La leçon 2 a abordé deux des problèmes auxquels confrontaient les chrétiens de la deuxième génération, à savoir la persécution et l'évangélisation. La présente leçon se porte sur quelques défis supplémentaires.
Les problèmes abordés dans cette leçon étaient sans doute plus épineux que la persécution. La persécution vient de l'extérieur. Mais les défis qui seront analysés dans cette leçon prenaient naissance à l'intérieur même de l’Église.L’Église du IIe et du IIIe sièclefaisait face à des hérésies, des conflits entre croyants etau menace de l’apostasie et de la rétrogradation. Tous ces défis soulevaient de nouvelles questions dans l'Église:
Fausse doctrine. L'Église resterait-elle fidèle à la « foi qui a été transmise aux saints? »[1]
Conflits entre croyants. À mesure que l'Évangile se répandrait, l'Eglise resterait-elle unie malgré les différences culturelles?
La rétrogradationet l’apostasie. Si un chrétien chutait par peur de la persécution ou par un échec moral, pourrait-il être rétabli dans l’assemblée des saints et la communion fraternelle?
Date ap. J.-C.
Événements Clés
70
La destruction de Jérusalem
90-150
La propagation du gnosticisme
190
Le Canon de Muratori
313
L'Edit de Milan
367
Confirmation du Canon du NT par la lettre pascale d'Athanase
Bruce Shelley a écrit: «La théologie utilise le propre langage et le propre façon de penser de l’homme pour expliquer la vérité de Dieu.»[1] C'est l'une des raisons traduisant la diversité des écoles théologiques dans le christianisme. Chaque culture exprime d’une manière différente la vérité biblique à ses croyants.
Au cours du deuxième et du troisième siècle, les chrétiens eurent du mal à commu-niquer l'Évangile à un monde en mutation. La première génération de chrétiens était composée de Juifs partageant la vision de l'Ancien Testament de Dieu et du monde. À partir du IIe siècle, la plupart des chrétiens étaient originaires d’une culture païenne. Ces nouveaux croyants ignoraient les rudiments théologiques des convertis juifs. Au cours de ces siècles, les théologiens chrétiens eurent du mal à définir les principales croyances chrétiennes d'une manière à la fois fidèle aux Écritures et intelligible pour leurscontemporains.
Le terme «orthodoxie» est une combinaisonde deux mots grecs: orthos «droit ou juste»et doxa «croyance». L'orthodoxie est la saine doctrine. Par contre, l'hérésie est une doctrine erronée. L'hérésie est tout enseignement qui contredit les ensei-gnements fondamentaux du Nouveau Testament. Il est important de savoir que tout désaccord doctrinal n'implique pas nécessairement une hérésie. Il faut appliquer ce terme uniquement aux enseignements qui nient le véritable Évangile.
Les premiers chrétiens savaient que des ennemis extérieurs tels que Rome étaient une menace pour l'Église, mais ils comprenaient également que le danger d'un enseignement erronévenant de l'intérieur était bien plus grand. Une grande partie de notre connaissance théologique actuelle provient de la réponse de l'Église à l'hérésie. Lorsque des faux docteurs niaient les doctrines fondamentales de la foi, les chrétiens se sont efforcés de préciser l'enseignement biblique d'une manière compréhensible pour tous. Ainsi, l’Église s’est appuyée sur trois sources d’autorité pour contrecarrer l’hérésie: le Canon, les leaders d’Église et les Credo.
Les premières hérésies se portaient sur la nature de Jésus-Christ. L'Évangile de Jean enseigne que Jésus est à la fois pleinement divin et pleinement humain. Jean voulait que ses lecteurs sachent que Jésus était pleinement Dieu. «Mais ces choses ont été écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu…»[2] Il voulait aussi porter à la connaissance de ses lecteurs que Jésus était pleinement humain. C’est pourquoi il a pointé du doigt le sang qui jaillissait du côté de Jésus à la croix, les marques des clous dans ses mains et sa capacité à ressentir la faim.
Bien que certaines hérésies primitives aient nié la divinité de Jésus,[3] les hérésies les plus populaires niaient son humanité. Ces hérétiques niaient la réalité de l'In-carnation, affirmant que Jésus n’avait que l’apparence d’un homme.
Le Gnosticisme
L'une des hérésies les plus dangereuses aux jours de l'Église primitive était legnosticisme. Le gnosticisme se basait sur une philosophie dualiste enseignant que le monde se divise entre deux forces opposées: le bien et le mal.[4] Disciples des anciens philosophes grecs tels que Platon, les gnostiques enseignaient que le bon réside uniquement dans le monde spirituel et tout ce qui est physique est mauvais. Bien que certains gnostiques aient prétendu être chrétiens, leurs enseignements contredisaient les vérités essentielles de la foi chrétienne.
En premier lieu, les gnostiques prétendaient que le salut de l’homme repose sur l’acquisition d’une connaissance secrète.[5]Les gnostiques enseignaient que cette connaissance spéciale transportait leurs disciples dans une sphère existentielle purement spirituellenon limitée par le monde matériel, et établissait une relation spéciale avec un Dieu trop parfait pour être connu dans le monde physique. Ces idées contredisaient l'enseignement biblique selon lequel le salut est accessible à tous par la grâce etla foi en Jésus-Christ.[6] La connaissance nécessaire au salut n’est pas secrète, mais se trouve plutôt dans la Bible.
