait foi en la justice économique, Carey fonda des caisses d'épargne pour lutter contre les taux d'intérêt exorbitants imposés par les usuriers. Et sa conviction que la liberté d’expression apporterait de grand bénéfice au christianisme lui inspira à fonder le premier journal d’une langue orientale.
Ayant été convaincu que tout individu porte en lui l'image du Dieu Créateur, Carey luttait contre l'oppression des femmes. Il ouvrit des écoles pour les filles, car, l’Inde du XVIIIe siècle négligeait la scolarisation des filles. Il lutta contre la polygamie, l'infanticide féminin et la crémation des femmes veuves – des pratiques caution-nées par l’indouisme. Carey lutta pendant vingt-cinq ans pour faire passer une loi interdisant la crémation des veuves (ou rite de la sati).
La vie de William Carey démontre comment une personne imprégnée de la vision du Royaume de Dieu peut impacter de manière durable notre monde. Son exemple modifia complètement les missions protestantes pour toujours.
Sensibilisation évangélique au monde (suite)
Autres activités missionnaires du XIXe siècle
Le monde a été sillonné par des centaines de missionnaires au XIXe siècle. Pour la première fois dans l’histoire, les protestants évangéliques étaient à l'avant-garde de l'activité missionnaire. Au cours des deux premières décennies du XIXe siècle:
Henry Martyn se rendit en Inde (1805).
Robert Morrison fut le premier missionnaire protestant en Chine (1807).
Adoniram Judson se rendit en Birmanie en tant que premier missionnaire américain à l'étranger (1812).
Samuel Marsden dirigea une troupe de missionnaires en Nouvelle-Zélande (1814).
Robert Moffat prit la direction de l’Afrique (1816).
Au milieu du siècle, un esprit d'optimisme associé à une passion pour les missions avait inspiré le Mouvement des étudiants volontaires pour les missions étrangères à se fixer pour objectif «l'évangélisation du monde durant cette génération». Le dix-neuvième siècle était donc un âge de mission.
David Livingstone entreprit un voyage au cœur de l'Afrique, ouvrant le continent à l'évangile. Son discours aux étudiants de Cambridge en 1859 décrit la nature des missions du XIXe siècle: «Je retourne en Afrique pour tenter d'ouvrir une voie au commerce et au christianisme. C’est à vous de faire de votre mieux pour poursuivre le travail que j'ai commencé. Je vous le confie.»
Mais Livingstone ne considérait point les missions comme une porte d’accès à l'ex-ploitation de l'Afrique au bénéfice des intérêts commerciaux britanniques. Il croyait tout simplement, à l'instar de Carey, que l'évangile pouvait transformer tous les domaines de la société. Livingstone estimait que la traite des esclaves africains était un commerce très rentable. Ainsi, le commerce en général avec le continent africain, croyait-il, pourrait sonner le glas du trafic d'esclaves.
Est nécessaire de souligner que les missionnaires protestants n'étaient pas des agents commerciaux britanniques. En fait, les entreprises britanniques s’étaient souvent opposés aux missionnaires qui généralement se rangeaient du côté des autochtones en vue de les défendre contre les pratiques déloyales des anglais. La Compagnie britannique des Indes orientales par exemple chassa Adoniram Judson de l’Inde et empêcha William Carey de s’installer dans la ville de Calcutta. Con-trairement aux critiques de certains historiens modernes, le mouvement mission-naire du XIXe siècle s’inspirait de l’amour pour Dieu et non celui de Mammon.
… Du passé à aujourd’hui…
►À quoi ressemblerait votre pays si Jésus en était le Seigneur? Discutez de façon pratique comment l’Évangile peut transformer votre société.
Personnalité chrétienne à connaître Samuel Ajayi Crowther (v. 1806-1891)
L'un des héros de l'église nigériane est Samuel Crowther[1], le premier évêque africain de l'église anglicane. Naquit à Yoruba (Région occidentale du Nigeria actuel), il fut capturé tout jeune par des marchands d'esclaves musulmans qui le vendirent à des marchands portugais.
