(1) Apprécier l'importance de l’histoire de l’Église.
(2) Comprendre en quoi l’Église primitive était différente de son cadre romain.
(3) Prendre connaissance des causes de la croissance et de la persécution de l'Église primitive.
(4) Appliquer les leçons tirées de l’histoire de l’Église primitive à la vie chré-tienne actuelle.
Avant de poursuivre la leçon, regardez la carte en annexe de ce cours.
Pourquoi faut-il étudier l'histoire de l’Église?
L’histoire de l’Église est un sujet très important à étudier. Pourquoi?
L'histoire De l’Églisenous Rappelle Le Passé
Eason était un adolescent chrétien d’un zèle hors du commun vivant à Taiwan. Il essaya un jour d’annoncer la Bonne Nouvelle de l'Évangile à un voisin d’âge mûr quand l'homme lui répondit: «Notre culture chinoise est très ancienne.Par contre, le christianisme est connu en Chine depuis peu. Pourquoi voudriez-vous échanger nos anciens dieux contre une nouvelle religion?» Lorsqu’Easonse mit à entre-prendre des recherches en vue de fournir une réponse à son voisin, il découvrit que le christianisme n’est nullement une nouvelle foi, et ce, même en Chine. Alors que le voisin d'Eason ne connaissait que les missionnaires modernes, le message chrétien est connu en Chine depuis l’an 635 de notre ère.
L’étude de l'histoire de l’Église nous apprend que le christianisme n'est pas une foi nouvelle. Elle permet de mieux apprécier l’expansion de l'Église dans le monde entier, de découvrir comment Dieu a travaillé dans l'histoire et de reconnaitreque malgré l'échec de l’homme, Dieuaccomplit ses desseins pour son Église.
Date ap. J.-C.
Événements Clés
v. 30
La Pentecôte
v. 47-57
Les voyages missionaires de Paul
49
Le Concile de Jérusalem
64-68
Les persécutions de Néron
70
La destruction de Jérusalem
L'histoire De l’Église Parle À Notre Présent
Une meilleure compréhension du passé de l’Église nous rend apte à mieux cerner son présent. L'épître de Jude a été écrite pour mettre les croyants en garde contre les faux docteurs «qui changent la grâce de notre Dieu en dissolution, et qui renient notre seul maître et Seigneur Jésus Christ».[1] Jude met en garde contre ces dangers actuels en évoquant le passé: la grâce de Dieu qui délivra Israël de l'Égypte, le jugement de Dieu sur Sodome et Gomorrhe, etc. Jude sait que le passé constitue un exemple d'encouragement à la fidélité présente et un avertissement contre l'infidélité.
En étudiant la formation des credo[2] dans l'histoire de l’Église primitive, nous culti-vons une appréciation plus profonde des déclarations doctrinales de l’Église con-temporaine. Lorsque des jeunes chrétiens ont du mal à comprendre la doctrine de la Trinité, ils sont confrontés aux mêmes questions que l’on débattait au Concile de Nicée en 325.
L’étude de la Réforme et les divergences d’opinion entre les réformateurs explique la diversité des dénominations qui pullulent aujourd'hui. Il est possible de mieux comprendre les problèmes de l'Église contemporaine en observant des situations parallèles survenues dans le passé.
L’étude de l'histoire de l’Église nous inspire dans les moments difficiles. La lecture du courage d'Ambroise face à l'empereur Théodose, le souvenir de la réplique de Luther «Je me tiens debout ici» et l'étude de la passion de William Carey pour la mission nous inspirent dans le ministère d'aujourd'hui.
Les leçons d'histoire de l’Église devraient guider nos décisions pour l'avenir. George Santayana a déclaré: « Ceux qui ne peuvent se souvenir du passé sont condamnés à le répéter.» Si nous n'apprenons pas du passé, nous répéterons les erreurs que d'autres ont commises.Paul s’est servi de l'histoire d'Israël en exemple pour guider les jeunes croyants de Corinthe.[3]
Lorsque nous analysons la réaction de l'Église primi-tiveface à l'hérésie, nous apprenons comment nous devons réagir aux hérésies qui menacent l'Église à l’heure actuelle. La plupart des hérésies modernes ne sont que de nouvelles versions des hérésies du passé. L’analyse du formalisme vide de l’Église catholiquemédiévale nous avertit de ne pas permettre à une quelconque structurede remplacer la présence de Dieu dans l’église aujourd’hui.De plus, l’étudedes points forts et points faibles des missions du passé fournit de précieux enseignements à tous ceux qui aspirent à s’investir dans l'évangélisation.Assuré-ment, l'étude de l'histoire de l’Église nous enseigne des leçons devant nous orienter à l'avenir.