Deuxièmement, puisqu'ils croyaient que le monde physique était foncièrement mauvais, les gnostiques enseignaient que le Dieu de l'Ancien Testament qui avait créé le monde matériel était maléfique, alors que le Jésus du Nouveau Testament était un être spirituel. Selon cet enseignement, un «Dieu inconnaissable» qui n'avait rien à voir avec l'univers physique était le vrai Dieu. Le Dieu de l'Ancien Testament était un Dieu diabolique qui créa le monde et maintint les hommes en esclavage. Ce Dieu, affirme-t-on,empêche l’humanité de retourner à l’état spirituel ou dans le monde des esprits. La délivrance du monde physique n'est disponible que par la connaissance secrète des gnostiques.
Cet enseignement contredit l'enseignement de Genèse 1er selon lequel le monde que Dieu créa est «bon», l'enseignement biblique affirmant que Dieu est saint et l'enseignement de Jean 1: 1-3 soutenant que Jésus est Dieu et que «toutes choses ont été faites par lui».
Troisièmement, les gnostiques réfutaient la vérité de Jean 1:14: «La Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous».
Une variante du gnosticisme soutenait que Jésus était divin et qu’il avait seulement l’apparence d’un homme. Cette forme de gnosticisme enseignait que Jésus n'était qu'un esprit.Un tel enseignement nia la réalité de l'incarnation et la pleine huma-nité de Jésus-Christ.
Une autre variante du gnosticisme affirmait que Jésus était une personne ordinaire ayant reçu l'esprit divin lors de son baptême. Cet esprit divin le quitta avant la crucifixion. Cet enseignement nia la pleine divinité de Jésus-Christ.
L'une ou l'autre forme de l'hérésie gnostique niait la doctrine biblique de l'expiation.L'expiation exige que Jésus soit véritablement Dieu et véritablement homme. En tant que sacrifice expiatoire pour nos péchés, Jésusdevait subirune véritable mort physique sur la croix. Pour qu’il fût le substitut de l'homme, Jésus devait être un homme.[7] Le gnosticisme nia la réalité de l'expiation.
Les auteurs du Nouveau Testament réagirent énergiquement contre le faux ensei-gnement du gnosticisme. Dans Colossiens, Paul condamna ceux qui pratiquaient l'ascèse, se vantaient de leurs connaissances supérieures et niaient la résurrection.Il avertit carrément Timothée en ces termes: «O Timothée, garde le dépôt, en évitant les discours vains et profanes, et les disputes de la fausse science.»[8]
A ceux qui reniaient l'humanité de Jésus, Jean répondit: «…ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché…»[9] Il assure à ses lecteurs que Jésus était véritablement homme. Plus loin dans l’épître, il avertit que tout esprit qui ne confesse pas Jésus «n’est pas de Dieu. C'est celui de l'Antéchrist. »[10]
Plusieurs «Évangiles gnostiques» furent écrits au deuxième siècle. Ces écrits, tels que «L'Évangile de Thomas», «L'Évangile de Marie», «Actes de Pierre» et «Actes de Thomas» étaient connus et rejetés par les premiers pères de l'Église. Ces livres ne furent jamais acceptés comme faisant partie du canon du Nouveau Testament.
► Les idées du gnosticisme refirent surface au début du XXIe siècle. Divers penseurs reprirent l’idée que l’Église primitivedisposait d’une connaissance qu’elle gardait secrète. Des évangiles gnostiques sont enseignés dans cer-taines universités. Les idées gnostiques affectent-elles la société dans laquelle vous exercez votre ministère?Si oui, laquelle d’entre les variantes?
Le Docétisme
L'un des groupes gnostiques les plus influents était dirigé par Marcion. Ce dernier était le fils d'un homme riche qui était aussi évêque. En l'an 140 de notre ère, l'église du père de Marcion l’excommunia pour fausse doctrine et sa conduite immo-rale. Marcion se rendit à Rome où son passé n’était connu de personne. Il fit un don important à l'église de Rome, se fit membre de l’église et se mit sans tarder à enseigner une doctrine hérétique syncrétisant le gnosticisme et christianisme.
L'enseignement de Marcion disait que le Dieu de l'Ancien Testament est un Dieu colérique, par conséquent, il ne pourrait être le père de Jésus. Selon Marcion, Jésus était une divinité bien supérieure, enveloppéede grâce et d'amour.Il enseigna que l'Ancien Testament était loin d’être un livre sacré. Un autre aspect de l'hérésie de Marcion se dénomme docétisme. Selon cette doctrine, Jésus n’avait que l’apparence d’un homme. Cet enseignement nia la réalité de l'Incarnation. Et à l’instar des autres gnostiques, Marcion croyait que la matière physique était mauvaise, et qu’un Dieu saint ne pourrait jamais prendre une forme humaine.
Lorsque l'église de Rome se rendit compte de la nature hérétique de l’enseignement de Marcion,on le chassade l'église. Mais il se rendit en Italie et en Asie Mineure où il implanta des églises hérétiques.
Le Modalisme
Le modalisme nie la doctrine biblique de la Trinité. Il nie la notion de la coexistence éternelle des trois personnes de la Trinité. Il enseigne que Dieu est une personne unique se révélant sous trois formes (ou modes).
Selon le modalisme, Dieu s'est manifesté comme le Père dans l'Ancien Testament ; aux jours de l'incarnation, il s'est présenté sous la forme du Fils ; après l'ascension, il s’est manifesté à l'Église selon le mode du Saint-Esprit. Selon l’enseignement du modalisme, le Père, le Fils et le Saint-Esprit n'existent pas simultanément. Cette conception nie l'enseignement trinitaire du Nouveau Testament.[11]
Au troisième siècle, Tertullien, originaire de l’Afrique du Nord, défendit l'orthodoxie contre le modalisme. Ses explications claires lui ont valu le nom de «le père de la théologie latine». Pour expliquer la nature de la Trinité, Tertullien fit usage de l'ex-pression «une substance, trois personnes». Laquelle expression montrait que Dieu était vraiment trois personnes, et non trois différentes manifestations d’une même personne.
