De nombreux mouvements religieux fleurissent pendant un certain temps pour disparaitre sans laisser de trace. Un mouvement durable doit surmonter les défis de la deuxième génération une fois que s’effacel'excitation initiale.
L'Église confronta à un tel défi après la mort des apôtres. À la fin du premier siècle, les apôtres et les premiers convertis étaient tous morts. La nouvelle génération de chrétiens allait confronter à de nouveaux défis.
L'Église primitive était confrontée au défi de la persécution. Les Douze qui avaient vu Jésuslittéralement étaient tous mort pour l'Évangile. À présent, les croyants qui ne l’avaient pas vu, resteront-ils fidèles face à la mort?
L'Église primitivefaisait face au défi de l'évangélisation. Les chrétiens de l’Église primitive quittèrent la Chambre haute après la Pentecôte pour répandre l'Évangile dans le monde. Les croyants qui ne se trouvaient pas dans la chambre haute, continueraient-ils la tâche de la Grande commission du Christ dans le monde?
Date ap. J.-C.
Événements Clés
70
La destruction de Jérusalem
89-96
Persécutions par Domitien
155
Martyr de Polycarpe
190
Le Canon de Muratori
303-313
L'ère des Martyrs sous Dioclétien et Galérius
313
l'Edit de Milan
Ces questions sont toujours d'actualité aujourd'hui.Partout dans le monde, il y a des chrétiens qui font face à la persécution. Les chrétiens actuels resteront-ils fidèles face aux persécutions et même aux menaces de mort?
Il s’avère que les chrétiens actuels ont toujours la responsabilité de proclamer l'Évangile à toute l’humanité. Mais répondront-ils favorablement à la commission du Christ à ses disciples: «Vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre.» ?[1]
La présente leçon se propose de parcourir l’histoire de l’Église depuis la chute de Jérusalem en 70 jusqu’au début du quatrième siècle de notre ère. Au cours de cette période de «christianisme catholique», l'Église a pu définirles principes fondamen-taux de la théologie orthodoxe.[2] Au cours de ces siècles, les pères de l'Église ont établi des principes devant guiderla foi et la pratique de toutes les églises.
► Quels problèmes rencontrés par l'Église primitive qui sont similaires à ceux confrontés par les chrétiens de votre culture? En étudiant cette leçon, efforcez-vous d’y découvrir des principes pouvant guider l’Église actuelle.
[2] Le mot «Catholique » signifie « universel ». Ce terme désigne l'Église chrétienne universelle composée de tous les croyants. Ce n’était que tardivement dans l’histoire que le terme catholique a été utilisé pour désigner spécifiquement l'Eglise catholique romaine.
Mourir pour sa foi: les martyrs
L'un des premiers témoins de la vérité de l'Évangileétait les martyrs du premier siècle. Ne serait-il pas logique de se demander qui accepterait volontiers de mourir pour un mensonge? Il s’avère que de nombreuses personnes ont été mortes à cause d’un mensonge- mais elles le prenaient pour la vérité absolue. Les terroristes islamiques, les membres des sectes suicidaires, les martyrs des fausses religions sont tous morts en croyant à la véracité de leur foi religieuse.
Cependant, les apôtres étaient des témoins oculaires de la résurrection. Si la tombe n'était pas vide, ils sauraient que la résurrection était une supercherie. Les 500 témoins de 1 Corinthiens 15: 6 auraient su que le témoignage de Paul était une fable, s’ils n’avaient pas vu le Jésus crucifié de leurs propres yeux après la résurrection. Les premiers croyants affrontaient la mort courageusement parce qu'ils connaissaient la vérité de l'Évangile. Le mot «martyr» vient d'un mot grec, martus, qui désigne un témoin véritable. Les premiers martyrs n’étaient pas morts au nom d’un mensonge, mais en tant que témoins de la vérité de l'Évangile. Ils acceptaient la mort parce qu'ils avaient vu le Christ ressuscité et savaient qu'il était Seigneur.