► Quelles sont les leçons à tirer de l'histoire du christianisme dans votre pays qui peuvent vous guider dans la direction de votre église actuellement?
[1] Jude 1: 4. Sauf indication contraire, les références bibliques sont tirées de la version française Louis Second.
[2] Uncrédo est une déclaration de conviction formelle. Les credo chrétiens incluent le credo des apôtres, le credo de Nicée et d'autres croyances approuvées par les conseils d'église.
[7]L’histoire constitue une fenêtre au travers de laquelle nous connaissons le monde et un miroir nous permettant de nous examiner.
- Robert McKenzie
Principes d'étude de l'histoire de l’Église
Dans une étude des principaux «moments décisifs» de l’histoire de l’Église, Mark Noll énonce quatre principes qui devraient nous guider dans une étude sur l’histoire du christianisme. Ces principes sont tirés des paroles de Jésus à ses disciples dans Matthieu 28 et Actes 1.[1]
(1) Le Principe De La Souveraineté
«Toute pouvoir m'a été donnédans le ciel et sur la terre.» Le principe de la souveraineté enseigne que Dieu contrôle et accomplit ses desseins dans et à travers l'Église.
(2) Le principe de la mission
«Allez, faites de toutes les nations des disciples.» Le principe de la mission enseigne que la croissance de l’Église se fait dans deux directions différentes. L'Église se développe vers l'extérieur alors qu'elle porte l'Évangile à toutes les nations. Elle grandit intérieurement à mesure qu'elle apprend le vrai discipulat et se forme à l'image du Christ.
(3) Le principe de l'autonomisation
«Voici, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde.» Le principe de l'autonomisation nous rappelle que, malgré les échecs de l'Église, Christ continue à œuvrer dans son sein pour accomplir sa mission dans le monde.
(4) Le principe de la contextualisation
«Vous serez mes témoins… jusqu'aux extrémités de la terre.» Le principe de la contextualisation nous enseigne que l'Évangileconcerne toutes les cultures.L'Évangile n’était pas uniquement l’affaire de l'église de Jérusalem, de l'église d'Angleterre ou de l'église américaine. Car, au fur et à mesure que la foi chrétienne se répand dans le monde, elle affecte toutes les cultures. L'histoire du christianisme montre que l'Évangile doit être adapté, tant sur le plan lin-guistique que culturel, pour toutes les nations.
► Comment l'histoire du christianisme dans votre pays illustre-t-elle ces principes? En étudiant ce cours, vous êtes encouragé à revenir de temps à autre à ces principes afin de pouvoir comprendre leur application à chaque période de l'histoire de l’Église.
[1] Mark A. Noll, Turning Points: Decisive Moments in the History of Christianity (MI: Baker, 2012), 1, 330-331.
De Jérusalem jusqu’aux extrémités de la terre
Jésus dit à ses disciples: « Mais vous recevrez une puissance, le Saint Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre. »[1]
À la fin du premier siècle, l'Église s'était répandue dans tout l'Empire romain. Étaient présents le jour de la Pentecôtedes gens venant de diverses régions qui s'étendaient sur une grande partie de l'Empire ; ceux qui acceptaient de se faire convertir ramenèrent l'Évangile dans leur pays d'origine.Selon la tradition de l'Église, Thomas se rendit en Perse et en Inde pour y prêcher l'Évangile. La Chine a sans doute reçu l'Évangile au cours du premier ou du deuxième siècle grâce au commerce avec l'Inde.[2] L'Église primitives’était engagée corps et âme dans la Grande Commission de Jésus.
Qui Étaient Les Chrétiens?
Après la résurrection, il y avait beaucoup de réponses à la question «Qui sont les chrétiens?». Rome répondit: «Les chrétiens sont une secte juive».[3] Pour de nombreux Juifs: «Les chrétiens sont des apostats ayant abandonné la foivéri-table.» Mais la réponse des chrétiens était: «Nous sommes la réalisation des promesses de Dieu envers Israël. Nous sommes des adeptes du Messie promis.»