Tertullien contribua également à faire comprendre aux chrétiens le mystère de l'incarnation en décrivant Jésus comme «une personne et deux substances». Jésus était à la fois pleinement divin et pleinement humain, tout en étant une seule personne.
Les Hérésies Primitives
Le gnosticisme
Le salut dépend d’une connaissance secrète
Toute matière physique est diabolique
Négation de la réalité de l'incarnation
Le docétisme
Jésus n’avait que l’apparence d’un être humain
Le modalisme
Négation de la doctrine de la Trinité
Dieu est une seule personne se révélant en trois «modes»
…Du Passé À Aujourd’hui …
D’un moment à l’autre, on entend parler de la découverte d’un texte ancien qui contredit la Bible. Des évangiles gnostiques tels que «l'Évangile de Thomas» et «l'Évangile de Judas» ont été découverts récemment. Et à chaque fois que cela se produit, des sceptiques cherchent à faire comprendre que laquelle découverte déconstruit l'histoire de Jésus du Nouveau Testament. Cependant, ces genres de découvertes ne sont pas choses nouvelles.
Paul, écrivant au premier siècle, affirmait qu’Hyménée et Alexandre avaient « fait naufrage » par rapport à la foi. Ces hommes enseignaient une fausse doctrine faite de «fables» et de «spéculations» plutôt que d'enseigner l'Évangile de la foi.[12]À la fin du premier siècle, Ignace d'Antioche écrivit sept lettres dans lesquelles il argumentait contre les hérésies qui seraient connues plus tard sous le nom du gnosticisme.
Des livres non-inspirés tels que l'Évangile de Thomas étaient très répandus au deuxième siècle, mais l’Église les avait tous rejetés. Les chrétiens qui vivaient les événements relatés dans les Évangiles inspirés et qui étaient encore en vie à l’époque savaient pertinemment que ces histoires étaient fausses; mais plus important encore, ils connaissaient le véritable Évangile. Justin Martyr, Irénée et Tertullien mentionnèrent tousces enseignements gnostiques dans leurs écrits au deuxième siècle. Ils savaient que ces documents étaient tous faux.
Il ne faut jamais se laisser ébranler par les faux évangiles. Jude avertitqu'«au dernier temps il y aurait des moqueurs, marchant selon leurs convoitises impies; ce sont ceux qui provoquent des divisions, hommes sensuels, n'ayant pas l'esprit. » La réponse chrétienne est simple: « Pour vous, bien-aimés, vous édifiant vous-mêmes sur votre très sainte foi, et priant par le Saint Esprit, maintenez-vous dans l'amour de Dieu […] Reprenez les uns, ceux qui contestent.»[13]Les«évangiles gnostiques»ne sont pas nouveaux. Ce sont de vieilles hérésies dans de nouveaux paquets. Mais l'Évangile reste toujours la seule bonne nouvelle![14]
Réponse À L’hérésie: Le Canon
Lorsque Marcion nia l'incarnation et l'autorité de l'Ancien Testament, il fut confronté à un problème majeur: les quatre évangiles enseignaient clairement l'humanité de Jésus et d'autres livres du Nouveau Testament citaient les livres de l'Ancien Testament que Marcion avait rejetés. Sa solution était donc simple: accepter uniquement les livres qui appuyaient sa doctrine! La liste de ces livres était assez courte: une partie de Luc (le récit de la naissance de Jésus étant omis) et dix épîtres pauliniennes.
Pour montrer le caractère anti-scripturaire du message de Marcion, il fallait s'accor-der sur la question suivante: «Quels sont les livres sacrés qui sont véritablement la Parole de Dieu?» La fausse doctrine de Marcion poussa l'Église à établir un canon du Nouveau Testament.
Le terme «canon» désigne une règle de mesure ou norme de mesure. Le «canon» biblique fait référence aux livres inspirés par Dieu. L'église a posé trois questions:
Est-ce apostolique? Ce livre est-il connecté à un apôtre?[15]
Est-ce universel? Ce livre est-il accepté par toutes les églises ortho-doxes du monde connu?
Est-ce cohérent? Ce livre est-il en accord avec la vision de Dieu telle qu’elle est exprimée dans l'Ancien Testament? La Parole de Dieu ne se contreditjamais.
Ce ne furent pas les pères de l’Église qui forgèrent la Bible. Ils ont simplement attestéles livres qui furent inspirés par le Saint-Esprit. De même que le Saint-Esprit s’en chargea de la rédaction des Saintes Écritures, il s’assura de la supervision de la fixation du canon.
En 190 après J.-C., le Canon de Muratori incluait la plupart des livres du Nouveau Testament actuel. Cette liste n'était pas complète et comprenait deux livres qui furent rejetés par la suite. Cependant, le canon de Muratorimontre que le Canon néotestamentaire était presque complet au deuxième siècle. Mais il a fallu attendre le quatrième siècle pour qu’il soit complet. En 367, Athanase, évêque d’Alexandrie, rédigea une lettre pascale contenant une liste complète des livres du Nouveau Testament. En 393 et 397, des conciles ecclésiastiques tenus à Hippone et Carthage confirmèrent le même canon.
Par ailleurs, si les fausses doctrines de Marcion montrèrent la nécessité de définir le canon, le mouvement des nouveaux prophètes dirigé par Montanusfit ressortir la nécessité de fixer le canon. Au milieu du deuxième siècle, l'Église avait besoin de renaissance. L'enthousiasme de l'Eglise primitive s'estompait, tandis quele mode de vie de certains chrétiens se rapprochait de plus en plus du monde. Pendant que l'Église tentait d'évangéliser la culture païenne, certains chrétiens commençaient à penser et à agir comme le monde païen.