Après l'abolition de la traite des esclaves en 1807, des évan-géliques britanniques transformèrent la colonie africaine de la Sierra Leone en un refuge pour les anciens esclaves. En 1822, la marine britannique intercepta le navire portugais qui trans-portait Ajayi et on l'amena à Sierra Leone. Ajayi se convertit, et prit le nom de Samuel Crowther comme nom de baptême.
Crowther fut l'un des premiers étudiants du Fourah Bay College, école créée par la Société de l’Église anglicane en 1827 pour former des responsables d'églises africaines. Son aptitude pour les langues attira l’attention des dirigeants qui l’affectèrent comme enseignant dans d'autres villages. En 1841, il fut envoyé en Angleterre pour suivre des cours supplémentaires. Après son étude, Crowther se rendit à Yoruba comme missionnaire. Arrivé dans son village natal, il y retrouva sa mère et sa sœur qu’il n’avait pas vues depuis plus de vingt ans. Elles devinrent ses premiers convertis.
Deux des contributions de Crowther ont eu un impact durable. Il traduisit la Bible en yoruba, la toute première traduction africaine réalisée par un locuteur natif. Il mit en place également des postes de mission dans les tribus de Nupe et de Hausa sous la direction exclusive de leaders africains.
En 1864, Henry Venn (membre de la secte de Clapham) fit nommer Crowther comme évêque de l’Afrique de l’Ouest. Samuel Crowther devint le premier leader de l'église anglicane en Afrique. Malheureusement, un groupe de jeunes missionnaires anglais se révoltèrent contre lui et le firent démettre de ses fonctions. Mais la mémoire de cet homme incarne le potentiel du christianisme africain.
[1] Image: "Bishop Samuel Ajayi Crowther", retrieved from https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Bishop_Samuel_Ajayi_Crowther.png, public domain.
Sensibilisation évangélique au monde (suite)
Une évaluation des missions du XIXe siècle
Enregistre-t-on des faiblesses dans le mouvement missionnaire du XIXe siècle? Certainement. Certains missionnaires ignoraient presque tout du pays dans lequel ils travaillaient et leurs méthodes étaient parfois inefficaces et sans effet durable.
Par ailleurs, pour beaucoup de missionnaires anglais, le christianisme et la culture occidentale étaient du pareille au même, pensant qu'un chrétien chinois devrait se vêtir, se nourrir et adorer dans un bâtiment au style occidental comme des anglais.
Cependant, malgré tous ces échecs, le mouvement missionnaire du XIXe siècle met en exergue la puissance de l’évangile. De l’ère de Constantin jusqu’au XVIIe siècle avec les conquistadors en Amérique latine, le christianisme se répandait par la force des armes. Par contre, le mouvement missionnaire évangélique est la preuve que l’Évangile seul -sans le soutien de l’État et des conversions forcées- «est la puis-sance de Dieu pour le salut de quiconque croit».[1]
Le mouvement missionnaire du XIXe siècle souligne également la vitalité du chris-tianisme laïc. Au cours des premières décennies du XIXe siècle, la Société mission-naire évangélique de Bâle, la Société missionnaire danoise, la Société missionnaire de Berlin et la Société missionnaire de Paris étaient tous des organisations typique-ment laïques.
Enfin, l’essor missionnaire du XIXe siècle montre le genre d’impact que l'Évangile peut avoir sur la vie civique d'une nation. Jusqu’à maintenant de nombreux pays bénéficient encore le service des hôpitaux et des écoles fondés par des mission-naires. Le mouvement missionnaire prouve qu’avec une compréhension tout à fait correcte de l'évangile, tous les composants de la société peuvent être transformés.
La croissance de l'Église au XIXe siècle*
1750
1900
Le monde est chrétien à 22%
Le monde est chrétien à 34%
26% des habitants de la terre ont entendu l'évangile
51% des habitants de la terre ont entendu l'évangile
Moins de 1% des habitants de l’Afrique, de l’Asie et de l’Amérique latine sont protestants
10% des habitants de l’Afrique, de l’Asie et de l’Amérique latine sont protestants
La Bible est traduite en 60 langues
La Bible est traduite en537 langues
* David B. Barrett, George T. Kurian, and Todd M. Johnson, World Christian Encyclopedia, 2nd edition (New York: Oxford University Press, 2009), 27-29
Hudson Taylor (1832-1905) n'était pas le premier missionnaire à apporter l'évangile en Chine. Déjà au 7ème siècle les chrétiens persans avaient été en contact avec la Chine. Et Matteo Ricci, un chrétien catholique, avait pu prêcher à certaines autorités chinoises au 17ème siècle.