Les Évangiles de Matthieu, de Marc et de Luc étaient largement répandus parmi les églises durant la seconde moitié du premier siècle. L’Évangile de Jean n’était pas encore écrit avant la fin du premier siècle. Mais après la rédaction du quatrième évangile à la fin du premier siècle, l’ensemble des quatre Évangiles étaient les prin-cipaux témoins authentiques faisant autorité sur la résurrection. La prochaine géné-ration de martyrs allait fonder sa foi sur ces Évangiles et rester fidèle à la foi face à la persécution et à la mort.
Après la mort de Néron en 68 et la destruction de Jérusalem en 70 de notre ère, les empereurs romains ignorèrent les chrétiens pendant plusieurs années. Mais lorsque Domitien s’empara du trône impérial en l’an 81 ap. J.-C, il ordonna aux Juifs d'envoyer leur dîme à Rome et de le vénérer comme «seigneur et dieu». Ce fait se produisit en l’an 89. Lorsque les juifs et les chrétiens refusèrent de l'appeler «sei-gneur et dieu», Domitien bannit dans l’empire toutes «pratiques juives» ainsi que le culte chrétien.
L’Apôtre Jean fut exilé sur l'île de Patmos sous le règne de Domitien. C’était pen-dant son séjour à Patmos qu’il rédigea le livre de l'Apocalypse pour souligner que Jésus est le seul qui mérite d'être appelé «Seigneur et Dieu» et pour encourager les chrétiens persécutés. Le livre laisse entendre que la victoire finale appartient à Dieu, et ce, quelle que soit l’intensité de l'opposition des gouvernements de la terre (même celle des empereurs romains) envers son Église.
La persécution des chrétiens continua sporadiquement au cours du deuxième et du troisième siècle. L'empereur Trajan punissait les chrétiens que l’on dénonçaitaux autorités, sans les poursuivre de manière acharnée.Septime Sévère (empereur de 193-211) persécutait les chrétiens et les juifs parce qu'ils étaient monothéistes et refusaient d’offrir des sacrifices aux dieux romains.
Dèce et Valérien, deux empereurs du troisième siècle, punissaient les chrétiens qui refusaient de sacrifier aux dieux. Les Juifs étaient dispensés de l'obligation de sacrifier aux dieux, mais à cette époque, l'église chrétienne n'était plus considérée comme faisant partie de la foi juive.
Dioclétien prit les rênes du pouvoir en 284 ap. J.-C. À partir de 303, il se mit à persécuter férocement les chrétiens. Non seulement Dioclétien fit périr les chrétiens (à l’instar des persécutions antérieures), mais il ordonna la démolition des temples chrétiennes, la destruction par le feu de leurs textes sacrés et la supplice des croyants jusqu’à ce que la mort s’en suivre.
Cette féroce persécution continua sous Galère, le successeur de Dioclétien. Elle ne prit fin que lorsque l'empereur Constantin publia l’«Édit de Milan» en l'an 313 de notre ère. L'édit de Constantin accorda la liberté de culte aux chrétiens, et mit fin à des siècles de persécution des croyants.
Périodes de Persécution Romaine
Date ap. J.-C.
Événements Clés
64-68 ap. J.-C.
Néron accuse les chrétiens d’avoir provoqué l’incendie ayant dévasté Rome
Martyre de Pierre et de Paul
89-96 ap. J.-C.
Domitien réclame le titre de «seigneur et dieu»
Exil de Jean
193-211 ap. J.-C.
Septime Sévère punit ceux qui vénèrent un seul Dieu
247-251 ap. J.-C.
Dèce exige à tous ses sujets (à l'exception des Juifs) d’offrir des sacrifices aux dieux
257-260 ap. J.-C.
Valérien ordonne la mort des évêques chrétiens
303-313 ap. J.-C.