En l’an 49 de notre ère, l'Église primitive fut confrontée à la question «Qui sont les chrétiens?» au Concile de Jérusalem. Alors que les gentils étaient introduits dans l'église par la prédication de Pierre, Paul et Barnabas, ainsi que d'autres apôtres, l'église discutait des conditions dans lesquelles chacun devenait une partie du corps de Christ. Certains croyants «qui appartenaient au parti des pharisiens» ont fait valoir que les croyants païens devaient respecter toutes les exigences de la loi mosaïque. Pierre a répondu en témoignant que Dieu avait purifié «leurs cœurs par la foi» en dehors de la circoncision. En fin de compte, les dirigeants de l'église ont convenu que les croyants païens n’étaient point obligés de respecter les principes de la diététique juive et la circoncision.[4]
Le concile de Jérusalem fournit un modèle pour les prises de décisions ultérieures dans l'Église. Pour les générations suivantes qui auront à affronter des problèmes difficiles, Actes 15 souligne:
L'autorité de l'Écriture. Toutes les interdictions d’Actes 15 sont tirées de Lévitique 17-18. Elles concernaient tous à la fois les Juifs et les «étrangers qui séjournent au milieu d’eux».[5] Les apôtres ne choisirent pas ces exigences au gré du hasard. Ils étudièrent les Écritures pour découvrir ce que la loi exigeait des païens vivant en Israël.
L'autorité du Saint-Esprit. La décision du Concile de Jérusalem n'était pas guidée par la culture environnante. Mais il est écrit qu’«il a paru bon au Saint-Esprit et à nous…».[6] Au mieux, l’Église a été guidée par la direction du Saint-Esprit plutôt que par des pressions politiques et culturelles. Lorsque l’Église a failli de suivre cet exemple, elle rate également l’occasion de vivre à la hauteur de sa vocation d’être la lumière et le sel de la terre.
L'autorité des dirigeants de l'Église. Ce dernier point était particulièrement important lors de conflits ultérieurs provoqués parcertaines sectes ayant rejetél'autorité ecclésiale.
À la fin du premier siècle, le judaïsme et le christianisme étaient vus comme des confessions de foi distinctes. Les juifs n'autorisaient plus les chrétiens à adorer dans les synagogues. Les chrétiens adoraient le premier jour plutôt que le septième jour de la semaine. Le christianisme n'était plus considéré comme une secte juive.
Le Début De La Persécution
Le livre des Actes fait état des premiers conflits entre les dirigeants juifs et l'Église. Cependant, il a fallu attendre l’an 64 de notre ère pour assister à la première persécution généralisée des chrétiens perpétrée par l'Empire romain.
Rome permettait à ses sujets d'adorer n'importe quel dieu pourvu qu'ils admissent la divinité de l'empereur romain. Pour la plupart des gens du premier siècle, cela ne constituait pas un problème, puisque les païens étaient majoritairement des poly-théistes. Seuls les juifs et les chrétiens étaient monothéistes.
Afin de maintenir la paix dans la province de Judée, Rome autorisait les Juifs à adorer uniquement Jéhovah. Puisque les dirigeants romains considéraient le chris-tianisme comme faisant partie de la foi juive, ils accordaient aux chrétiens la même liberté de culte que les juifs. Cependant, après 64 après JC, Rome commença à voir le christianisme comme une religion distincte devant faire allégeance au culte de l'empereur.
Deux événements jouèrent un rôle déterminant dans la persécution des chrétiens.D'abord, en 64 après JC, un incendie ravagea une grande partie de la ville de Rome. De nombreux citoyens accusèrent l'empereur Néron d'avoir été à l’origine de l'incendie. Néron accusaen retour les chrétiens (qui étaient déjà impopulaires) d'avoir allumé le feu. Dès lors une période de persécution intense vit le jour. Entre 64 et la mort de Néron survenue quatre ans plus tard, Paul, Pierre et beaucoup d'autres chrétiens furent martyrisés par Rome.