Robert Morrison fut le premier missionnaire protestant à avoir visité la Chine en 1807. Au milieu du dix-neuvième siècle, de nombreuses organisations avaient des missionnaires en Chine. Mais les politiques gouvernementales limitant l'accès des étrangers à l'intérieur du pays contenaient ces missions aux abords des zones côtières. Au début du XIXe siècle, il était illégal d’évangéliser ou d’imprimer de la littérature chrétienne en Chine et d’enseigner le chinois aux étrangers.
Les protestants qui parlaient couramment le chinois servaient de traducteurs pour les représentants du gouvernement et finirent par influencer certaines décisions politiques. William Martin, un missionnaire presbytérien, a pu inclure une clause dans le traité de Tianjin de 1858 permettant aux missionnaires de pénétrer l'inté-rieur de la Chine. Laquelle clause a ouvert la voie à la Mission à l’intérieur de la Chine de Hudson Taylor.
La vision de Hudson Taylor pour l'intérieur de la Chine lui imposait une approche missionnaire typiquement révolutionnaire. Si de nombreux missionnaires du XIXe «assimilaient le christianisme à la culture occidentale», Taylor montra que l'évangile n’était pas assujetti à aucune exigence culturelle. Et sa profonde révérence pour la tradition chinoise anéantit des multitudes d’obstacles au progrès de l'évangile.
Assisté par son collègue Joseph Edkins durant sa première année en Chine, Taylor voyagea sur un bateau le long de la rivière Huangpu, distribuant des Bibles et des tracts aux villageois. Ce fut dans la ville de Ningbo qu’il choisit d’établir son quartier général dans le but d’atteindre l’intérieur de la Chine.
Conscient de l'ampleur de la tâche qui l'attendait, Taylor décida de recruter vingt-quatre missionnaires, à raison de deux par province chinoise et deux pour la Mongolie. Dans son ouvrage intitulé La Chine: ses besoins et ses revendications spirituelles, Taylor pose cette question: «Tous les chrétiens d’Angleterre peuvent-ils rester les bras croisés pendant que ces multitudes périssent par manque de connaissance? … Nous restons à la maison avec un seul mouton et ne prêtons aucune attention aux quatre-vingt-dix-neuf autres qui périssent!»
Au moment où Taylor lança ses activités missionnaires, il y avait au total quatre-vingt-dix missionnaires protestants dans toute la Chine. À la mort de Taylor en 1905, la Mission de l’Intérieur de la Chine comptait à elle seule 205 stations administrées par 849 missionnaires. Plus de 125 000 chrétiens chinois ont été associés à la mission.
Taylor adopta six principes devant régir la Mission de l’Intérieure de Chine:
La mission serait non confessionnelle
La mission ne garantit pas de salaire
La mission ne fera aucun appel de fonds direct (tout est par la foi)
La mission serait dirigée par des leaders basés en Chine
La mission concentrera ses efforts sur l'intérieur de la Chine
Les missionnaires adopteront les vêtements chinois et adoreront dans les bâtiments typiquement chinois.
Bien que ces principes ne s'appliquent pas à toutes les sociétés missionnaires, ils mettent en avant la préférence de Taylor pour une église nationale au détriment d’une église importée. Par cette approche, l'impact de la Mission à l’Intérieur de la Chine demeura vivante même après que la révolution communiste de 1951 eut chassé tous les missionnaires du pays.