En 160 de notre ère, Montanus, un chrétien originaire d’Asie Mineure (la Turquie actuelle) initia un mouvement appelant l’Église à un retour à la discipline spirituelle et insistant sur le Saint-Esprit. Si le message de Montanus s'était arrêté à l’appel à se séparer du monde, à l'autodiscipline et à la soumission à la direction du Saint-Esprit, il aurait pu amorcer un véritable réveil. Cependant, lui et deux «prophé-tesses» (Prisca et Maximilla) se mirent à donner des prophéties qu’ils disent obtenir du Saint-Esprit lorsqu’ils sont enextase. Montanus et ses partisans sont devenus connus sous le nom de «nouveaux prophètes».
Deux problèmes se sont posés avec les montanistes:
Les nouveaux prophètes ont fait de fausses prédictions. Or d’après Deutéronome 13: 1-5, il devint clair que le Saint-Esprit n'était pas la source de leurs prophéties.
Les exigences des nouveaux prophètes dépassaient les normes mo-rales de la Bible. Comme les gnostiques, les montanistes interdisaient le mariage. Ils jeunaient de manière excessive et se livraient à des pratiques ascétiques pour se préparer au retour de Jésus.
Certaines églises considéraient Montanus comme un hérétique au même titre que Marcion, maisd'autres étaient plus clémentes à son égard.[16] Cependant, l'Église dans son ensemble rejeta les enseignements de Montanus et de ses disciples. La revendication de la nouvelle révélation par les nouveaux prophètes donna une autre motivation à la création d'un canon du Nouveau Testament. En «fermant le canon» (déclarant qu'aucun autre livre apostolique ne serait écrit), l'église empêchait des hommes comme Montanus de placer les prophéties personnelles au-dessus des Écritures.
L'Église rejeta les fausses assertions de Montanus et de ses disciples. Elle ne nia pointl’œuvre du Saint-Esprit, mais elle reconnut que certaines interventions du Saint-Esprit au premier siècle ne se répètent plus au cours des siècles suivants. Durant la période apostolique, le Saint-Esprit inspira la rédaction des Écritures: «C'est poussés par le Saint Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu.»[17]Mais par la suite, Il opéra son œuvre d’illumination de sa Parole dans l'esprit des lecteurs, comme l’indique ce verset : «Quand le consolateur sera venu, l'Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité».[18]
Le Canon du Nouveau Testament est…
Apostolique: chaque livre eut pour auteur un apôtre ou l’associé d'un apôtre
Universel: L’Église entière accepta tous les livres canonisés
Cohérent: aucun livre ne contredit la révélation biblique antérieure
Fermé: aucun nouveau livre ne sera ajouté au canon
Réponse À L'hérésie: La Structuration De l'Église
Dans les lettres de Paul, il est fait mention des fonctions de diacre, d’évêque et d’ancien. [24] Ces officiers assuraient la direction des églises locales. Celles-ci se réunissaient pour le culte généralement dans des maisons privées, et la structure organisationnelle en dehors de l'église locale était quasi inexistante.
Vers le deuxième et le troisième siècle, une certaine organisation entre les églises vit le jour. Des réunions de culte tenues dans des temples construites à cet effet supplantaient progressivement les réunions des maisons privées. Un évêque (parfois appelé surveillant) supervisait toutes les églises d'une ville, et on nommait des anciens à la tête de l’église locale. Les évêques sont devenus connus sous le nom de «papes» (latin pour «pères»).[20] Ils étaient responsables de guider l'église vers une obéissance fidèle à l'Écriture. Des controverses telles que la lutte contre le gnosticisme renforcèrent le pouvoir de contrôle des évêques, car ils étaient consi-dérés comme l'autorité finale en matière de doctrine.
Mais l’histoire nous montre que le renforcement du pouvoir des évêques avait ses avantages ainsi que ses inconvénients. L'avantage est la préservation de l'ortho-doxie contre les attaques des hérétiques. Irénée a écrit: « La tradition des apôtres est conservée grâce à la succession légitime des évêques. »[21] Il croyait que les évêques et les dirigeants d'église pouvaient mieux protéger la vérité de l'Évangile.Lorsque de faux docteurs tels qu'Arius gagnaient en popularité au quatrième siècle, c’était des évêques orthodoxes tels qu'Athanase qui s’impliquaient de la partie pour renverser leur enseignement hérétique.
Cependant, il est toujours un danger lorsque l’être humain se voit attribuer un pou-voir illimité. D’abords, les évêques se sont vu attribuer le pouvoir de régler les différends doctrinaux, puis le pouvoir de pardonner les péchés, pour être enfin considérés comme des médiateurs entre les chrétiens laïcs et Dieu. Cela allait bien au-delà du rôle d’évêques et d’anciens de l’Église du Nouveau Testament.
Depuis la Réforme, le monde chrétien partagent trois points de vue à propos de l’autorité des évêques.
Certains mouvements de «retour à la Bible» insistent pour que l'Église d'aujourd'hui adopte le modèle de l'église apostolique. Un tel modèle encourage la présence d'anciens à la tête de chaque église locale et l’annulation des structuresdénominationnelles au-delà de l'église locale.
Certains chrétiens soutiennent que la structure de l'église doit être flexible afin de pouvoir résoudre efficacement les problèmes de chaque nouvelle génération. Le modèle des Actes, disent-ils, était approprié pour l'église du premier siècle mais n'est pas un modèle applicable aujourd'hui.
Les leaders de l’Église catholique et de l’Église orthodoxe orientale enseignent que l'attribution de l’autorité aux évêques était guidée par le Saint-Esprit, elleconstitue donc une ordonnance permanente pour l'Église.