Dioclétien et Galère torturent les chrétiens, incendient les églises et détruisent les textes sacrées
…Du Passé À Aujourd’hui…
La persécution de l'Église se poursuit aujourd'hui dans des endroits tels que le Soudan, le nord du Nigéria et la Corée du Nord. Selon une estimation, 45 millions de chrétiens ont été martyrisés au XXe siècle (un toutes les cinq minutes).Pendant l’étude de cette leçon, veuillez passer une journée dans le jeûne et la prière pour l’Église persécutée. Dans votre prière, demandez à Dieu:
1. D’affermir et de rendre les chrétiens inébranlables face à la persécution.
2. D’utiliserleur témoignage pour atteindre leurs persécuteurs pour Christ
[1] Le sang des martyrs est la semence de l’Église.
- Tertullien (v. 197)
Personnalité chrétienne à connaître: Polycarpe, évêque de Smyrne (v. 69-155)
« Il y a quatre-vingt-six ans que je le sers et il ne m'a fait que du bien. Comment pourrais-je blasphémer mon Roi qui m'a sauvé? » - Polycarpe
Selon une ancienne tradition, Polycarpe était un disciple de l'apô-tre Jean. Cela fait de lui un lien important entre les apôtres et la deuxième génération de croyants chrétiens. Convertit dès son enfance, il passa toute sa vie comme leader d’église. Bien qu'il ait été peu éduqué, il était un leader efficace, dont l'humilité et le courage impressionnaient ceux qui le connaissaient.
Polycarpe servit comme évêque de Smyrne (Izmir moderne en Turquie). Il était un farouche adversaire de Marcion, l'hérétique gnostique dont on a parlé dans ce chapitre. Polycarpeconfirma qu’il était un opposant implacable de l'enseignement hérétique de Marcion lorsqu’un jour il ren-contra Marcion dans les rues de Rome. Plutôt que d'essayer de s’attirer les bonnes grâces de cet enseignant populaire, Polycarpe le qualifiade «fils de Satan». Par ailleurs, l’enseignement de Polycarpe ramena de nombreux gnostiques à la vraie foi chrétienne.
En plus de la pureté doctrinale, Polycarpe voulaient que les chrétiens menassent une vie moralement intègre. Il écrivit une lettre aux Philippiens qui devint un guide important pour la foi chrétienne au deuxième siècle. Dans cette lettre pastorale, Polycarpe abordait des questions pratiques de la vie chrétienne. Il mettait les chrétiens en garde contre le matérialisme et l’extorsion financière. Depuis la nuit des temps, l'argent était source de tentation menant au péché.
Smyrne était l'une des deux églises qui n’avaient pas reçu de réprimandes dans les lettres aux sept églises de l'Apocalypse. Le message adressé à Smyrne annonçait la persécution, mais promettait une couronne de vie à ceux qui demeuraient fidèles jusqu’à la fin. «Sois fidèle jusqu'à la mort, et je te donnerai la couronne de vie. … Celui qui vaincra n’aura pas à subir la seconde mort.»[1] Polycarpe peut rendre témoignage de cette promesse.
À quatre-vingt-six ans, Polycarpe fut averti de son arrestation. Les autorités de Smyrne avaient récemment tué plusieurs chrétiens et voulaient s’en prendre à la vie de l'évêque. Ils croyaient que la mort de l’évêque anéantirait l’église de Smyrne.
Polycarpe saisissait toute la gravité de la situation. Car il avait salué Ignace qui passait par Smyrne lorsqu’on l’emmenait à Rome pour être martyrisé. Ignace lui adressa par la suite l'une de ses sept lettres. Polycarpe était parfaitement conscient du danger, mais il refusait de nier Jésus-Christ.
Lorsque des soldats se présentèrent pour l’arrêter, Polycarpe ordonna qu’on leur donnât à boire et à mangerpendant qu'il priait. Les soldats qui l’écoutaient prier étaient si émus qu'ils le laissèrent prier pendant deux heures avant de le conduire dans l’amphithéâtre.