La plus grande innovation de Taylor se manifeste par sa volonté de séparer l'évan-gile des pratiques culturelles occidentales. Il croyait qu'un missionnaire doit s’être «fait tout à tous, afin d'en sauver de toute manière quelques-uns.»[1] Le port de la robe chinoise et la coiffure d’une seule tresse à l’arrière adoptés par Taylor tradui-saient sa volonté d'adopter les normes culturelles chinoises, pour autant qu’elles ne fussent pas contraires aux principes chrétiens.
Les efforts d'évangélisation de la Chine connurent de nombreux revers. En 1900, les Boxers martyrisèrent 189 missionnaires dont 53 enfants et près de 50 000 chrétiens chinois. En 1926, environ 8 000 missionnaires protestants prirent la fuite durant le conflit de l'expédition du Nord. Et en 1953, tous les missionnaires furent contraints de laisser le pays à la suite de la révolution communiste. Cependant, les semences des missionnaires n’arrêtaient pas de pousser. Lorsque les occidentaux retournèrent en Chine dans les années 1980, ils y découvrirent un Église florissante réunissant dans les maisons, une passion pour l'évangélisation et une Chine en plein réveil spirituel marquant ainsi l'histoire du christianisme.
La croissance de l'Église en Chine*
Année
Montant
Année
Montant
Année
Montant
Missionnaires protestants
1807
1
1930
6,346
1951
0
Population de la Chine
1812
362 million
1949
450 million
1996
1.2 milliard
Protestants baptisés
1834
10
1934
500,000
1996
33 million
Protestants par Chinois
1850
1 in 1 million
1952
1 in 1,000
1996
1 in 36
* D’après les chiffres de Tony Lambert président de l’OMF International.
Nous avons étudié dans la leçon précédente le Grand réveil en Amérique. Toutefois, les effets de ce renouveau se dissipèrent durant la révolution américaine. La guerre et la diffusion des idées des Lumières parmi les jeunes avaient entraîné un déclin spirituel. À la fin du dix-huitième siècle, certains collèges ne comptaient aucun chrétien déclaré dans l'ensemble du corps estudiantin.
La conquête de l’ouest constitua aussi un défit additionnel pour l'Église. Entre 1792 et 1821, neuf nouveaux états furent ajoutés aux treize premiers. En 1850, la moitié des américains vivaient à l'ouest des Appalaches, ce qui rendait la tâche de suivre la progression de la population difficile pour les principales confessions. Par ailleurs, les premiers habitants de ces états manifestèrent très peu d'intérêt pour la religion. Ils consacrèrent toute leur énergie à combattre les conditions de vie hostiles de la région de l’ouest. Lorsqu’ils ne travaillaient pas, ils cherchaient à se divertir et non pas à adorer. En conséquence, sur une population de 5 millions d'habitants, les États-Unis comptaient environ 300 000 alcooliques à la fin du dix-huitième siècle. Il parait que la disparition du christianisme dans le Nouveau Monde était imminente.
Tel était l’état des lieux à la fin du XVIIIe siècle. Selon Rodney Stark, seulement 17% des Américains étaient des chrétiens actifs au moment de la révolution améri-caine. Mais une série de mouvements de réveil au XIXe siècle allait ramener le cœur de cette jeune nation à l’Évangile. Et vers la fin du siècle, 50% des Américains étaient des chrétiens actifs.
Le mouvement méthodiste en Amérique
Si les Wesley étaient les leaders du mouvement méthodiste en Angleterre, Francis Asbury était celui de l’Église méthodiste américaine. Né en 1745 dans le Stafford-shire en Angleterre, Asbury devint prédicateur laïque pour l’Église méthodiste à 18 ans et fut nommé prédicateur itinérant par John Wesley quand il en avait 22.
En 1771, à l'âge de 26 ans, Asbury se porta volontaire pour aller prêcher en Amé-rique après l’appel de John Wesley. Il passerait donc les quarante-cinq prochaines années sur le sol américain. Durant la révolution, Asbury et James Dempster étaient les seuls prédicateurs méthodistes britanniques à rester en Amérique.