La troisième réponse à des hérésies telles que le gnosticisme et le docétisme eut été de définir soigneusement la doctrine chrétienne pour les nouveaux convertis. Des déclarations du Nouveau Testament telles que «Jésus est Seigneur» et «Dieu a été manifesté en chair, justifié par l'Esprit, vu des anges, prêché aux Gentils, cru dans le monde, élevé dans la gloire» sont des comptes rendus apostoliques de la foi chré-tienne.[22] Ces déclarations firent sans doute partie de la liturgie baptismale du premier siècle.
Après la controverse de Marcion, les dirigeants chrétiens commencèrent à poser des questions plus détaillées aux candidats au baptême afin de s’assurer qu’ils comprenaient les doctrines essentielles de la foi chrétienne. Ces déclarations de foi sont connues sous le nom de «règle de foi» ou de «credo». Le credo le plus utilisé aujourd'hui est le credo des apôtres, apparu pour la première fois comme confession baptismale au deuxième siècle de Rome.
Un autre résumé des premières croyances chrétiennes était le symbolisme du pois-son.Le mot grec pour poisson était ἰχθύς (ichthus).Chaque lettre représentait pour les premiers chrétiens un aspect de la croyance en Jésus de Nazareth. Le symbole du poisson est devenu un simple «credo» pour les premiers chrétiens: Jésus-Christ, le Fils de Dieu et notre Sauveur.[23]
[3] La plus commune était véhiculée par un groupe connu sous le nom d’Ebionites. Ces derniers enseignaient que Jésus n’était qu’un simple homme devenu le Messie par l’obéissance scrupuleuse à la Loi.
[11] La réalité de la Trinité (trois personnes agissant simultanément) est vue dans les écritures telles que Matthieu 3:16-17. Au baptême de Jésus, les trois personnes de la Trinité étaient impliquées. Le Fils a été baptisé par Jean, l'Esprit est descendu comme une colombe, et le Père a parlé du ciel en disant: "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, dont je suis très content."
[14] Si vous voulez en savoir plus sur une réponse biblique à ces faux évangiles, vous pouvez lireDarrell L. Bock, The Missing Gospels (Nashville: Thomas Nelson Books, 2006).
[15] La plupart des livres du Nouveau Testament furent écrits par des apôtres. Les exceptions sont des livres étroitement liés aux apôtres: Marc était le disciple de Pierre qui mit par écrit les souvenirs de l’apôtre ; Luc suivait Paul dans ses voyages ; Timothée était un disciple de Paul; Jacques et Jude étaient des demi-frères de Jésus qui furent intégrés dans le cercle des apôtres.
[16] Même Tertullien, un défenseur de la théologie orthodoxe, devint un partisan de Montanus. Il était attiré par l'accent de Montanus sur le réveil et l'autodiscipline.
[20] Finalement, le pape de l'église à Rome était considéré comme la plus haute autorité de l'Église catholique romaine. Ce pape a revendiqué l'autorité sur les évêques de toutes les autres églises locales.
[21] Cité par Timothy Paul Jones, Christian History Made Easy (CA: Rose Publishing, 2009), 28.
[24]Croyez-vous en Dieu le Père, le Père tout-puissant? Croyez-vous en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui est né de la Vierge Marie par l’opération du Saint-Esprit, a été crucifié sous Ponce Pilate, a été enseveli, est ressuscité d’entre les morts le troisième jour, et est monté au ciel, assis à la droite du Père, et reviendra pour juger les vivants et les morts? Croyez-vous en l’Esprit Saint, à la Sainte Église et à la résurrection de la chair?
- Forme primitive du credo des apôtres
Personnalité chrétienne à connaître: Irénée, évêque de Lyon (v.130-202)
Irénée était évêquede la ville de Lyon, en France. Etant jeune homme, il étudia au pied de Polycarpe puis Justin Martyr.
En 177 ap. J.-C., Irénée vivait à Lyon lorsque Marc Aurèle autorisa le massacre de chrétiens dans cette région. À l'époque, Irénée s’absentait de chez lui pour porter une lettre à Rome concernant l'hérésie de Montanus. À cause de cela, il échappa au martyre. Quarante-huit chrétiens de Lyon furent torturés et exécutés lors de cette persécution. À son retour, Irénée devint le nouvel évêque de Lyon et entreprit la reconstruction de l'église.
En tant que pasteur, Irénée croyait qu'il avait deux responsabilités majeures: pren-dre soin du troupeau et le protéger de l'hérésie. Loin de procéder à l’invention de nouvelles doctrines, il s’efforça d’être fidèle à l'Évangile qu'il avait reçu de Jean par l'intermédiaire de Polycarpe.
Pourquoi Irénée est-il important dans l'histoire de l’Église?
(1) Irénée confirma l'importance du canon néotestamentaire.
Irénée fut l'un des premiers auteurs à affirmer que les quatre Évangiles étaient des textes inspirés. Il le fit en réponse à l’enseignement de Marcion qui rejeta Matthieu, Marc et Jean. Les écrits d'Irénée citent vingt et un des vingt-sept livres du Nouveau Testament. En réponse aux critiques modernes qui prétendent que le canon du Nouveau Testament a été«inventé» tardivement, Irénée prouve que le canon était connu très tôt dans l'histoire de l’Église.
(2) Irénée valorisa l'unité de l'Église.
Pour contrecarrer les hérésies, Irénée soulignait deux éléments: le canon du Nou-veau Testament et l'autorité des anciens de l’Église. Il soutint que l'unité des évêques constituait un bouclier de protection contre les fausses doctrines.
Irénée valorisa l'unité de l'Église. Lors du conflit sur la date à retenir pour la célé-bration de la Pâque, Irénée demanda à l'évêque de Rome de ne pas s’opposer aux chrétiens orientaux qui célébraient la Pâques à une date différente de celle retenue par l'Église occidentale.