Le second événement ayant provoqué la persécution des chrétiens fut la destruc-tion de Jérusalem en 70. Bien que Rome ait toléré la religion juive, il existait une tension constante entre les Juifs et Rome. Après la reconstruction du temple en 64 ap. J.-C., des milliers d’ouvriers juifs se trouvaient au chômage. Le ressentiment déboucha sur une insurrection en 66. Quatre ans plus tard, l'armée romainesous les ordres du général Titus conquit Jérusalem après un long siège. Le temple fut détruit, des synagogues incendiées et les Juifs furent dispersés. À partir de ce moment, les Juifs et les chrétiens étaient persécutés dans tout l'Empire romain.
Pourquoi Les Chrétiens Étaient-Ils Persécutés?
(1) Les chrétiens étaient accusés d'athéisme.
Rome ne pouvait pas comprendre une religion qui adorait un Dieu sans images. À leurs yeux, les chrétiens et les juifs étaient des athées, des gens sans dieu.
‘L'athéisme’ était plus qu'un délit religieux pour les Romains; ils le considéraient comme une offense politique. Les Romains croyaient que les dieux protégeaient leur empire. Le refus de sacrifier aux dieux mettaitdonc l’Empireen danger. Au deuxième siècle, Tertullien écrivit: «Si le Tibre (fleuve) a inondé la ville, ou si le Nil n’a pas inondé les campagnes, ou s’il n’a pas plu, s'il y a eu un tremblement de terre, une famine, aussitôt on crie: Aux lions les chrétiens.[7]
Rome réalisa l’unification de l'empire par le biais du culte des idoles et le culte de César. Pour les Romains, les chrétiens qui refusaient d'honorer l'empereur en tant que dieu étaient des antipatriotes. Rome était disposée à permettre aux chrétiens d'adorer le Christ aussi longtemps qu'ils adoraient César et déclaraient: «César est le Seigneur ». Cependant, pour les chrétiens, il n'existe qu'un seul Seigneur. Les croyants de l'Église primitive donnaient leur vie parce qu'ils étaient convaincus que Jésus (et Jésus seul) est le Seigneur.
(2) Les coutumes chrétiennes étaient mal comprises.
Les chrétiens parlaient de manger et de boire le corps et le sang de Jésus. Ils s'appelaient mutuellement «frère et sœur». Ils ne permettaient pas aux non-croyants d’assister à la célébration de la communion.Toutes ces choses alimentèrent des fausses rumeurs à leur endroit comme quoi ils se livreraient à des sacrifices humains et à des pratiques incestueuses.
(3) Le christianisme était une nouvelle religion.
Dans le monde moderne, beaucoup de gens croient que «la nouveauté est synonyme de supériorité». Mais dans l’antiquité, ce fut l’inverse qui était vrai. Les Romains croyaient que «plus c'est vieux, mieux c'est». Ils toléraient la religion juive parce qu'elle était ancienne. La foi chrétienne, cependant, était considérée comme une nouvelle religion dépourvue de sacrifices, de temples et de ville sacrée.
(4) Les chrétiens s’insurgeaient contre l’ordre social.
L'esclavage était la norme dans l'Empire romain. La femme et les enfants ne jouissaient aucun droit. Le pouvoir du père était absolu. Si un père ne voulait pas de son enfant, il pouvait laissait mourir le nourrisson indésirable dans la poubelle.
En revanche, les chrétiens déclaraient qu'en Christ, il n'y a ni esclave ni libre, ni homme ni femme.[8] Les chrétiens sauvaient des bébés abandonnés et protégeaient les pauvres. Rien de tout cela n'avait de sens pour les Romains. Pour les Romains, les droits appartenaient aux forts, or les chrétiens ont protégé les faibles.
► Les premiers chrétiens rejetaient les coutumes culturelles qui ne valorisaient pas l'image de Dieu dans l'homme. Quelles sont les coutumes dans votre culture qui dévalorisent la vie humaine? Comment les chrétiens de votre culture combattent-ils ces mauvaises coutumes?
À Quoi Est Due L’expansion Du Christianisme?
La croissance vertigineuse de l'Église primitivese révélait être un vrai miracle. Car c’est par le biais d’une poignée de disciples –ceux qui étaient présents lors de l’arrestation de Jésus- que l’Évangiles’est propagé jusqu’à ce que toutes les grandes villes de l’Empire romain aient pu avoir une église. Comment est-ce donc arrivé?