Arrivé dans l'amphithéâtre, le proconsul lui promit de l’épargner s’il aurait renié le Christ. Polycarpe n’avait qu’à déclarer : «César est le Seigneur». À ce stade de l'histoire de Rome, personne -même César- ne croyait vraiment aux dieux romains.Pour cette raison, de nombreuses personnes encourageaient les chrétiens à faire cette déclaration afin de sauver leur peau. Certains essayèrent d’avoir raison de Polycarpe, lui disant: «Vous n'êtes pas obligé d’y croire. Vous pouvez prononcer ces vaines paroles sans renoncer à votre foi en Christ. »
La réponse de Polycarpe résonne à travers l'histoire, et témoigne de sa fidélité envers Christ: «Il y a quatre-vingt-six ans que je le sers et il ne m'a fait que du bien. Comment pourrais-je blasphémer mon Roi qui m'a sauvé? »[2] Il refusa de compromettre sa foi en Christ afin de sauver sa vie. Au final, le proconsul donnal’ordre de bruler Polycarpe sur le bûcher.
Un témoin du martyr du Polycarpe rapporta que la mort de Polycarpe impressionna tous les spectateurs. « La nouvelle se répandit partout chez les païens. » Même la mort de Polycarpe était un témoignage sur Dieu pour le monde. Polycarpe était fidèle à la vérité, même dans la mort.De même qu’il refusa de compromettre la vérité pour jouir les honneurs de Marcion, il refusa aussi de la compromettre pour éviter une mort atroce.
La mort de Polycarpe et bien d’autres chrétiens du deuxième sièclemontre que le message de l’Évangile n’avait pas perdu sa vitalité après l’extinction de la première générationde croyants. Le même Saint-Esprit qui anima de courage les apôtres affrontant la persécution est celui qui fortifia Polycarpe et ses contemporains face à la mort. Il est le même qui continue à nous soutenir face à l’opposition de Satan.
► Quel est d’après vous le sens du mot “apologie”?
Le mot apologie est dérivé d’une expression latine, apologia, quitraduisait l’acte de défendre une personne ou un fait. Dans le contexte du deuxième siècle, les écri-vains dénommés apologètes se donnaient la mission de défendre la foi chrétienne contre les persécuteurs romains. Ces auteurs exposaient l’essentiel de la foi chré-tienne aux gens cultivés de leur époque. Ils voulaient par cela démontrer que les chrétiens ne représentaient aucune menace pour l’Empire. Comme il a été souligné dans la première leçon, certaines accusations contre les chrétiens se basaient sur la méconnaissance de certaines pratiques chrétiennes en matière de culte. Les apologistes s’efforçaient donc d’éclairer les incroyants sur ces points.
Par ailleurs, les apologistes présentaient aussi l’évangile aux païens. Ils se servaient généralement des vocables et des idées de la philosophiegrecque pour proclamer le message. Ils s’inspiraient du sermon de Paul à Athènes devant les philosophes, sermon dans lequel l’apôtre instrumenta la philosophie païenne pour présenter l’Évangile.[1]
Quelques apologistes célèbres
Justin Martyr (v. 110-165) grandit au sein d’une famille païenne. Par conséquent, en guise d’une formation religieuse, il fut formé dans la philosophie grecque. Dans sa quête de vérité, Justin étudia la pensée de beaucoup de philosophesgrec. Mais il en tira que déception et regret de chacun d’eux. Au final, il rencontra un chrétien fort âgé qui le mit en contact avec l’Évangile. Grâce à cet homme, Justin découvrit la vérité en Christ.
Justin réalisa que la foi chrétienne avait répondu à toutes les questions qu’aucune école philosophique n’avait pu répondre. De plus, la bravoure des martyrs le convainquit que les chrétiens avaient en leur possession la vérité. Il eut à écrire: « Lorsque je voyais des chrétiens qui se moquaient de la mort, j’ai su qu’il était impossible pour eux de vivre dans le désordre et la luxure. » Au final, Justin serait mort pour sa foi. Il fut décapité en l’an 165 de notre ère. Juste avant de mourir, il adressa une lettre à l’empereur lui disant: Vous pouvez nous tuer, mais vous ne pouvez nous détruire.
Après sa conversion, Justin étudia l’Ancien Testament et y découvrit comment les prophètes hébraïques ont préparé la voie pour le Messie Jésus. Il conclut qu’il était possible d’utiliser la philosophie grecque pour convaincre les philosophes de leur besoin d’un Sauveur tout comme Dieu utilisa la loide Moïse pour enseigner aux juifs la nécessité d’un Messie.