Durant ses quarante-cinq années de ministère, Asbury dont la santé était souvent en défaillance, parcourut plus de 480 000 kilomètres à cheval et en carrosse et prêcha plus de 16 000 sermons. Certains historiens pensent que Francis Asbury était le personnage le plus populaire aux États-Unis – même plus populaire que George Washington. Il était si connu que les lettres adressées à «l’évêque Asbury, États-Unis d'Amérique» lui étaient parvenues sans difficulté.
Quand Asbury arriva à Philadelphie, il y avait environ 600 méthodistes dans toutes les colonies américaines. À sa mort, l’Église méthodiste américaine comptait 200 000 membres assistés par 4 000 prédicateurs.
Asbury était passionné d’évangélisation. Étant donné que la plupart des Américains du dix-huitième siècle vivaient en milieu rural et n’avaient guère accès aux églises, Asbury regroupa les églises en districts et nomma des prédicateurs itinérants (des cavaliers de circuit) qui étaient responsables de visiter les églises des différents districts. Ces prédicateurs à cheval allaient porter l'évangile dans les régions situées à l’ouest du pays où l’Église n’était pas encore active.
Asbury était également passionné par l'impact de l'évangile sur la société. Il mit sur pied des écoles du dimanche pour l’éducation des pauvres, combattit l'esclavage et lutta contre le fléau de l'alcoolisme chez les pionniers. Le méthodisme en Amérique doit sa naissance à ce prédicateur sans éducation qui a donné sa vie à la cause de l'évangile.
Le deuxième grand réveil américain
À partir des années 1790, un esprit de réveil se répandit dans tout le pays en réponse à un «concert de prière» pour un réveil spirituel. Ce réveil toucha d’abord des églises de l'est puis les campus de plusieurs centres universitaires.
Le réveil se propagea aussi vers les états de l’ouest, touchant particulièrement, comme dans le cas des mineurs de charbon de Bristol, une population largement analphabète. Mais ce réveil ne fut pas le produit de la prédication des lettrés comme les Wesley éduqués à Oxford qui prêchaient à Bristol, mais celui des prédicateurs sans éducation, affrontant les rudes conditions et l’hostilité de la région. Le fait que ce réveil était pratiquement le fruit du ministère des pasteurs locaux, l’histoire ne retient que le nom de quelques « personnages illustres » ayant contribué au Deuxième Grand Réveil.
James McGready, un ministre presbytérien, compte parmi les premiers prédicateurs du réveil dans l'ouest. Après avoir été chassé de la Caroline du Nord pour sa prédication effrontée, McGready s’installa dans le Kentucky. En 1800, des gens parcoururent une centaine de kilomètres pour assister à un «camp meeting» à Gaspar River dans le Kentucky.
Puis, en 1801, plus de 20 000 personnes (10% de la population du Kentucky) assis-tèrent à un autre camp meeting à Cane Ridge dans le Kentucky. Comme le bâtiment ne pouvait abriter tout les participants, on érigea des tentes à l’extérieur, et près de cinq prédicateurs purent prêcher simultanément.
L’addition des milliers de membres aux dénominations évangéliques.
La tenue des réunions de prière en milieu de semaine et la propagation des écoles du dimanche à travers le pays.
La création de nouveaux collèges et séminaires pour former les ministres.
Début d’une ère missionnaire américaine similaire à celle de l'Angleterre.
Ce réveil eut des effets durables sur la société américaine. Durant le XIXe siècle, des évangélistes américains fondèrent la Société Américaine de la Bible, la Société américaine de la tempérance pour combattre l’alcoolisme, une société missionnaire pour prêcher l’évangile à la frontière et d’autres sociétés engagées dans la réforme des prisons et l’assistance des handicapés.
Les partisans de la doctrine de la sainteté au dix-neuvième siècle, notamment Charles Finney, Asa Mahan et Phoebe Palmer croyaient que le Saint-Esprit pouvait donner la victoire non seulement sur le péché personnel, mais aussi sur les péchés sociaux. Ces personnalités voulaient réformer la société américaine par la puissance de l'Évangile.
D’autres mouvements évangéliques
Des années après le deuxième Grand réveil, Charles G. Finney (1792-1875) débuta un ministère de prédication à New York dans le Rochester où près de 1 000 personnes furent converties en 1830. Des mouve-ments de réveil furent signalés dans d’autres régions du pays totalisant près de 100 000 convertis.