(1) L'Église primitive était habilitée par le Saint-Esprit.
Jésus a donc commandé à ses disciples: «Allez, faites de toutes les nations des disciples…». Il a aussi promis: «Et voici, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde. »[9] Le Dieu qui a mandaté les apôtres à évangéliser le monde est le même Dieu qui leur a donné la force nécessaire pour évangéliser les nations.
Cette vérité se voit à l’œil nu au début du livre des Actes. De prime abord, Jésus a promis: «Mais vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous…». Il a ensuite donné le mandat: «… et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre. »[10] Le reste du livre des Actes retrace l'accomplissement de cette promesse et l'obéissance des apôtres au commandement reçu. La croissance de l'Église primitive n'était pas le résultat des seuls efforts de l'homme, car elle était renforcée par la Saint-Esprit.
(2) L'Église primitive était attachée à la Grande Commission.
Paul a écrit aux chrétiens romains: « Car je n'ai pas honte de l'Évangile: c'est une puissance de Dieu pour le salut… »[11] Les apôtres prenaient au sérieuxla commission de Jésus. L'Église se répandit dans l'Empire romain en raison de l’obéissance des chrétiens à la com-mission de Jésus.
Le livre des Actes montre l'accomplissement de la Grande Commission par l'Église. En plus du ministère de grands leaders tels que Simon Pierre et Paul, les Actes enregistrent l’apport d’autres croyants moins connus. À cause de la persécution qui suivit la mort d'Étienne, les croyants prirent la fuite pour se rendre en Phénicie, à Chypre et à Antioche. Certains de ceux qui fuirent la persécution se mirent à prêcher aux Grecs à Antioche et «un grand nombre de personnes crurent et se convertissent au Seigneur».[12] Ces nouveaux croyants constituaient probablement le noyau de l'église d'Antioche, qui serait plus tard l'église d'envoi du ministère de Paul auprès des Gentils.
Ces versets dans Actes 11 sont d’une importance majeure, et ce pour deux raisons:
Ils montrent que Dieu se sert de la persécution pour l’avancement de l'Évangile.
Ils montrent que l'évangélisation n’était pas uniquement l’œuvre des apôtres et des dirigeants de Jérusalem. Des «hommes de Chypre et de Cyrène» anonymes obéirent à la Grande Commission. L'évangélisation est la responsabilité de chaque croyant.
(3)L'Église primitivese mettait au service du monde.
Le ministère de Jésus ne proclamait pas seulement la vie éternelle, mais il répondait également aux besoins quotidiens de ceux qu'il prêchait. L'Église primitive suivit l'exemple de son maître. Un grand nombre des premiers convertis étaient issus de classes sociales les plus méprisées de la société romaine - esclaves, femmes et pauvres. Celse, auteur critique du IIe siècle, se moqua de l'Église, lorsqu’il écrivit. «Leur objectif est de convertir uniquement des personnes sans valeur et méprisables, des idiots, des esclaves, des femmes pauvres et des enfants.» Même si Celse ignora que dans les faits il y avait également des croyants issus de la classe dominante, son argument était en grande partie vrai; car les pauvres étaient plus réceptifs à l'Évangile.
Julien l'apostat, empereur au quatrième siècle, était un ennemi acharné de l'Église. Toutefois, même cet ennemi de la foi chrétienne reconnut que le christianisme «s'est développé grâce au service d'amour rendu aux étrangers…. Il est scandaleux qu’il n’y ait pas un seul Juif mendiant et que les galiléens impies (chrétiens) ne s’occupent non seulement de leurs pauvres, mais également des nôtres.»[13] Les chrétiens obéissaient à l’ordre de Jésus: aime ton prochain comme toi-même.
Certains Romains s’oppo-saient à l'Église parce qu’elle mettait en question la structure sociale. Par contre, d’autres étaient attirés par elle pour cette raison même. Les femmes, les enfants et les esclaves n'avaient aucun droit dans la structure société romaine, mais l'Église traitait respectueusement ces groupes.
Un écrivain païen décrivit le rôle de la femme en ces termes peu élogieux: «Nous avons des prostituées pour le plaisir, des esclaves pour assouvir quotidiennement nos plus vils passions et des épouses pour nous donner des enfants légitimes et nous servir fidèlement.»[14]Contrairement à ce point de vue, les chrétiens suivirent l'exemple de leur maître en honorant les femmes.