Justin fit la remarque que les philosophes grecs posaient des questions auxquelles on ne pouvait répondre en dehors de Jésus. Pour cette raison, Justin se servit des idées philosophiques païennes pour enseigner la foi chrétienne.
Dans Dialogue avec Trypho, le termelogos de Jean 1er était à la base de sa défense de l'Évangile.[2] Justinavance que Dieu accorda la «semence de la parole» aux philosophes grecs pour préparer la voie à la venue du Messie. Il se réfère aussi à Socrate qui rejeta les dieux et les déesses grecques. Justinaffirme que Socrate libéra les Gentils «des démons»en prouvant que ces dieux étaient faux.[3]Ce qui a préparé les païens au message du vrai Dieu et à la venue de Christ comme «Parole faite chair».
Des apologistes africains comme Clément d'Alexandrie et Origène utilisaientla philosophie grecque pour expliquer et défendre la foi chrétienne. Alexandrie, la deuxième plus grande ville de l'Empire romain, avait uneimportante population juive. Le philosophe juif Philo (contemporain de Paul) qui vivait à Alexandrie, avait tenté d'expliquer le judaïsme au moyen de la philosophie grec. À la fin du deuxième siècle, Clément d’Alexandrie suivitles traces de Justin Martyr dans sa tentative de trouver une corrélation entre la foi chrétienne et la philosophie grecque.
Origène, le successeur de Clément, poussa beaucoup plus loin ses spéculations phi-losophiques. Il essaya d'expliquer l'Évangileaux grecs par une approche allégo-rique de l'Ancien Testament. Par exemple,Origènerédigea un commentaire sur le Cantique des cantiques dans lequel il interprétait chaque phrase comme une image de l'amour du Christ pour l'Église. Des commentateurs ultérieurs comme Augustinadoptèrent l'interprétation allégorique d'Origène. Cependant, l’Église rejeta par la suite beaucoup des idées philosophiques d'Origène,car elles étaient contraires aux Écritures.
… Du Passé À Aujourd’hui…
Certains spécialistes de la mission encouragent les évangélistes à utiliser l'approche de Justin Martyr en matière d'évangélisation. Ils suggèrent que nous devrions étu-dier les croyances non chrétiennes afin de pouvoir construire des passerelles entre les fausses religions et l'Évangile. Le chrétien adoptant une telle approche, soulève des questions auxquelles l’incroyant ne peut pas répondre. Le but de cette approche est de créer la soif de réponse que seul l’Évangile de Jésus-Christ peut offrir.
► Y a-t-il un mode de pensée dans votre société qui ouvre la voie au message de l'Évangile? Comment ces modes de pensée peuvent-ils créer une soif de vérité? Quels sont les dangers à éviter par celui qui étudie ces modes de pensée?
[1] Paul a cité l'inscription sur un autel païen dans son sermon sur l’Aréopage (Actes 17: 18-31).
[2] Dans Jean 1: 1, le mot grec « logos» est traduit par Paroleet est utilisé pour désigner Jésus-Christ.
[5] Matteo Ricci Au début du 17e siècle, Matteo Ricci, missionnaire affecté en Chine, suivit l’approche de Justin Martyr en matière d’évangélisation. Ricci emprunta des concepts confucéens (y compris un nom chinois traditionnel pour Dieu) pour communiquer l'évangile. Par son influence, plusieurs membres du gouvernement se convertirent au christianisme. Cependant, beaucoup pensent que Ricci a compromis la doctrine chrétienne dans ses efforts pour l’adapter aux traditions chinoises. Aujourd'hui, les chrétiens sont toujours confrontés au défi de communiquer l'évangile dans une autre culturelle sans compromettre le message de l'évangile.