Même si Finney était un pasteur ordonné de l’église presbytérienne, il rejetait la doctrine calviniste de l'ex-piation limitée et prêchait la possibilité d'avoir un cœur et une vie complètement libérés du péché volontaire. Parallèlement à son implication dans l’évangélisation, Finney rédigea un ouvrage de théologie systématique et fut président de l’université de l'Oberlin.
De 1858 à 1859, un réveil éclata au Canada au sein des laïcs, notamment parmi des hommes d’affaires qui se réunissaient pour prier pendant la pause de midi. Lequel réveil se répandit aussi aux États-Unis où près d’un million de personnes, dont 100 000 esclaves, devinrent chrétiens dans l’intervalle de ces deux années. Ce réveil prit la direction de la Grande Bretagne où un autre million d’âmes devinrent croyantes.
Après la guerre civile, D. L. Moody et son associé Ira Sankey entreprirent des cam-pagnes d'évangélisation dans les grandes villes. Du fait que l’urbanisation avait entrainé une rupture avec l'église locale, Moody adopta une approche compatible à ce nouveau paradigme afin de mieux annoncer l'évangile - à l'instar de Wesley et Whitefield à Bristol. Lors d'un séjour à Londres, il prêcha à plus de 2 500 000 personnes.
De 1905 à 1910, un réveil survenu aux pays des Galles sous le ministère d'un mineur de charbon du nom d’Evan Roberts se répandit dans le monde entier. Aux États-Unis d’Amé-rique, l’Université de Baylor et d’Asbury connurent un réveil. En Indonésie, la «grande repentance» qui dura sept ans fit 200 000 conversions. En Inde, «Hyde, l’apôtre de la prière» dirigea des réunions de prière qui aboutirent à des conversions en masse. Après des semaines de prière pour un réveil spirituel en Corée, le pays fut l’objet d’une «pentecôte» en 1907. Rees Howells fonda le «Collège de la Bible du Pays de Galles», qui envoya des ouvriers dans toute l'Afrique. En Amérique latine, les églises évangéliques virent le nombre de leur assistance triplé, passant de 132 000 membres en 1903 à 369 000 en 1910.
[1] Howard F. Vos, An Introduction to Church History (Chicago: Moody Press, 1984), 138-139.
[2]«La cause effective de tous les vrais réveils est la puissance vivifiante, régénérante et sanctifiante du Saint-Esprit - convertissant le pécheur endurci et récupérant le croyant rétrograde.» - Adapté de J. Wilbur Chapman
[3]«L'impression de beaucoup semble être que la grâce leur pardonnera le péché, si elle ne peut pas les sauver du péché... Que personne ne s'attende à être sauvé de l'enfer, à moins que la grâce ne le sauve du péché.» - Charles G. Finney
Conclusion: l'histoire de l'Église parle aujourd'hui
Nombreux sont les érudits modernes qui critiquent le réveil et les mouvements missionnaires du XIXe siècle. Ils les considèrent comme étant des phénomènes résultant de la naïveté et de l’aberration humaine. Ils ont produits par milliers des textes critiques dénonçant «l'impérialisme culturel» du mouvement missionnaire du XIXe siècle.
Ces mouvements missionnaires étaient-ils parfaits? Loin de là. Car les différents acteurs impliqués étaient des êtres humains faillibles. Ces acteurs n’ont-ils pas échoué à résoudre certains problèmes sociaux? Certainement. Ils avaient tous des angles morts. Mais les missions ont beaucoup contribué au progrès du Royaume de Dieu. Des centaines de missionnaires ont donné leur vie pour l’avancement de l'é-vangile. En fait, l’Église du Seigneur était bien plus forte vers la fin du XIXe siècle.
Légions sont les impacts spirituels et éternels des missions du XIXe siècle. Des millions d’âmes ont entendu l’Évangile. Le nombre des chrétiens dans le monde a doublé; d’une cinquantaine, le nombre de traductions de la Bible est passé à 250; et le nombre des organisations missionnaires est passé de sept à 100.