(5) L'Église primitive offrait un modèle de pureté morale.
Le niveau de dépravation morale de l'Empire romain offensait même certains païens. Beaucoup d’entre ces derniers se tournaient vers la foi chrétienne en raison de ses idéaux élevés et le mode de vie exemplaire des chrétiens. Paul exhortait les chrétiens de Philippe à mener une vie sans reproche et à être «irrépréhensibles au milieu d'une génération perverse et corrompue». En ce faisant, ils brilleront « comme des flambeaux dans le monde».[15] Les habitants de l'Empire romain étaient attirés par l'Évangileen étant témoins du mode de vie irréprochable des premiers chrétiens.
► Comparez les défis et les opportunités de l'Église primitiveet de la société dans laquelle vous exercez votre ministère. Quelles sont les opportunités que Dieu vous a-t-il données pour la diffusion de l'Évangile dans votre société?
[30]Il n’y a personne au monde, ni Grecs, ni Barbares, ni Scythes errants dans les chariots, ni pâtres logés sous des tentes, chez qui l’on n’adresse au Créateur des prières et des actions de grâce au nom de Jésus-Christ crucifié.
- Justin Martyr, v. 150
Personnalité chrétienne à connaître: Ignace, évêque d'Antioche (v. 35-110)
Les plus anciens documents chrétiens ayant survécus après le Nouveau Testa-ment sont sept lettres écrites par Ignace lorsqu’il était sur le point d’être martyrisé à Rome. Trois d’entre elles furent adres-sées à des églises du livre de l’Apocalypse (Ephèse, Philadelphie et Smyrne).D'autres furent destinées à des églises se trouvant dans les villes de Rome, de Tralles et de Magnésie. La dernière est une lettre personnelle envoyéeà Polycarpe, l’évêque de Smyrne.
Ignace grandit à Antioche de Syrie, la troisième plus grande ville de l’Empire romain. C’était à Antioche que les croyants furent appelés chrétiens pour la première fois.[1] Lorsque l’église d'Antioche chargea Paul et Barnabas d'effectuer leur premier voyage missionnaire, Ignace n'était encore qu'un jeune homme.
En l’an 69 de notre ère, Ignace devint pasteur de l'église d'Antioche après la mort d'Évode, pasteur de ladite église. Évode s’était converti au Christ par le ministère de Simon-Pierre et fut probablement mort en martyr sous Néron. On ignore presque tout à propos du ministère d'Ignace à Antioche jusqu'à son arrestation. Ce que l'on sait, c'est qu'Antioche était une église missionnairejusqu’à la fin du pre-mier siècle. L'église d'Antioche était réputée pour son hospitalité envers les chré-tiens itinérants. Il est dit que le croyant qui s’y rendait, était accueilli en tant que membre à part entière de l’église.[2]
Ignace fut arrêté sous le règne de l'empereur Trajan. Trajan effectuait un voyage en Asie Mineure quand il eut vent de la réussite de la prédication d’Ignace à Antioche. Ignace fut emmené devant Trajan et accusé d’«athéisme », puisqu’il ne vénérait pas les dieux romains.
Lorsqu’Ignace se présenta devant Trajan, il en profita pour lui prêcher l'Évangile. Mais lorsque le monarque lui demanda de se défendre, il refusa de le faire. Par contre, il proclama la bonne nouvelle de la mort de Jésus le Sauveur pour le salut de l’humanité et de sa résurrection en tant que Seigneur et vainqueur de la mort.
Devant le refus d’Ignace de se rétracter, l’empereur, furieux, se leva se son siège et condamna l’homme de Dieu à mort. Au lieu de le faire exécuter immédiatement, Trajan décida de faire de ce prédicateur qui refusait de s'incliner devant Romeun spectacle. Trajandonna l’ordre d’amener Ignace à Rome pour qu’il soit livré en pâture aux bêtes sauvages du Colisée.