La propagation de l'Évangile - à travers et par-delà les frontières de l'Empire romain
Après la Pentecôte, Jérusalem perdait progressivement son rôle debastion du christianisme. À mesure que la persécution s’intensifiait, de nombreux chrétiens se réfugièrent à Antioche de Syrie. L’église de cette ville devint la principale église missionnaire selon le livre des Actes des Apôtres. À la fin du quatrième siècle, près de la moitié des 500 000 habitants d'Antioche étaient chrétiens.[1]
Paul se dirigea à l'ouest et propagea l'Évangile à travers l'Asie Mineure (la Turquie moderne). En l'an 112, l'Évangile s'était répandu dans toute l'Asie mineure. Le gouverneur avertit l'empereur Trajan que les temples païens seraient bientôt abandonnés à cause du grand nombre de personnes converties au christianisme.
Paul et peut être Pierre prêchèrent l’Évangile à Rome. En l'an 250 environ, il y avait environ 30 000 chrétiens à Rome même. De Rome, l'Évangile se répandit partout dans l'Empire. Paul apporta l'Évangile en Espagne après sa libération. Des églises furent implantées dans la France actuelle vers le milieu du deuxième siècle. En l'an 314, il y avait au moins trois évêques de Grande-Bretagne.
Un autre bastion du christianisme primitif se trouvait en Afrique du Nord.Contrairement à Rome où les chrétiens étaient en grande partie issus des classes sociales inférieures, les églises nord-africaines attiraient de nombreux membres de la classe dominante.
À la fin du troisième siècle, l'Évangile avait atteint tout l'Empire romain. Au-delà de l'Empire romain, l'Évangilevoyagea vers l'est, traversa Edessa jusqu’en Inde. Selon la tradition de l'Église primitive, l'apôtre Thomas fut celui qui apporta l'Évangile en Inde où il fut martyrisé par un groupe de brah-manes lorsqu'il refusad’offrir des sacrifier à la déesse Kali. C'est le plus ancien récit de l'Évangileau-delà des frontières de l'Empire romain.Certains érudits pensent que l'Évangile aurait pu voyager d'Inde en Chine le long de la Route de la soie à la fin du premier ou au début du deuxième siècle.
Tandis que les chrétiens portaient l'Évangile à Jérusalem, dans la Judée, dans la Samarie et jusqu'aux extrémités de la terre, ils accomplissaient la Grande Com-mission de Jésus.Le théologien africain John Mbiti rappelle souvent à ses auditeurs que les missionnaires n’ont pas amené Dieu en Afrique, mais c’est Dieu qui a conduit les missionnaires en Afrique.[2] Lorsque nous obéissons à l'appel de Dieu, il accomplit son œuvre dans notre monde.
[1] Bruce L. Shelley, Church History in Plain Language, 3rd ed. (USA: Thomas Nelson, 2008), 29.
[2] Cité par Timothy C. Tennent, Invitation to World Missions (Michigan: Kregel, 2010, 75).
[4]La “MISSIO DEI” Un Dieu à l’œuvre dans le monde. Les missionnaires n’ont pas amené Dieu en Afrique, mais c’est Dieu qui les a conduits en Afrique.
Conclusion: l'histoire de l’Église parle encore aujourd'hui
Mahatma Gandhi, le fameux leader de l'Inde, déclara un jour: «Je n'ai jamais été intéressé par le Jésus historique. Peu importe si quelqu’un a prouvé que l'homme nommé Jésus n'a jamais existé… Car le sermon sur la montagne serait encore vrai pour moi. » Malheureusement, de nombreux prétendus chrétiens partagent l’avis de Gandhi. Ils disent que ce sont les enseignements de Jésus, et non les faits de sa vie, qui sont importants.
Les pères de l'Église primitive savaient que les faits historiques concernant l’exis-tence, la mort et la résurrection de Jésus sont incontournables. Les enseignements éthiques et spirituels de Jésus se fondent sur qui est Jésus. Paul l'a dit sans détour: « Si Christ n’est pas ressuscité, votre foi est vaine, vous êtes encore dans vos péchés.»[1]
Au cours de la deuxième génération de croyants, les pères de l'Église étaient disposés à faire face au martyre en raison de leur confiance enl’existence, la mort et la résurrection de Jésus.Comme les pères de l'Église, nous devons nous en tenir aux vérités du christianisme. Les pères de l'Église préféraient de subir des morts atroces plutôt que de renier la foi. Les chrétiens d’aujourd’hui sont appelés à suivre leur exemple et à rester fidèles jusqu’à la mort.