En termes d'impact temporel, les nations du monde entier ont bénéficié des réfor-mes sociales entreprises par des missionnaires. Dans une étude publiée dans l'American Political Science Review, Robert Woodberry souligne que les mission-naires protestants ont joué un rôle bien plus pertinent dans l’émergence des démocraties dans le monde non occidental que n'importe quel autre facteur politique. Woodberry a découvert que «plus le nombre de missionnaires protestants par population locale d’un pays est élevé en 1923, plus grande est la probabilité pour ce pays de devenir une démocratie stable».[1]
La puissance de l'Évangile continue de transformer les individus, les communautés et les nations. Le message de l’Évangile, et non le messager, est «la puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit».
[1] Robert D. Woodberry, “The Missionary Roots of Liberal Democracy,” American Political Science Review Vol. 106, No. 2 May 2012.
Leçon 4 Événements clés de l'histoire de l'Église
Date (A.D.)
Event
1790-1840
Deuxième grand réveil
1801
Réunion de camp de Cane Ridge dans le Kentucky
1793-1834
William Carey en Inde
1833
Grâce aux efforts de William Wilberforce et de la secte Clapham,
l'esclavage est aboli dans l'Empire britannique.
1854-1905
Hudson Taylor en Chine
1864
Samuel Ajayi Crowther est nommé premier évêque anglican africain.
1864
Début de l'Armée du Salut de William Booth
1905-1910
Renaissance mondiale
Leçon 4 Personnes clés dans l'histoire de l'Église
Carey, William (1761-1834) : pionnier missionnaire baptiste anglais qui a déclenché le mouvement des missions protestantes. Le « père des missions modernes ».
Crowther, Samuel Ajayi (1806-1891) : premier Africain à être nommé évêque anglican.
Newton, John (1725-1807) : ministre évangélique anglais et auteur d'hymnes qui a aidé la campagne contre l'esclavage après sa conversion de la traite des esclaves.
Taylor, Hudson (1832-1905) : fondateur de la mission intérieure de Chine. Dirigé la propagation de l'évangile à l'intérieur de la Chine.
Wilberforce, William (1759-1833) : philanthrope anglais et membre du Parlement qui a travaillé pendant plus de trente ans pour faire adopter une législation contre la traite des esclaves. Le projet de loi a finalement été adopté en 1833.
Devoirs de la leçon 4
(1) Que l’étudiant(e) passe un test sur cette leçon. Lequel test doit inclure des dates de la chronologie des «Événements clés de l’histoire de l’Église» (1789-1914).
(2) Que l’étudiant (e) résume la vie de l’un des leaders chrétiens suivants: Samuel Ajayi Crowther, Charles Finney ou D. L. Moody. Ce résumé doit comprendre les quatre éléments que voici:
Biographie: Quand a-t-il vécu? Où a-t-il vécu? Où et quand est-il mort?
Événements: Quels sont les événements les plus importants de sa vie?
Influence: Quelle a été son influence durable sur l'Église?
Application: Leçons à tirer de la vie de ce leader pour l'église actuelle.
Il est possible de présenter ce résumé soit en:
Soumettant un article de 2 pages au moniteur de la classe.
Faisant une présentation orale de 3 à 5 minutes pour la classe.
Leçon 4 Question du test
(1) _____________________ était une communauté d'évangéliques britanniques issus de la haute société engagés dans la réforme sociale et spirituelle.
(2) Le leader du mouvement anti-esclavagiste au parlement anglais s’appelait ______________.
(3) Le fondateur de l'Armée du Salut se nommait ________________.
(4) Le nom du dirigeant de l'église méthodiste aux États-Unis au début du 19e siècle était ________________________________.
(5) Le «père des missions modernes» s’appelait ___________________.
(6) Le premier évêque africain de l'Église anglicane était _________________.
(7) Le premier missionnaire protestant en Chine se nommait _________________.
(8) Le renouveau spirituel qui s'étendit à travers la frontière américaine entre 1790 et 1840 fut appelée le ____________________________.
(9) Préciser deux des cinq conséquences du réveil mentionné dans la question 8.
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