L’ouvrage Contre les hérésies, le livre le plus populaire d'Irénée, était écrit pour réfuter l'hérésie gnostique. Les gnostiques prétendaient disposer d’une tradition orale secrète sur Jésus, mais Irénée les répondit que la seule véritable tradition chrétienne était l'Évangile transmis des apôtres aux évêques.
Malheureusement, les écrits d'Irénée sur l'autorité de l'Église furent par la suite utilisés pour justifier la suprématie de l'Église catholique romaine sur les chrétiens. Des auteurs catholiques romains interprétèrent les idées d'Irénée bien au-delà de ce qu'il voulut dire. Irénée affirmait que l'autorité de l'Église reposait sur sa fidélité aux doctrines enseignées dans le Nouveau Testament. Les papes catholiques défor-mèrent sa pensée en vue de conserver leur ascendancemême quand ils avaient abandonnés les doctrines fondamentales du Nouveau Testament. C'était un terrible abus à l’égard de l'enseignement d'Irénée.
(3) Irénée enseigna l'importance de la doctrine de l'Incarnation.
Les gnostiques soutenaient que Dieu ne s’était pas révélé sous une forme humaine. Irénée leur répondit que l'Incarnation est au cœur de l'Évangile. En devenant l'un de nous, Dieu nous a permis de devenir comme lui. Plus que d'être «considérés» comme justes devant Dieu, l’enseignementd’Irénée souligna le fait que les enfants de Dieu peuvent «devenir» justes. La promesse de Dieu de nous rendre à son image se révélait possible à cause de l'Incarnation. À une période où les théolo-giens libéraux soutiennent que nous pouvons suivre les enseignements éthiques de Jésus sans croire qu’il est le Fils de Dieu, Irénée nous rappelle que la vie et l’ensei-gnement de Jésus ne peuvent être séparés.
La vie et le ministère d'Irénée illustrent la réactiondes dirigeants du deuxième siècle face à l'hérésie. Ils ripostèrent en insistant sur la vérité du Nouveau Testa-ment et l'autorité de l'Église. Au siècle suivant, l'Église allait confirmer ces ensei-gnements à travers les Credo. L’ensemble de ces trois sources d’autorités (le Canon, la structure de l'Église et les Credo) sont devenues le moyen de défense de l'Église contre les fausses doctrines.
► Laquelle des trois réponses à l'hérésie (le Canon, la structure de l'Église et les Credo) a le plus grand impact sur votre église aujourd'hui?
Bien gérer les différences
Alors que l’Église nouvellement née s’accroissait, des conflits liés à une différence culturelle entre ses membres allaient surgir. Les Juifs parlant le grecse plaignaient du fait que leurs veuves étaient traitées différemment des veuves Juifs de langue hébraïque.[1] Avec l'expansion de l'Église dans le monde des Gentils, les conflits se multiplièrent. Un concile se réunit donc en 49 de notre ère pour discuter de questions liées à la conversion des Gentils.[2]
Au troisième siècle, un certain nombre de différences pouvaient être constatées au sein de l’Église. Parmi ceux-ci:
Le Baptême
Dans certaines églises, les nouveaux croyants étaient baptisés peu après la conversion.
Dans d’autres églises, les nouveaux croyants devaient passer une année entière dans l’instruction avant le baptême.
Dans certaines églises, on baptisait les petits enfants.
La Célébration De La Pâques
Au deuxième siècle, il y eut un débat dans le monde chrétien à propos de la date appropriée pour la célébration de la Pâques. Les chrétiens de la partie orientale de l’Empire romain célébraient la résurrection lors de la Pâque juive. Les chrétiens de la partie occidentale de l'Empire la célébraient le dimanche après la Pâque.
Polycarpe (évêquede Smyrne à l'est) et Anicet (évêquede Rome) se rencontrèrent pour discuter de cette question. Ils ne purent s’entendre sur la date, mais ils admirent que cette divergence d’opinion ne diviserait pas les églises. Malheureu-sement, les évêques postérieurs n’étaient pas aussi engagés à conserver l'unité de l’Église. Pendant un certain temps, la controverse de la date de la célébration de la Pâques divisa l’Église d’orient et l’Église d’occident. Quel fait surprenant ! Une église fondée sur la foi en la résurrection, est divisée sur la date de la célébration de la résurrection!
L'Église reconnutque les controverses ne sont pas toutes identiques. Certaines doc-trines (telles que le gnosticisme et le docétisme) impliquaient le rejet de la vérité biblique. L'Église refusa de tolérer ces hérésies. Certaines questions (comme l’admi-nistration du baptême et la célébration de la Pâques) impliquaient des différences d’interprétation de la Bible. Pour ces questions, l’Église tolérait généralement des points de vue différents. Il se peut que les chrétiens de même confession se réunissent entre eux pour le culte sans rejeter la foi de leurs adversaires.
► Face aux désaccords en matière de doctrine ou depratique, les chrétiens du premier siècleavaient à répondre à cette questions cruciale: « Une telle doctrine ou pratique, est-elle une hérésie ou une divergence d'opinion acceptable? » « Quelles sont les différentes interprétations bibliques qui divisent les églises actuelles? » « Comment pouvez-vous rester fidèle à votre compréhension de l'Écriture, tout en conservant l'unité dans le corps de Christ? »
Retour À L’apostasie Devant La Menace De La Persécution
L’an 247 marqua les mille ans d’existence de la ville de Rome. On organisa une grande célébration pendant trois jours au cours duquel des sacrifices furent offerts aux dieux romains. Les chrétiens assurément ne participaient pasaux sacrifices. Quelques mois plus tard au cours de la même année, une peste décima Rome. Les Romains blâmèrent les chrétiens pour la peste. Ils croyaient que les dieux étaient en colère parce que les chrétiens avaient refusé de leur offrir des sacrifices.