Les pères de l'Église sacrifiaient également leur vie pour l'annonce de l'Évangile. Ils proclamaient l'Évangile aux quatre coins de l'Empire romain. De même, les chrétiens d'aujourd'hui sont appelés à suivre leur exemple et à s'engager à faire des disciples de toutes les nations.
Le canon de Muratori répertorie la plupart des livres du Nouveau Testament,à l'exception de l’Épître aux Hébreux, l’Épître de Jacques et les Épîtres de Pierre
303-313
L’ère des martyrs sous Dioclétien
313
L'édit de Milan de l’empereur Constantinfait du christianisme la religion officielle de l'empire romain
[1] Les dates précédées d’un v. (environ) sont approximatives.
Personnages clés de l'histoire de l’Église
Clément de Rome (1ersiècle). Évêque de Rome à la fin du premier siècle. Auteur d’une lettre adressée à l'église de Corinthe qui traite des problèmes d'ordre et d'autorité dans l'église.
Ignace (v. 35- c. 107): évêque d'Antioche et auteur sept lettres adressées à des églises lorsque l’on l’emmenait à Rome pour être martyrisé. Les lettres d’Ignace dessinent le profil de la théologie des chrétiens succédant à l’époque apostolique.
Irénée (v. 130-202). L'un des leaders les plus influents de l’Église primitive. Son ouvrage « Contre les hérésies » dénonçait et réfutait le gnosticisme. Sa contribution à la formation du canon et à l’élaboration de la doctrine de l'incarnation est aussi reconnue.
Justin Martyr (100-165). Le plus important apologiste chrétien de l’Église primitive. Il fit usage de la philosophie grecque pour expliquer le christianisme à des incroyants.
Origène (185-254). Évêque d'Alexandrie. Bien qu'il ait rejeté le gnosticisme, il embrassa de nombreuses idées philosophiques grecques qui furent à la base de l’inspiration des gnostiques. Il interprétait allégoriquement des passages difficiles de la Bible afin de pouvoir les expliquer.
Polycarpe (v. 69- v.155): Évêque de Smyrne et leader chrétien fort respecté par ses contemporains. Il fut martyrisé à l'âge de 86 ans.
Devoirs de la leçon 2
(1) Que l’étudiant (e) passe un test sur cette leçon. Lequel test doit inclure des dates de la chronologie «Événements clés de l’histoire de l’Église» (100-313).
(2) Que l’étudiant (e) résume la vie de l’un des leaders chrétiens suivants: Justin Martyr, Clément d’Alexandrie ou Irénée. Ce résumé doit comprendre les quatre éléments que voici:
Biographie: Quand a-t-il vécu? Où a-t-il vécu? Où et quand est-il mort?
Événements: Quels sont les événements les plus importants de sa vie?
Influence: Quelle a été son influence durable sur l'église chrétienne?
Application: Leçonsà tirer de la vie de ce leader pour l'église actuelle.
Il est possible de présenter ce résumé soit en:
Soumettant un article de 2 pages au moniteur de la classe.
Faisant une présentation orale de 3 à 5 minutes pour la classe.
Leçon 2 Questions du test
1. La persécution de l'Église de 89 à 96 ap. J.-C. était l’initiative de l'empereur _______________.
2. En 303 ap. J.-C., l'empereur ________________ ordonna la démolition des temples chrétiennes et la destruction par le feu des textes sacrés chrétiens.
3. L'apologiste _________________ utilisa la philosophie grecque pour expliquer le christianisme à des incroyants d'origine païenne.
4. L'apologiste _______________ utilisa une approche allégorique de l'Ancien Testament pour expliquer l'Évangile aux hellénistes d'Alexandrie.
5. Le canon ______________________ fut complété en 190 ap. J.-C. Il comprend la plupart des livres du Nouveau Testament actuel.
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