Ignace fut emmené à Rome par un groupe de dix soldats qui le maltraita au cours du voyage qui dura onze mois. Dans sa lettre aux Romains, Ignace écrivit: «Depuis la Syrie jusqu’à Rome, je combats contre les bêtes féroces, sur terre et sur mer, nuit et jour, enchainé à dix léopards, c’est-à-dire à un détachement de soldat. Quand on leur fait du bien, ils deviennent pires. »
Dans ses lettres, Ignace déclara qu'il était prêt à mourir en tant que martyr, et « témoin » pour Christ. Sachant qu'il serait livré aux bêtes sauvages du Colisée, il écrivit: «Je suis le froment de Dieu et je seraimoulu par les dents des bêtes sauvages pour qu’on reconnaisse en moi le pain très pur du Christ. »Ignace mourut en témoin de l’Évangile. Il savait que le fait d’être disciple de Jésus pouvait traduire le début d’une mort certaine. Au moment où il affronta la mort, Ignace fit cette déclaration: «À présent, je commence à être un disciple."
Conclusion: le message de l'histoire de l’Église pour l'Église actuelle
L’Église apostolique se caractérisait par des hommes et des femmes dont leurs vies saintes contrastaient visiblement à la culture, par leur zèle pour l’évangélisation et par leur fidélité face aux persécutions.Jésus décrit ces qualités dans son fameux Sermon sur la montagne: «Heureux serez-vous, lorsqu'on vous outragera, qu'on vous persécutera» ;«Vous êtes le sel de la terre»; «Vous êtes la lumière du monde.»Il n’était point une surprise pour l'Église primitivelorsqu’elle était persé-cutée en raison de son œuvre d’évangélisation et sa marche dans la sanctification.
En tant que chrétiens, nous sommes appelés à vivre dans la sainteté. Nous sommes appelés à être le «sel de la terre». Au temps de Jésus, le sel était considéré comme un agent purificateur. De plus, dans un monde sans réfrigérateurs, on s’en servait pour conserver les aliments. Il faut que l’Église assume son rôle de conservateur.
En analysant l'histoire de l’Église, on remarque qu’il y a des périodes (comme au Moyen Âge) au cours desquelles l'Église s'est compromise avec la culture environ-nante. Lorsque cela s'est produit, l'Église ne faisait plus d’office de sel. À d'autres périodes (comme la Réforme au 16èmesiècle), l'impact d'une Église affrontant les dérives de la cultureétait pratiquement imposant.
Dans un monde «pourri» à cause des effets du péché, l'Église doit purifier la so-ciété. Pour que cela soit possible, il faut que les chrétiens soient fidèles aux com-mandements de l’Écriture et qu’ils ne négocient pas avec le monde.
En tant que chrétiens, nous sommes appelés à évangéliser, c’est-à-direà être la «lumière du monde». L'histoire de l’Église regorge de périodes où l'Église a perdu sa passion pour l'évangélisation et a échoué dans sa mission envers le monde. À d'autres moments, nous voyons l'impact d'une Église qui s'est engagée à répandre la Bonne Nouvelle dans le monde entier.
Lorsque l'Église reste fidèle au commandement de Jésus d'être sel et lumière, elle se heurte à la persécution. Satan ne reste jamais inactif face à la croissance de l'Église. Il y résiste toujours. Cependant, l’apôtre Pierre,écrivant durant la période de la persécution de Néron, encouragea les chrétiens en ces termes: «Après que vous aurez souffert un peu de temps, vous perfectionnera lui-même, vous affermira, vous fortifiera, vous rendra inébranlables.»[1] La souffrance est pour « un peu de temps », mais la gloire est «éternelle».
La Pentecôte. La fondation de l'église chrétienne.
v. 47-57
Les voyages missionnaires de Paul. L'Évangile est prêché aux gentils.
49
Le Concile de Jérusalem. Les gentils ne sont plus tenus de suivre les rituels juifs.
64-68
Néron persécute l'Église. Paul et Pierre sont martyrisés.
70
Rome détruit la ville de Jérusalem. Le judaïsme et le christianisme sont vus comme des religions distinctes.
[1] Les dates précédées d’un v. (environ) sont approximatives.
Devoirs de la leçon 1
Rédigez un essai d’une page intitulé «Mes objectifs pour l’étude de l’histoire de l’Église». Cet essai devrait résumer vos objectifs pour ce cours. Citez 2 ou 3 choses que vous espérez mieux comprendre à la fin de ces leçons. À la fin du cours, passez en revue cet essai pour voir si vous avez atteint vos objectifs pour le cours.
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