En réponse, l'empereur Dèce se mit à persécuter les chrétiens qui refusaient de sacrifier aux dieux. Chacun devait obtenir un «certificat de sacrifice» attestant qu'il avait sacrifié aux dieux. De nombreux chrétiens furent tués au cours de cette période de persécution de quatre ans qui prit fin avec la mort de Dèce en 251.
Pour échapper au martyre, de nombreux chrétiens prirent la fuite. D'autres s’obtin-rent de faux certificats ou s’apostasièrent en sacrifiant aux dieux. Comme on le verra, la restauration des apostats repentantseut pour conséquence un conflit chronique au sein de l’Église.
La Rétrogradation Due Au Péché Volontaire
Au deuxième siècle, le responsable romain Pline dit à l'empereur Trajan qu'il ne pouvait trouver rien de répréhensible moralement chez les chrétiens qu'il avait examinés. De même, Justin déclara que la pureté des chrétiens le convainquit de la vérité de l'Évangile.
Cependant, la situation n’était plus la même au IIIe siècle. Alors que Montanus s’était trompé sur certains points dans sa doctrine, il avait raison d'insister sur la nécessité d’un réveil spirituel au sein de l'Église. Beaucoup de chrétiens étaient moins engagés que ceux du premier siècle, provoquant ainsi l’intrusion du péché et la rétrogradation.
Certains membres d'église abandonnèrent la foi pour éviter la persécution. D'autres se rendaient coupables d'immoralité sexuelle ou de péchés graves. Alors que les chrétiens étaient toujours tentés de revenir en arrière, l'Église du troisième siècle était plus faible que l'Église primitive. Cette faiblesse se manifesta dans la générali-de la rétrogradation des membres.
La Réponse De l'Église À L'apostasie Et À La Rétrogradation
Le retour des membres ayant renié Christ face à la persécution ou commis de graves péchés volontaires souleva des questions difficiles pour l'Église.
La grâce pardonnante de Dieu surpasse-t-elle le pire des péchés des hommes?
Y a-t-il des péchés impardonnables?
Si une personne est pardonnée par Dieu, peut-on la rétablirimmédia-tement dans l'église?
Si l'église accueille à bras ouvert les pécheurs repentants, ne sera-t-elle pas tolérante à l’égard de ceux qui pêchentvolontairement?
Alors que les chrétiens s'accordaient pour dire que Dieu pardonnerait à un rétro-grade repentant, au cours des deux premiers siècles, de nombreuses églises refusaient de restaurer ceux qui avaient commis l'un de ces trois péchés: l'immo-ralité sexuelle, le meurtre ou l'apostasie. Ceux qui avaient commis ces péchés n'étaient pas autorisés à prendre la Cène, même après avoir repenti.
Au troisième siècle, les évêques commencèrent à adoucir cette politique. Calixte, évêque de Rome de 217 à 222 ap. J.-C., acceptait de restaurer dans l’église les adultères repentants. Il revendiqua le droit de le faire en affirmant que l'église de Rome avait le pouvoir de lier et de délier les péchés. Ce fut une étape majeure dans la formation de «l'Église catholique romaine» dont l'évêque revendiquerait le droit d’autorité sur tout le christianisme.
Si la persécution de Dèce ne dura que quatre ans, les problèmes qu’elle engendra par la suite durèrent beaucoup plus longtemps. Après la mort de Dèce, certains membres d'église ayant commis l'apostasie voulaient retourner à l'église. Beaucoup de chrétiens estimaient que ceux qui avaient renié la foi pendant la persécution ne devraient pas être acceptés au sein de l'église.
Cependant, Cyprien, évêque de Carthage de 249 à 258, demanda à l'église de réintroduire toute personne qui faisait preuve d’une repentance sincère. Dans le système de réinsertion qu’il proposa, ceux qui sacrifiaient aux dieux après avoir été torturés étaient rapidement rétablis dans l'église. Mais ceux qui avaient offert des sacrifices sans être torturés étaient disciplinés plus sévèrement et devaient con-fesser leur faute publiquement devant la congrégation.
La proposition de Cyprian conduit à la mise en place d'un système de pénitence auquel était soumis le repentant avant d’être autorisé à participer à la table du Seigneur. Au fil du temps, cette proposition se transforma progressivement et déboucha sur le système de pénitence de l’Église catholique et la pratique de l’indulgence auxquels s'opposa Martin Luther.
► Quel processus suivez-vous pour restaurer un rétrograde de l'église? Le processus de discipline de votre assemblée classifie-t-il les péchés volon-taires en fonction de leur gravité et de leur récurrence?Assure-t-il la restauration d’un rétrograde qui s’est réellement repenti?
Apostasie Des Dirigeants D'église: La Controverse Donatiste
Un plus grand conflit impliquant des évêques qui s’étaient apostasiés lors des persécutions de Dioclétien (303-312) menaçait l’Église.[1] Donatus, évêque de Car-thage à partir de 313, insistait sur l’acte de rebaptiser le clergé rétrograde, sans quoi, soutint-il, leur ministère était invalide. Par exemple, les baptêmes administrés par ces évêques ne devraient pas être ratifiés par l'église. Ce fut un problème grave pour les profanes. Ils craignaient d'être repoussés par l'église à cause de l'échec de leur pasteur!
La «controverse donatiste» cristallisa une division dans l'Église qui dura plusieurs décennies. Alors que les donatistes soutenaient qu'un baptême ou une communion d'un «faux évêque» était invalide, la plupart des églises décidaient que l'autorité en matière de baptême ou de communion provenait de l'Église et non du pasteur. Pour cette raison, même si le baptême était administré par un traditeur, la personne était toujours baptisée aux yeux de Dieu. Par conséquent, aucun «rebaptême» n'était nécessaire. Ceci devint la pratique à travers l'histoire de l’Église.
[1] Les évêques apostats étaient appelés traditores, mot latin de la même racine que traître ou trahison.
Conclusion: l'histoire de l’Église parle aujourd'hui
La plupart des plus grandes menaces pour l'Église viennent de l'intérieur. Lorsque l'Église faisait face à des hérésies enseignées par certains de ses propres membres, elle apprità rester fidèle au message apostolique du Nouveau Testament.
Les pères de l'Église primitiveexcommunièrent des enseignants comme Marcion qui s’était tourné vers l'hérésie. Une des menaces à l'orthodoxie était de séparer le «message spirituel» de Jésus de sa vie terrestre. Des hommes comme Marcion pensaient pouvoir enseigner une partie du message biblique tout en ignorant les autres. Les credo montrent que la croyance en le Jésus historique constituaitle test de la véritable croyance chrétienne.
Ces défis refont surface au XXIe siècle. Une fois encore, certains érudits tentent de séparer l'enseignement de Jésus des faits historiques de son existence, de sa mort et de sa résurrection. Ils se servent des faux «Évangiles» tels que «l'Évangile de Thomas» pour enseigner un message gnostique qui a séduit plus d’un.
Il faut que l'Église continue à résister face à toutefausse doctrine à l’heure actuelle. A l’instar des pères de l'Église, nous devons nous en tenir aux vérités du chris-tianisme et rejeter les hérésies qui sapent la foi. Les pères de l'Église préféraient d’être martyrisé que de nier la foi. De même, les chrétiens contemporains sont appelés à suivre leur exemple et à rester fidèles jusqu’à la mort.
Le canon de Muratori répertorie la plupart des livres du Nouveau Testament, à l'exception de l’Épître aux Hébreux, l’Épître de Jacques et les Épîtres de Pierre.
303-313
L’ère des martyrs sous Dioclétien.
313
L'édit de Milan promulgué par l’empereur Constantinfait du christianisme la religion officielle de l'empire romain.
[1] Les dates précédées d’un v. (environ) sont approximatives.
Personnages clés de l'histoire de l’Église
Irénée (v. 130-202). L'un des leaders les plus influents de l’Église primitive. Son ouvrage « Contre les hérésies » dénonçait et réfutait le gnosticisme. Sa contribution à la formation du canon et à l’élaboration de la doctrine de l'incarnation est aussi reconnue.
Justin Martyr (100-165). Le plus important apologiste chrétien de l’Église primi-tive. Il fit usage de la philosophie grecque pour expliquer le christianisme à des incroyants.
Marcion (décédé en 160). Promu une forme de gnosticisme. Son hérésie poussa les dirigeants d'église à établir le canon du Nouveau Testament.
Montanus (décédé vers 175). Leader d’un groupe dénommé les «nouveaux prophètes». Il insistait sur la nécessité d'un réveil et d'une discipline spirituelle. Il fit également des prédictions prophétiques qui se sont révélées fausses.
Origène (185-254). Évêque d'Alexandrie. Bien qu'il ait rejeté le gnosticisme, il embrassa de nombreuses idées philosophiques grecques qui furent à la base de l’inspiration des gnostiques. Il interprétait allégoriquement des passages difficiles de la Bible afin de pouvoir les expliquer.
Tertullien (160-225). Leader chrétien originaire de l’Afrique du nord. Il défendit la doctrine orthodoxe contre le modalisme –doctrine selon laquelle le Père, le Fils et le Saint-Esprit ne sont pas des personnes distinctes.
Devoirs de la leçon 3
(1) Que l’étudiant(e) passe un test sur cette leçon. Lequel test doit inclure des dates de la chronologie «Événements clés de l’histoire de l’Église» (100-313).
(2) Que l’étudiant(e) résume la vie de l’un des leaders chrétiens suivants: Irénée ou Tertullien. Ce résumé doit comprendre les quatre éléments que voici:
Biographie: Quand a-t-il vécu? Où a-t-il vécu? Où et quand est-il mort?
Événements: Quels sont les événements les plus importants de sa vie?
Influence: Quelle a été son influence durable sur l'église chrétienne?
Application: Leçonsà tirer de la vie de ce leader pour l'église actuelle.
Il est possible de présenter ce résumé soit en:
Soumettant un article de 2 pages au moniteur de la classe.
Faisant une présentation orale de 3 à 5 minutes pour la classe.
Leçon 3 Questions du test
1. L'hérésie appelée ________________ enseigne que la matière physique est mauvaise.
2. L'hérésie appelée Docétisme fut propagée par _____________.
3. Le «père de la théologie latine» s’appelait ___________________.
4. Les trois «règles» pour la formation du canon du Nouveau Testament étaient:
a) Est-ce ___________________ ?
b) Est-ce ___________________ ?
c) Est-ce ___________________ ?
5. Au deuxième siècle, __________________ initia un mouvement qui accentuait sur la discipline et la soumission au Saint-Esprit. Cependant, ses fausses prophéties discréditèrent son mouvement.
6. Ce mouvement dirigé par ______________ fit valoir que la communion ou les baptêmes accomplis par des évêques apostats n'étaient pas valables.
7. _____________________ était un évêque du deuxième siècle qui confirma le canon et enseigna l'importance de l'incarnation.
8. En 367, Mgr __________________ écrivit une «lettre de Pâques» contenant une listes des livres du canon du Nouveau Testament.
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